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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

L'art des jardins à la renaissance

 À l'époque de la Renaissance, le jardin s'ouvre sur le monde et la culture humaniste s'empare du sujet.

 

Repères : thème du jardin : présentation

Jardin de l’homme

 

Dans le précédent article, nous avons vu que le verger est un lieu de consolation sous la plume de Guillaume de Machaut, nous voici devant un tout autre lieu, celui de la Renaissance.

 

Le jardin va devenir un lieu éminemment symbolique et plus seulement spirituel comme au Moyen-Âge. La Renaissance est la période qui place l’homme au cœur de toutes les attentions avec la redécouverte des penseurs de l’Antiquité. Cette inversion de perspective a une conséquence sur le thème qui nous occupe. 

 

Jardin des regrets

 

Précisons que l’art des jardins est jusque-là peu développé, il crée un environnement clos, protégé des intrusions. La Renaissance italienne va progressivement l’ouvrir sur l’extérieur : on accède à la villa par le jardin. Cela constitue un modèle pour l’Europe en général et pour la France en particulier.

 

Restons encore dans cette vision humaniste française avec un poète de la Pléiade qui accorde à ce lieu une importance considérable : Du Bellay. Il demeure à Rome quatre ans, accompagnant son cousin ambassadeur à Rome. L’Italie devient pour le poète une source de ravissement, mais de courte durée. Il éprouve, en effet, des déceptions quant à une carrière diplomatique qui ne décolle pas et devant le spectacle de mœurs romaines qui le repoussent.*

 

Dans le célèbre sonnet qui vous est présenté aujourd’hui, la nostalgie de la maison d’enfance du poète est librement affichée. Dans ce poème empreint de références de l’Antiquité, on assiste ainsi au développement de considérations touchantes, car elles sont proprement humaines : il s’agit de l’exil, du sentiment ressenti lorsque l'on est loin de chez soi. Dans cette perspective, le jardin encore clos est présent.

 

***

 

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestui là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos**de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux ;
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,

Plus mon Loire Gaulois, que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré***, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur angevine.

Du Bellay, les regrets XXXI

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Regrets_(du_Bellay)#XXXI

 

 

*Lagarde et Michard, XVIe, page 97

** jardin

***village natal de Du Bellay

 

Repère à suivre : l’abbaye de Thélème

 

 

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