Le fait divers en littérature : du réel au récit
Le fait divers et la littérature semblent d’abord appartenir à deux sphères opposées. Pourtant, depuis des siècles, les écrivains puisent dans les crimes, scandales et événements qui bouleversent leur époque pour nourrir leurs œuvres. De Voltaire à Apollinaire, de Zola à Marguerite Duras, ce dossier explore la manière dont le fait divers constitue soit une source d’inspiration, soit un prétexte littéraire ou soit un véritable genre littéraire.
Le fait divers en littérature : du réel au récit
Il vous est proposé un numéro dédié aux faits divers dans la littérature.
A priori, on pourrait considérer que ces deux termes s’opposent. Le premier renvoie à l’actualité sordide relayée par la presse, souvent en quête de sensationnalisme ; le second semble, pour sa part, au-dessus du quotidien, avec sa vocation à tendre vers l’universel. Telle serait cette société idéale, mais la réalité est tout autre.
Imaginer que les auteurs résident loin du fracas du monde et que l’écriture les rende imperméables à ce qui les entoure s’avère parfaitement utopique. Non seulement ils font corps avec la vie, mais ils s’emparent aussi des événements qui bousculent nos existences.
Le fait divers ne paraît donc pas trop prosaïque pour les écrivains.
La preuve ?
Les lettres regorgent de chefs-d’œuvre s’appuyant sur ces crimes et ces délits qui ont marqué toute une époque. C’est dans ces conditions que nous verrons le traitement littéraire de ces faits divers dans le dossier de ce mois.
Sommaire
Détaillons ensemble le sommaire de ce numéro en deux parties : une présentation avant une étude précise.
Présentation
Le fait divers en littérature : du réel au récit : nous analyserons d’abord la notion de fait divers avant d’en discerner les contours.
Puis, ce sera l’occasion d’entrer de plain-pied dans son rapport avec la presse et de découvrir que des écrivains célèbres ont fait l’objet, bien malgré eux, de la rubrique à sensation.
Il existe aussi des faits divers fictifs montés de toutes pièces, ainsi qu’on le verra dans de prochains articles.
Il reste qu’aucun genre littéraire n’y a échappé. La philosophie, la poésie, le théâtre, l’essai et le roman ont usé de ce matériau, chacun dans son domaine. Il vous sera dès lors proposé de lire :
· Un fait divers en vers sous la plume d’Apollinaire
· Un fait divers sous la plume de Mallarmé (en prose)
· Fait divers, exercice de style (Alphonse Allais)
· Pastiches sous la plume de Jarry et de Proust
· La dent d’or de Fontenelle, philosophe rationaliste
· L’affaire Calas sous la plume de Voltaire
· Sublime, trop sublime de Marguerite Duras
Étude
Du XIXe siècle à nos jours, le fait divers nourrit la littérature au point de devenir une véritable catégorie.
Notre présente étude se fonde sur une problématique précise :
En quoi le fait divers se situe-t-il entre source d’inspiration, simple prétexte ou nouveau genre littéraire ?
Pour étayer notre argumentation, nous convoquerons de très nombreux auteurs, de Balzac à Zola, de Mauriac à Heinrich Böll, de Truman Capote à Leïla Slimani en passant par Emmanuel Carrère et Régis Jauffret.
Vous pourrez retrouver la synthèse de l’étude et la bibliographie sur ce thème à la fin du mois.
Bonne lecture !
Article à suivre : définition




Commentaires