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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

D'une maison à l'autre (III) : la maison de la "liberté" (Rabelais)

abbaye de thélème, Rabelais, demeure, thème

repères : thème de la demeure : présentation

Fais ce que voudras

Découvrons aujourd'hui une célèbre demeure, l'abbaye de Thélème, sur le fronton de laquelle est inscrite la maxime suivante : «fais ce que voudras».

L'individualisme de notre époque pourrait reprendre cette devise à son compte. Et pourtant ces mots revêtent un tout autre sens !

L'expérience utopique se comprend au regard de la liberté dont seul sait user l'homme bien éduqué. La dimension épicurienne de la vie proposée par Rabelais trouve sa place dans la quête d'un monde plus mesuré, propre à l'esprit humaniste de son temps.

Redécouvrons-le aujourd'hui !

***

« Toute leur vie était réglée non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Ils sortaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et toute leur règle tenait en cette clause :

FAIS CE QUE VOUDRAS,
parce que les gens libres, bien nés, bien éduqués, vivant en bonne société, ont naturellement un instinct, un aiguillon qu’ils appellent honneur et qui les pousse toujours à agir vertueusement et les éloigne du vice. Quand ils sont affaiblis et asservis par une vile sujétion ou une contrainte, ils utilisent ce noble penchant, par lequel ils aspiraient librement à la vertu, pour se défaire du joug de la servitude et pour lui échapper, car nous entreprenons toujours ce qui est défendu et convoitons ce qu’on nous refuse. (...) »


Gargantua, Chapitre LVII Rabelais

http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?gargantua2,2301,2320

 

gazette-tetiere.jpgSi vous avez aimé cet article, vous aimerez peu-être aussi La satire, un exercice salutaire !

 

 

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lizagrèce 05/01/2011 21:16



Je ne pense pas que la devise de Gargantua s'adapte au monde contemporain.


Les  contraintes, voilà ce qui rend les gens  individualistes  :  le travail, les règlements, les lois, le statut social ...


L'individualisme leur sert d'échappatoire justement ... ne pas voir ce qui se passe autour ... Mettre des oeillères et avancer . Leurs rêves ? Transformés en  plan de carrière ...



Litteratus 06/01/2011 18:21



Les contraintes ont toujours existé. Je ne pense pas que l'on sache actuellement s'en libérer parce que l'éducation des esprits au sens noble du terme n'est plus à l'ordre du jour...



flora 05/01/2011 16:24



J'essaie toujours de résister à Facebook! Peut-être par esprit de contrariété : je n'ai pas envie d'être finalement obligée de suivre tout le monde... Qu'est-ce qui vous a poussée à
céder, vous-même? Pour le moment, j'ai plutôt des envies de me cacher...


La vertu serait donc "naturelle" à l'homme libre?...



Litteratus 05/01/2011 18:56



Je vous comprends parfaitement. L'emploi de Fb n'est que pour donner plus d'audience à ma Gazette. Je n'ai renseigné aucun champ personnel (date de naissance, et autres) et évidemment sans photo
: j'aime également la discrétion dans ce monde surexposé. Je gage que cette tendance deviendra vite une mode. Nous sommes déjà en avance donc...


La vertu devient naturelle à l'homme éduqué ...



Cat 05/01/2011 10:59



De l'importance de l'éducation!



Litteratus 05/01/2011 15:18



A qui le dis-tu !



Mariecruche 05/01/2011 09:30



Voilà un établissement où nos ados seraient enfin heureux de pouvoir être accueillis  ... Même s'il leur fallait retourner à cette époque difficile sans Facebook !



Litteratus 05/01/2011 15:18



Facebook, site de l'année 2010 selon les sondages ! Et dire que la Gazette Littéraire est aussi sur FB, une révolution !