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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le corps et les parasites (Lautréamont)

 

 

Atteintes à l'intégrité corporelle

(repères : thème du corps : introduction)

Après avoir abordé la notion d'hygiène corporelle, voyons aujourd'hui les atteintes à l'intégrité corporelle liées précisément à des éléments extérieurs. Prenons le pou par exemple. L'ami des enfants est un redoutable parasite qui est un fléau dont il est difficile de se débarrasser. Les traitements sont par ailleurs de moins en moins efficaces...

L'extrait qui vous est présenté nous présente le pou sous son jour le plus terrible par l'effet de la plume de Lautréamont dans ses fameux chants de Maldoror. Ce texte entre pour la première fois dans les colonnes de la Gazette qui ne pouvait l'éluder dans le cadre de cette thématique dédiée au Corps.

***

« Vous ne savez pas, vous autres, pourquoi ils ne dévorent pas les os de votre tête, et qu’ils se contentent d’extraire, avec leur pompe, la quintessence de votre sang. Attendez un instant, je vais vous le dire : c’est parce qu’ils n’en ont pas la force. Soyez certains que, si leur mâchoire était conforme à la mesure de leurs vœux infinis, la cervelle, la rétine des yeux, la colonne vertébrale, tout votre corps y passerait. Comme une goutte d’eau. Sur la tête d’un jeune mendiant des rues, observez, avec un microscope, un pou qui travaille ; vous m’en donnerez des nouvelles. Malheureusement ils sont petits, ces brigands de la longue chevelure. Ils ne seraient pas bons pour être conscrits ; car, ils n’ont pas la taille nécessaire exigée par la loi. Ils appartiennent au monde lilliputien de ceux de la courte cuisse, et les aveugles n’hésitent pas à les ranger parmi les infiniment petits. Malheur au cachalot qui se battrait contre un pou. Il serait dévoré en un clin d’œil, malgré sa taille. Il ne resterait pas la queue pour aller annoncer la nouvelle. L’éléphant se laisse caresser. Le pou, non. Je ne vous conseille pas de tenter cet essai périlleux. Gare à vous, si votre main est poilue, ou que seulement elle soit composée d’os et de chair. C’en est fait de vos doigts. Ils craqueront comme s’ils étaient à la torture. La peau disparaît par un étrange enchantement. Les poux sont incapables de commettre autant de mal que leur imagination en médite. Si vous trouvez un pou dans votre route, passez votre chemin, et ne lui léchez pas les papilles de la langue. Il vous arriverait quelque accident. Cela s’est vu. N’importe, je suis déjà content de la quantité de mal qu’il te fait, ô race humaine ; seulement, je voudrais qu’il t’en fît davantage. »

 

Les chants de Maldoror, Lautréamont,

http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Chants_de_Maldoror/Chant_II

 

Repères à suivre : les médecins

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lizagrèce 06/03/2012 12:19


Mais où ai-je donc mis mon flacon de "Marie-Rose" ?


http://maisondeliza.over-blog.fr

Litteratus 06/03/2012 20:06



Je revendique aussi le droit d'appartenir à la génération Marie-Rose !



flora 06/03/2012 09:31


J'en ai la chair de poule!...

Litteratus 06/03/2012 20:05



nos amis, les petites bêtes de nos têtes !