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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le sentiment de jalousie (Maupassant)

Le sentiment de jalousie (Maupassant)

Un sentiment qui ronge le cœur

(Repères : la fratrie dans la littérature : présentation)

Après avoir mis en scène les deux frères Chénier, revenons aujourd'hui à la prose avec un texte d'un écrivain du XIXème siècle qui connaissait merveilleusement le cœur de l'homme : Maupassant.

Le voilà donc qui choisit une fratrie en Normandie, laquelle fait surgir un sentiment naturel qui peut ronger le cœur : il s'agit de la jalousie.

Ce lourd sentiment ronge le cœur de l'aîné à l'égard de son cadet ; l'extrait d'aujourd'hui met en scène le contraste entre les deux frères : cette rivalité ne demande qu'à s'exercer...

 

"Mais une vague jalousie, une de ces jalousies dormantes qui grandissent presque invisibles entre frères ou entre sœurs jusqu’à la maturité et qui éclatent à l’occasion d’un mariage ou d’un bonheur tombant sur l’un, les tenait en éveil dans une fraternelle et inoffensive inimitié. Certes ils s’aimaient, mais ils s’épiaient. Pierre, âgé de cinq ans à la naissance de Jean, avait regardé avec une hostilité de petite bête gâtée cette autre petite bête apparue tout à coup dans les bras de son père et de sa mère, et tant aimée, tant caressée par eux.

Jean, dès son enfance, avait été un modèle de douceur, de bonté et de caractère égal ; et Pierre s’était énervé, peu à peu, à entendre vanter sans cesse ce gros garçon dont la douceur lui semblait être de la mollesse, la bonté de la niaiserie et la bienveillance de l’aveuglement. Ses parents, gens placides, qui rêvaient pour leurs fils des situations honorables et médiocres, lui reprochaient ses indécisions, ses enthousiasmes, ses tentatives avortées, tous ses élans impuissants vers des idées généreuses et vers des professions décoratives.

Depuis qu’il était homme, on ne lui disait plus : « Regarde Jean et imite-le ! » mais chaque fois qu’il entendait répéter : « Jean a fait ceci, Jean a fait cela, » il comprenait bien le sens et l’allusion cachés sous ces paroles. (...)"

Pierre et Jean, Maupassant

http://fr.wikisource.org/wiki/Pierre_et_Jean

 

Repères à suivre : introduction : le... fratricide

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lizagrèce 14/05/2012 21:30


Comme dirait (je ne sais plus qui) : "Famille je vous hais ! "


http://maisondeliza.over-blog.fr

Litteratus 17/05/2012 19:41



Gide !