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Gazette littéraire

Le corps entre les mains des médecins (Lesage)

Le corps entre les mains des médecins (Lesage)

L'intervention des medecins dans la littérature

(repères : thème du corps : introduction)

Après les parasites, évoquons aujourd'hui les infections qui atteignent le corps au point de nécessiter l'intervention d'un médecin. La Littérature s'est emparée du thème de la médecine souvent pour brocarder l'ignorance des médecins comme chez Molière.

 

L'extrait de ce roman picaresque d'aujourd'hui est dans la droite ligne de cet illustre héritage.

 

Gil Blas a vécu mille et une péripéties, entouré de fripons auxquels il a emboité le pas. Dans l'extrait d'aujourd'hui, il ne s'en défend pas. Au contraire, il se confesse à son compagnon de voyage...

 

C'est ainsi que notre héros se souvient d'avoir exercé la profession de médecin. A l'approche de Valladolid, ce dernier ne peut s'empêcher d'éprouver quelques remords sur sa pratique de l'art de soigner pour le moins douteuse...

***

« À la vue de cette dernière ville, je ne pus m’empêcher de pousser un profond soupir. Mon compagnon, qui l’entendit, m’en demanda la cause : mon enfant, lui dis-je, c’est que j’ai longtemps exercé ici la médecine. Ma conscience m’en fait des secrets reproches dans ce moment.

Il me semble que tous les malades que j’ai tués sortent de leurs tombeaux, pour venir me mettre en pièces. Quelle imagination! dit mon secrétaire. En vérité, seigneur de Santillane, vous êtes trop bon. Pourquoi vous repentir d’avoir fait votre métier ? Voyez les plus vieux médecins ; ont-ils de pareils remords ? Oh ! que non ! Ils vont toujours leur train, le plus tranquillement du monde, rejetant sur la nature les accidents funestes, et se faisant honneur des événements heureux. Il est vrai, repris-je, que le docteur Sangrado, de qui je suivais fidèlement la méthode, était de ce caractère-là. Il avait beau voir périr tous les jours vingt personnes entre ses mains, il était si persuadé de l’excellence de la saignée du bras et de la fréquente boisson, qu’il appelait ses deux spécifiques pour toutes sortes de maladies, qu’au lieu de s’en prendre à ses remèdes, il croyait que les malades ne mouraient que faute d’avoir assez bu et d’avoir été assez saignés. »

 

Gil Blas de Santillane, Lesage

http://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_Gil_Blas_de_Santillane_-_X-1

 

Repères à suivre : étude: la maladie

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flora 08/03/2012 09:53


C'est un métier à peu près sans risques (pour le pratiquant...).

Litteratus 08/03/2012 21:13



mais pas pour les malades !



lizagrèce 07/03/2012 11:47


Les remèdes du " bon docteur  Sagrado" sont-ils réellement efficaces ?


http://maisondeliza.over-blog.fr

Litteratus 08/03/2012 21:12



On n'en est pas sûr !