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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le surgissement d'un drame (Corneille)

et si tout cela n'était qu'une comédie (Corneille)

 

 

(Repères : thème de l'illusion : l'étude)

Il a été rappelé dans l'article précédent la quête d'un père à la recherche de son fils depuis qu'il l'a banni. Le recours à un magicien lui permet de voir les péripéties de la vie de son fils au travers d'un rideau. Son fils est devenu le valet d'un fat et se voit aimé de la belle Isabelle. Un baiser échangé entre les deux amants conduit au basculement de l'œuvre dans sa partie dramatique pleine de rebondissements.


***

Les basculements de l'action

Le baiser entre Clindor et Isabelle provoque la fureur de l'amant éconduit, Adraste. Ce dernier attaque son rival et se trouve mortellement touché en retour. Le sang est ainsi versé, ce qui fait perdre à l'œuvre tout aspect comique. Le coupable se voit ainsi arrêté et envoyé en prison. Isabelle apprenant le châtiment funeste qui attend son aimé envisage de le suivre dans l'au-delà. La tragédie semble consommée sans l'intervention de Lyse, la servante. L'action connaîtra en effet plusieurs rebondissements. Renonçant à sa vengeance, la servante projette en effet de faire évader Clindor en séduisant le frère du geôlier. Sa maîtresse est ainsi folle de joie et lui laisse le soin de monter le stratagème jusqu'à son point ultime. On assiste à une inversion des rôles entre les deux femmes :

Isabelle

Adieu donc. Je te laisse,

Et consens que tu sois aujourd’hui la maîtresse.

(acte IV, scène 2)

Le comique refait surface sans prévenir avec Matamor retrouvé ivre. De son côté, le héros se croit appelé au supplice et se trouve tout surpris de découvrir Isabelle et sa servante venues pour fuir.

Clindor

Ah ! madame, est-ce vous ? surprises adorables !
Trompeur trop obligeant ! tu disais bien vraiment
Que je mourrais de nuit, mais de contentement.

(acte IV, scène 9)

On assiste à des basculements de l'action, à des changements de registre, du rire au larme, de la crainte au soulagement. Le mouvement est en effet à l'image de ses inconstances.

 

Le balancement entre illusion et réalité.

Quittant l'illusion, l'œuvre nous fait aussitôt replonger dans la réalité ; la scène 10 permet de retrouver nos deux personnages du début du récit, le père et le magicien. Le premier pousse un soupire de soulagement :

Pridamant

À la fin je respire.

(acte IV, scène 10)

Le second propose de faire un pas dans le temps en replaçant les protagonistes deux ans plus tard. L'action par magie conduit à nouveau à percer le rideau. On assiste au dénouement de l'illusion...

 

repères à suivre : l'étude : et si tout cela n'était que comédie ?

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