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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

thème de Paris et le drapeau tricolore 

Paris a donné à la France deux couleurs au drapeau national. Lesquelles ? Le bleu et le rouge, couleurs de la capitale. Le blanc entre les deux, symbole de la royauté. Une synthèse finalement bien française.  Retour sur l'histoire d'un emblème national...

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 Repères : thème de Paris : présentation

 

Dans l’article précédent, les cruelles désillusions des acteurs des révolutions parisiennes ont été évoquées. Aujourd’hui, il sera question des origines parisiennes du drapeau tricolore. Il existe une légende républicaine et puis la réalité de cet emblème national qui est finalement plus complexe que l’on ne le dit.

Légende

Retrouvons Lafayette et sa légende dans le récit de l’acceptation par Louis XVI de la cocarde tricolore associant le bleu et le rouge, symbolisant Paris au blanc, couleur de la royauté. On est dans le champ de la grandiloquence. Nous sommes le 16 juillet 1789, deux jours après la prise de la Bastille : 

 

« Lorsque le roi eut reçu à l'Hôtel-de-Ville, des mains du maire, la cocarde de la révolution qui n'avait encore que les deux couleurs de la ville, il fut reconduit par le commandant-général jusqu'au piquet des gardes-du-corps resté hors des murs. 

A la suite de la délibération de l'assemblée des électeurs du 16, un projet d'organisation fut arrêté par Lafayette, de concert avec le comité militaire, l'état-major de la garde provisoire, le général Mathieu Dumas rapporteur. En même temps ce fut sur sa proposition, qu'après l'adoption des nouvelles cou- leurs par le roi, l'Hôtel-de-Ville y ajouta l'antique couleur blanche. 

Ainsi fut formée la cocarde tricolore, devenue la cocarde nationale. Lafayette, en présentant à l'Hôtel-de-Ville le projet d'organisation avec cette cocarde et l'uniforme tricolore ; prononça ces paroles : 

« Je vous apporte une cocarde qui fera le tour du monde, et une institution à la fois civique et militaire, qui doit triompher des vieilles tactiques de l'Europe, et qui réduira les gouvernemens arbitraires à l'alternative d'être battus, s'ils ne l'imitent pas, et renversés, s'ils osent l'imiter. » 

Ce qui s'est passé dans la guerre de la révolution, l'appel des divers souverains aux milices nationales et le coup mortel porté à l'arbitraire par l'introduction du système représentatif en Europe, semblent justifier cette prédiction. 

Voilà comment furent instituées les gardes nationales. La révolution du 14 juillet avait donné à la capitale une espèce de suprématie sur les autres villes et sur tous les cantons du royaume, qui s'empressèrent de suivre ses exemples et de demander ses conseils. II en fut de même des forces armées dans toute la France. Cette circonstance et la confiance personnelle dont Lafayette était l'objet, lui donnèrent une grande part à la création des gardes nationales, et quoiqu'il ait refusé les commandemens spéciaux qui lui furent alors offerts de toutes parts, les couleurs de la ville, mais par un singulier hasard, celles de la livrée d'Orléans. Lafayette, frappé de cette circonstance et voulant nationaliser l'ancienne couleur française en la mêlant aux couleurs de la révolution, proposa à l'Hotel-de-Ville et fit adopter la cocarde tricolore. "

(Note du général Lafayette.) 

Mémoire, correspondance et manuscrit du général Lafayette, tome 2, page 267

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4627902/f269.item.r=cocarde.texteImage

 

De cette cocarde sort le drapeau tricolore qui ne prend sa forme définitive que le 15 février 1794 lorsque la Convention nationale décrète que le pavillon national « sera formé des trois couleurs nationales, disposées en bandes verticalement, de manière que le bleu soit attaché à la gaule du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans les airs ». Il est le drapeau français de manière ininterrompue depuis 1830.

 

Sang

Il reste que le drapeau tricolore entre en lutte avec le drapeau rouge de la gauche révolutionnaire. Cette couleur symbolise le sang du peuple versé que la révolution de 1848 veut imposer.

 

Voyez le fameux discours de Lamartine sur le maintien de l’emblème national :

 

« Voilà ce qu’a vu le soleil d’hier, citoyens ! Et que verrait le soleil d’aujourd’hui ? Il verrait un autre peuple, d’autant plus furieux qu’il a moins d’ennemis à combattre, se défier des mêmes hommes qu’il a élevés hier au-dessus de lui, les contraindre dans leur liberté, les avilir dans leur dignité, les méconnaître dans leur autorité, qui n’est que la vôtre ; substituer une révolution de vengeances et de supplices à une révolution d’unanimité et de fraternité, et commander à son gouvernement d’arborer, en signe de concorde, l’étendard de combat à mort entre les citoyens d’une même patrie !

Ce drapeau rouge, qu’on a pu élever quelquefois quand le sang coulait comme un épouvantail contre des ennemis, qu’on doit abattre aussitôt après le combat en signification de réconciliation et de paix. J’aimerais mieux le drapeau noir qu’on fait flotter quelquefois dans une ville assiégée, comme un linceul, pour désigner à la bombe les édifices neutres consacrés à l’humanité et dont le boulet et la bombe mêmes des ennemis doivent s’écarter. Voulez-vous donc que le drapeau de votre République soit plus menaçant et plus sinistre que celui d’une ville bombardée ?
[Ici, Lamartine fut interrompu par des discussions entre les émeutiers qui avaient envahi l'Hôtel de Ville et auxquels il s'adressait. Il reprit :]

Citoyens, vous pouvez faire violence au gouvernement, vous pouvez lui commander de changer le drapeau de la nation et le nom de la France. Si vous êtes assez mal inspirés et assez obstinés dans votre erreur pour lui imposer une République de parti et un pavillon de terreur, le gouvernement, je le sais, est aussi décidé que moi-même à mourir plutôt que de se déshonorer en vous obéissant. Quant à moi, jamais ma main ne signera ce décret. Je repousserai jusqu'à la mort ce drapeau de sang, et vous devez le répudier plus que moi, car le drapeau rouge que vous rapportez n’a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. »

Lamartine, discours à l’hôtel de ville 25 février 1848.

https://fr.wikisource.org/wiki/Discours_à_l’Hôtel_de_Ville_du_25_février_1848

 

Sources :

 https://www.elysee.fr/la-presidence/le-drapeau-francais

https://www.nouvelobs.com/societe/20151129.OBS0347/10-choses-que-vous-ignorez-probablement-sur-le-drapeau-francais.html

 

 

repère à suivre : Paris et le thème de la ville

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