Le fait divers dans le roman
Du XIXe siècle à nos jours, le fait divers n’a cessé de nourrir l’imagination des écrivains. Source d’inspiration, simple ressort de la fiction ou nouveau genre littéraire, il interroge les frontières entre littérature et réalité. De Flaubert à Emmanuel Carrère, découvrons la présentation de l'étude des liens entre le fait divers et la création littéraire.

Le fait divers dans le roman
Dans l’article précédent, nous avons abordé l’argumentation. Découvrons aujourd’hui l’importance qu’a revêtue le fait divers dans le roman.
Du XIXe siècle à nos jours, le fait divers nourrit la littérature au point de devenir un nouveau genre. Notre étude à venir se fonde sur une problématique précise :
en quoi le fait divers se situe-t-il entre source d’inspiration, simple prétexte et nouveau genre littéraire ?
Source
Nous verrons dans les prochains articles que les écrivains du XIXe siècle ont puisé dans les faits divers pour faire naître une fiction romanesque. Ainsi, sans le dire explicitement, certains auteurs se sont servis de ce matériau pour créer des personnages ou des situations. Nous reviendrons notamment sur le cas de Madame Bovary, héroïne dont Flaubert a revendiqué la pure originalité.
Nous poursuivrons avec le personnage de Vidocq, protagoniste de faits divers, qui a inspiré des personnages puissants tels que Vautrin chez Balzac et Jean Valjean chez Hugo.
Nous verrons en outre comment Zola s’est emparé du fait divers pour donner du vrai à son roman : il s’agit pour lui d’assumer cette part du réel. Cette fascination pour le fait divers ne se dément pas au XXe siècle avec Mauriac et Thérèse Desqueyroux, ainsi qu’avec L’Étranger de Camus.
Prétexte
D’autres auteurs ont créé de toutes pièces un fait divers comme pur ressort de leur roman. On pense ainsi à L’Honneur perdu de Katharina Blum d’Heinrich Böll ou à Chanson douce de Leïla Slimani. Il reste que le fait divers réel est solidement ancré dans la littérature française depuis la fin du XXe siècle.
Genre littéraire
Un nouveau genre se fait jour avec cette appropriation du fait divers. Truman Capote l’a inauguré en 1965 dans son livre De sang-froid, où il analyse les motivations des meurtriers d’une famille du Kansas. On peut ainsi parler de romans non fictionnels. Cette terminologie place le roman du côté du détail et du particulier, à des kilomètres de l’universel.
Nous examinerons l’enjeu de ce nouveau genre, notamment avec L’Adversaire d’Emmanuel Carrère et La Ballade de Rikers Island de Régis Jauffret. Cette dernière œuvre a connu de sérieux démêlés avec la justice.
Nous nous demanderons alors si nous assistons à une redéfinition de la littérature sous le règne d’une nouvelle censure.
Cette étude sera suivie d’une synthèse et d’une bibliographie.
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