SEARCH RESULTS
107 résultats trouvés avec une recherche vide
- Les figures de style
Une figure de style est un procédé de langue qui permet de produire du sens par une impression. Cette définition, elle-même bien théorique, ne dit rien sur ses différentes catégories dans la langue française. Comment comprendre et retenir les figures de style ? Analyse de 4 grandes catégories pour ne plus se tromper : une synthèse en tableau. Figures de style Une figure de style est un procédé de langue qui permet de produire du sens par une impression. La Gazette vous propose de trouver un moyen mnémotechnique pour vous souvenir des principales figures de style, car c'est vrai qu'il est souvent difficile de les retenir... Catégories Le plus simple consiste alors à considérer 4 catégories différentes : - les figures permettant d'aller d'un sens vers un sens voisin, - les figures permettant d'opposer une idée à une autre, - les figures de répétition du même mot ou de la même idée, - les figures de mise en valeur. Il vous est proposé de les retrouver à l’aide d’un tableau récapitulatif qui comprend ce que nous appelons désormais nos 4 "boites". Tableau boite 1 Les figures allant d'un sens à un autre (parallèles) // - la comparaison : introduit par les conjonctions c omme, tel etc... ex : Pierre rêve comme (tel) un enfant : parallèle entre Pierre et l'enfant; - la personnification : prêter à une chose des caractéristiques humaines. ex : le ciel malade - l'animalisation : prêter à l'homme des caractéristiques animales. ex : c'est le dindon de la farce! - la réification (ou chosification) : prêter à l'homme des caractéristiques d'une chose. ex : l'ouvrier machine. - l'allégorie : une image figurée. ex :"la faucheuse" pour la mort - la métaphore : une analogie entre 2 termes sans recours à comme/tel. ex: un puits de science - la métonymie : rapport contenant/contenu, cause/effet... ex : La France ( les Français) a faim - la synecdoque : rapport entre une partie/tout ou l'inverse. ex : le camion a crevé (son pneu) - la périphrase (Diderot) : dire en plusieurs mots ce que l'on peut dire en un. ex : la langue de Molière (le français) boite 3 les figures de répétition - Une figure de répétition : le(s) même(s) mot(s) répété(s) ex: je peux sortir de la maison avec un bonnet (...), je peux aussi sortir (Tarkos) - la redondance : répétition de la même idée : ex : elle était à la fois jolie et belle - poésie : cf. fiche ( rimes, allitération et assonance) - l'anaphore : répétition en début de phrase : ex: "toujours aimé, toujours souffrir, toujours mourir" - l'accumulation : série de termes de même catégorie ex : il attrapa du pain, des oeufs, du lard et de la bière - la gradation : énumération de mots dans un sens croissant ou décroissant ex : il y eut une goutte, puis une pluie forte et une tempête dévastatrice... boite 2 les figures d 'opposition ou de contraste - la réversion : inverser deux termes répétés pour donner un sens contraire. ex : la forme du plaisir, le plaisir de la forme. - le chiasme : 2 expressions symétriques et opposées. ex : Le soleil noir luit, luit la noire lune (construction en miroir) - l'antithèse : deux expressions opposées. ex : la vie et la mort, l'ombre et la nuit - l'oxymore : deux mots opposés combinés. ex : le soleil noir boite 4 les figures de mise en valeur - l'onomatopée (Balzac) - l’hyperbole : exagération du sens des choses. ex : Il hurla à la mort - la litote : affaiblir sa pensée pour en dire plus qu’on ne le dit vraiment (Larousse) ex : " Va, je ne te hais point! " pour dire qu'elle aime. ( Cid, Corneille)
- Commentaire composé : méthode
Bac : la Gazette met à votre disposition une méthode complète (la méthode des 6 GR OS SES C LE FS © et le plan CIIGARE) pour vous permettre de réussir votre épreuve du commentaire composé. Découvrons-la à l'appui d'un texte court : une « nouvelle en trois lignes », rédigée par Félix Fénéon pour la presse au début du XXe siècle. Ce sera notre sujet d’étude... Commentaire composé Exerçons-nous, ensemble, au commentaire composé avec ce texte extrêmement court de Félix Fénéon, journaliste et critique d’art, écrit en 1906 pour le quotidien Le Matin. Sa chronique est appelée : Nouvelles en trois lignes. Il s’agit d’une rubrique de brèves histoires en trois lignes. L’auteur livre ainsi de véritables chefs-d’œuvre de concision et d’humour noir. Ce format de trois lignes est en quelque sorte l’ancêtre du tweet, si l’on veut tenter une comparaison. Comment raconter une histoire avec une telle contrainte ? Chaque mot compte et c’est, pour nous, un texte idéal pour commencer dans l’analyse de textes et mesurer l'intérêt de la méthode proposée depuis des années par la Gazette littéraire. Voici la nouvelle sur laquelle nous allons travailler ensemble : “Zoo de Vincennes, la nuit passée. Pour un cadeau original, M.Henri visite les lionceaux. Reste une main munie d’une chevalière.” Il s’agit donc d’un fait divers croqué en trois phrases. La littérature a puisé dans la réalité même (et surtout) sordide pour nourrir un récit. Nous allons d'abord utiliser la méthode des 6 GR OS SES C LE FS © avant d'utiliser la méthode du plan type CIIGARE. Analyse La méthode des 6 GR OS SES C LE FS © est un acronyme facile à retenir. Il s’agit tout simplement de colorier le texte en fonction de 6 angles de vue : 6 GR OS SES C LE FS Gr : grammaire C : Conjugaison OS : oppositions le : champ lexical SE : les 5 sens FS : figures de style Prenons les 6 clefs et voyons ce que nous devons colorier. a) Grammaire : recherchons : - La ponctuation, - La forme du texte, - Le type de discours, - La nature des phrases, - Le type des phrases, - La forme des phrases, - La recherche de sujets identifiables et de compléments Cela donne : Zoo de Vincennes , la nuit passée . Pour un cadeau original, M.Henri visite les lionceaux . Reste une main munie d’une chevalière . b) Opposition : On recherche les termes qui s'opposent : cela donne : “Zoo de Vincennes, la nuit passée. Pour un cadeau original, M.Henri visite les lionceaux . Reste une main munie d’une chevalière.” c) Sens : On recherche ce qui a trait à la vue, l'ouïe, l'odorat etc.. Ainsi on obtient : “Zoo de Vincennes, la nuit passée. Pour un cadeau original, M.Henri visite les lionceaux. Reste une main munie d’une chevalière.” d) Conjugaison : Ce sont les modes et temps qui sont analysés : “Zoo de Vincennes, la nuit passée. Pour un cadeau original, M.Henri visite les lionceaux. Reste une main munie d’une chevalière.” e) Champ lexical : On recherche les grands thèmes : “ Zoo de Vincennes, la nuit passée. Pour un cadeau original, M.Henri visite les lionceaux. Reste une main munie d’une chevalière.” F. Fénéon Figures de style : Vous cherchez les effets stylistiques. Cela donne : “Zoo de Vincennes, la nuit passée. Pour un cadeau original, M.Henri visite les lionceaux. Reste une main munie d’une chevalière. ” En résumé, votre texte colorié reprenant le code couleurs est ainsi constitué : “Zoo de Vincennes, la nuit passée . Pour un cadeau original , M.Henri visite les lionceaux . Reste une main munie d’ une chevalière. ” Synthèse Il est temps de comprendre l es intentions de l'auteur avec le coloriage que vous avez fait. Cette étape vous permettra d'utiliser vos observations pour l'élaboration du plan CIIGARE. Grammaire point de vue omniscient : le narrateur voit tout et comprend tout : 3 lignes : concision fait divers en 3 lignes 1e proposition non verbale le CCL et CCT : posant le cadre spatio-temporel. “Zoo de Vincennes,”“la nuit. la scène se déroule dans un lieu de divertissement,“Zoo”, qui est déterminé dans sa localisation, “Vincennes”, alors que l’horaire, lui, est indéfini “la nuit passée”. Le caractère extraordinaire du cadre saute aux yeux. Que fait-on dans un zoo, la nuit ? La deuxième phrase est verbale et c’est la plus longue de la nouvelle : apposition “Pour un cadeau original”.complément circonstanciel de cause avec la préposition “pour”. On entrevoit une explication au caractère extraordinaire du fait divers avec l’adjectif épithète “original”. sujet : nommer par son prénom ou son patronyme “M.Henri” 3e : l’épilogue du fait divers : aucun connecteur logique. inversion du sujet et du verbe :”Reste une main “. c conjugaison visite : verbe de mouvement que nous découvrons le protagoniste. Deux particularités sont à noter dans l’emploi de ce verbe, d’abord la valeur du temps et ensuite, le sens du verbe. Cette action pourtant du passé est décrite au présent. Pourquoi ? La valeur de ce temps a pour effet de donner de la vivacité à ce très court récit : cette nouvelle de trois lignes suit donc un rythme dense à l’image de sa concision. oppositions homme/animaux “ M.Henri visite les lionceaux.” effet de surprise. Il détourne les codes pour jouer sur la double opposition entre l’humain et l'animal d’une part, mais d'autre part, entre le singulier “M.Henri” et le pluriel “les lionceaux”. champ lexical divertissement : cadeau, zoo, sens main/reste : toucher : le fait d’avoir été dévoré ; la vue est absente car il fait nuit figures de style et registres “original”, destinée à fêter un évènement. Pour souligner le caractère transgressif, cette équipée a lieu à l’heure où le parc est fermé et le champ lexical de l’exotisme “zoo/lionceaux” en donne tout son piment. “Reste une main “ : ellipse du récit d’un carnage Il s’agit d’un euphémisme apparent destiné à cacher une vérité trop crue, la mort soudaine de l’homme dévoré par les animaux. jeux de mots : avec reste (restes humains) Le fait de ne mentionner qu’un membre du corps exclut par définition tous les autres. Pour le dire autrement, il ne reste plus rien de M.Henri. chevalière : Cette bague est un signe de distinction sociale, portée par la classe aristocratique. On notera que tout ce qui touche au personnage est déterminé par des articles indéfinis, preuve d’une volonté de l’auteur de le rabaisser socialement : “un cadeau”/”une main/une chevalière” La lecture de la nouvelle ouvre alors un registre proprement satirique : il s’agit de se moquer en trois lignes du comportement d’une noblesse désoeuvrée. On peut voir dans l'adjectif “original” une ironie de l’auteur qui critique en se moquant du projet festif déconnecté du danger. Il le fait tout autant avec le verbe “visite” prenant un tour parfaitement condescendant. Enfin arrêtons-nous sur la dénomination “Monsieur Henri” puisqu’il s’agit de son prénom à défaut de connaître son patronyme aristocratique complet. C’est ainsi que les domestiques appelaient leur maître, ce qui n’empêchait pas de les critiquer. Plan Avec notre analyse, nous pouvons débuter le stade suivant. Le plan CIIGARE est un acronyme permettant de dresser un plan type en deux parties avec trois sous-parties comme ci-dessous : Titre 1 titre 2 1A C adre spatio-temporel 2A : originalité du texte par rapport à son G enre littéraire 1B I ntérêt du texte 2B A rgumentation de l'auteur 1C les I mpressions 2C les RE gistres a) les sous-parties Il faut d'abord remplir les sous-parties avec les éléments tirés de la synthèse du code couleurs. Cela donne ainsi : Titre 1 titre 2 1A Cadre spatio-temporel 1e proposition non verbale le CCL et CCT : posant le cadre spatio-temporel. “Zoo de Vincennes,”“la nuit. la scène se déroule dans un lieu de divertissement,“Zoo”, qui est déterminé dans sa localisation, “Vincennes”, alors que l’horaire, lui, est indéfini “la nuit passée”. 2A : originalité du texte par rapport à son genre littéraire point de vue omniscient : le narrateur voit tout et comprend tout : 3 lignes : concision La deuxième phrase est verbale et c’est la plus longue de la nouvelle : apposition “Pour un cadeau original”.complément circonstanciel de cause avec la préposition “pour”. On entrevoit une explication au caractère extraordinaire du fait divers avec l’adjectif épithète “original”. sujet : nommer par son prénom ou son patronyme “M.Henri” 3e : l’épilogue du fait divers : aucun connecteur logique. inversion du sujet et du verbe :”Reste une main “. Cette action pourtant du passé est décrite au présent. Pourquoi ? La valeur de ce temps a pour effet de donner de la vivacité à ce très court récit : cette nouvelle de trois lignes suit donc un rythme dense à l’image de sa concision. 1B intérêt du texte fait divers en 3 lignes Le caractère extraordinaire du cadre saute aux yeux. Que fait-on dans un zoo, la nuit ? champ lexical : divertissement : cadeau, zoo, “Reste une main “ : ellipse du récit d’un carnage Il s’agit d’un euphémisme apparent destiné à cacher une vérité trop crue, la mort soudaine de l’homme dévoré par les animaux. 2B argumentation de l’auteur “original”, destinée à fêter un évènement. Pour souligner le caractère transgressif, cette équipée a lieu à l’heure où le parc est fermé et le champ lexical de l’exotisme “zoo/lionceaux” en donne tout son piment. chevalière : Cette bague est un signe de distinction sociale, portée par la classe aristocratique. On notera que tout ce qui touche au personnage est déterminé par des articles indéfinis, preuve d’une volonté de l’auteur de le rabaisser socialement : “un cadeau”/”une main/une chevalière” 1C les impressions vue est absente car il fait nuit main/reste : toucher : le fait d’avoir été dévoré 2C les registres l’humour noir : reste - jeux de mots : avec reste (restes humains) satirique La lecture de la nouvelle ouvre alors un registre proprement satirique : il s’agit de se moquer en trois lignes du comportement d’une noblesse désoeuvrée. On peut voir dans l'adjectif “original” une ironie de l’auteur qui critique en se moquant du projet festif déconnecté du danger. Il le fait tout autant avec le verbe “visite” prenant un tour parfaitement condescendant. Enfin arrêtons-nous sur la dénomination “Monsieur Henri” puisqu’il s’agit de son prénom à défaut de connaître son patronyme aristocratique complet. C’est ainsi que les domestiques appelaient leur maître, ce qui n’empêchait pas de les critiquer. b) les titres des sous-parties Ensuite, il convient de trouver des titres aux 6 sous-parties : 1A Un moment extraordinaire ( Cadre spatio-temporel) 2A : l’art de la concision (originalité du texte par rapport à son genre littéraire) 1B Un fait divers (intérêt du texte) 2B critique d’une transgression (argumentation de l’auteur) 1C Le rôle du toucher (les impressions) 2C le registre satirique c) les titres des axes Puis, il est désormais possible de trouver un titre général à chacune de vos deux parties : I. Un récit elliptique II. Une dénonciation satirique d) la problématique Enfin avec ces deux axes, vous devez vous poser la question correspondante. Vous obtenez ainsi votre problématique. Comment l’auteur conçoit-il l’art du récit ? Pour être parfaitement à l'aise avec la méthode du commentaire, suivez la video qui vous guide pas à pas : (durée : 16:08). article à suivre : commentaire composé expliqué (video)
- Les différents types de comique (Molière)
L’art de la comédie repose sur les procédés suivants : le comique de geste, le comique de situation, le comique de mots, le comique de caractère. On les retrouve notamment dans le Malade imaginaire de Molière. Les différents types de comique (Molière) Nous allons rappeler les quatre formes de comiques que l’on retrouve chez Molière en général et dans Le Malade imaginaire en particulier. Comiques Les différents types de comique (Molière) : nous lisons cette pièce en entier avec la problématique suivante : comment Molière entreprend-il, par le spectacle et la comédie, de corriger les mœurs ? On voit que le comique s’incarne dans le spectacle pour toucher la finalité recherchée, celle de faire réfléchir sur notre condition d’homme. Pour cela, l’art de la comédie repose sur les procédés suivants : Le comique de geste, Le comique de situation, Le comique de mots. Comique de caractère. Reprenons-les ensemble, si vous le voulez bien. 1.Comique de geste C’est le procédé le plus usuel qui rapproche la comédie de la farce. Le jeu du personnage est au centre du rire. Il faut se replacer dans le contexte des pièces de l’époque. La scène sur tréteaux ou dans les théâtres doit être vue de tous. Pour cela, on crée des personnages qui incarnent non une personnalité, mais un stéréotype. À ce stéréotype, on lui associe à une gestuelle déterminée et excessive. Pourquoi ? Il doit être reconnaissable et identifiable par tous. C’est pourquoi celui qui est malade doit faire la grimace ; celui qui se prétend le maître doit donner des coups de bâton et, à l’inverse, celui qui est le valet doit les recevoir. Dans Le Malade imaginaire, Argan poursuit la servante Toinette son bâton à la main : "Toinette Quand un maître ne songe pas à ce qu’il fait, une servante est en droit de le redresser. Argan, courant après Toinette Ah ! Insolente, il faut que je t’assomme. Toinette, se sauve de lui Il est de mon devoir de m’opposer aux choses qui vous peuvent déshonorer. Argan, en colère court après elle autour d’une chaise son bâton à la main Viens, viens que je t’apprenne à parler. " (acte I, scène 5) Comique de situation Le procédé tient dans le fait que le spectateur comprend parfaitement le caractère incongru de la situation alors que certains des personnages sont laissés délibérément dans l’ignorance parce que l’on se joue d’eux. Le temps d’avance du spectateur constitue un des ressorts de la comédie. Dans Le Malade imaginaire , on retrouve ce comique lorsque Toinette se fait passer au nez et à la barbe d’Argan pour un médecin. Le comique de situation s’étend presque sur tout l’acte 3. Cette circonstance a pour objet de faire durer le plaisir du spectateur qui participe à la machination menée. Ainsi dans cette pièce, c’est Toinette qui tisse sa toile avec méthode. Il lui faut trois scènes pour amener la mystification. Elle devance une quelconque objection du maître sur le leurre : en prévenant Béralde : Toinette à Béralde : "c’est une imagination burlesque, cela sera peut-être plus heureux que sage. Laissez-moi faire ; agissez de votre côté. Voici notre homme. "(acte III, scène 2) : en évoquant la question de sa ressemblance avec le faux médecin : Toinette, Argan, Béralde " Je ne le connais pas ; mais il me ressemble comme deux gouttes d’eau, et si je n’étais sûre que ma mère était honnête femme, je dirais que ce serait quelque petit frère, qu’elle m’aurait donné depuis le trépas de mon père. " (acte III, scène 7) en faisant des aller-retour audacieux entre les deux personnages qu’elle joue pour achever de tromper son maître. Toinette donne de la vraisemblance à son travestissement avec le jeu du déguisement. Ainsi le faux médecin sort de scène pour un motif fallacieux (acte III, scène 8) et Toinette revient sous prétexte d’avoir été appelée (acte III, scène 9). L’imposteur réapparaît alors (acte III, scène 10). Il faut à Toinette une scène supplémentaire, celle où le faux-médecin ferait des avances à la servante, pour emporter la conviction totale du maître. (acte III, scène 10). Il faut aussi souligner que le comique de situation trouve son apogée dans le 3 e intermède à la fin de la scène, avec la cérémonie d’intronisation d’Argan en médecin. Comique de mots Cela peut-être des insultes dans la bouche du maître ou des répétitions comme avec le fameux " drelin drelin drelin" de l’acte I, scène 1. Mais cela peut être aussi plus subtil, comme des jeux de mots. Molière passe encore par Toinette qui n’a pas sa langue dans sa poche. "Toinette, par dérision Ma foi, Monsieur, je suis pour vous maintenant et , je me dédis de tout ce que je disais hier. Voici Monsieur Diafoirus le père, et Monsieur Diafoirus le fils, qui viennent vous rendre visite. Que vous serez bien gendrés ! " (Acte II, scène 4) Molière joue avec le nom "gendre", le mari de sa fille, pour en faire un verbe dans le sens de bien pourvu d’un gendre, un néologisme, un mot qui n’existe pas. C’est un procédé comique. Comique de caractère La personnalité d’Argan est au centre du rire. Il se laisse persuader par ses médecins qu’il est malade alors qu’il est bien portant. Nous reviendrons sur cette curieuse maladie...
- Dissertation 18/20 : une copie d’excellence
La Gazette littéraire vous propose de découvrir une excellente copie de dissertation ayant reçu la note de 18/20. Elle présente un intérêt pédagogique pour tous ceux qui souhaitent améliorer leur composition. Dissertation 18/20 : une copie d’excellence Dans un premier temps, nous analyserons la manière dont l’élève a scrupuleusement respecté la to-do list , véritable fil directeur offrant un cadre méthodologique clair et structurant. Dans un second temps, vous découvrirez in extenso sa copie, intégralement rédigée. Enfin, un questionnaire précis vous permettra de vous auto-évaluer, d’affiner votre méthode et, à votre tour, de soumettre une dissertation d’excellence, à l’image de cette copie remarquable. Objectif : dissertation 18/20 : une copie d’excellence. Voici donc le sujet proposé en 2024 : Dans le poème « Sensation », Arthur Rimbaud écrit : « j’irai loin, bien loin ». Selon vous, Le Cahier de Douai répond-il à ce projet ? 1.To-do list : au brouillon Découvrez le respect par l'élève de cette to-do list : 1. Identifiez dans le sujet le genre : argumentation /poésie /roman/théâtre et retrouvez votre œuvre et notamment : le sujet renvoie à la poésie. deux registres principaux : lyrique, satirique , 2. Regardez la question qui vous est posée et la réponse qu’elle suscite : soit oui/non (choisir le plan A) soit autre réponse (choisir le plan B). Ici, c'est le plan B : par thèmes : on ne peut pas répondre oui/non. NB : la dernière phrase " Selon vous, Le Cahier de Douai répond-il à ce projet ?" est une pure phrase de style, elle ne compte pas pour le choix du plan. Insérez ensuite le tableau correspondant au plan B en 3 parties : laissez de la place pour le compléter au fur et à mesure que vous trouverez vos idées. Partie 1 Partie 2 Partie 3 1A. 2A. 3A. 1B. 2B. 3B. 1C. 2C. 3C. 3. Analysez maintenant le sujet avec les principaux mots clefs à souligner : vous vous en servirez dans votre introduction... Dans le poème « Sensation », Arthur Rimbaud écrit : « j’ irai loin, bien loin ». C'est le poète qui s'exprime à la première personne du singulier "je" . Le verbe aller est au futur, c 'est un projet de vie. l'adverbe loin est r épété deux fois, dans une volonté d'accentuer le désir d'un ailleurs. 4. Reformulez la citation avec vos propres mots : Par la répétition de loin accentué par l'adverbe intensif bien, Rimbaud exprime sa quête d'un ailleurs idéal. 5. Remplissez dans le détail votre plan avec les éléments du cours + citations qui sont en rapport direct avec la question + les citations d'autres auteurs sur l'œuvre ou du même auteur sur d'autres livres etc. Partez du plus évident (partie 1) au moins évident (partie 2) et au plus élaboré (partie 3) : vous serez notés sur la progression de votre raisonnement. Donnez un titre à vos 9 sous-parties, puis à vos 3 titres qui les recouvrent. Dans notre excellente copie, voici le plan choisi : I. La quête de sensations nouvelles II. Une dénonciation du contexte politique et social III. Une approche novatrice de la création poétique 1A. Le rôle du mouvement 2A. Une critique du pouvoir politique 3A. Rimbaud, héritier de ses modèles littéraires 1B. Une exaltation des sens 2B. Une dénonciation de l’abus de pouvoir religieux 3B. Une création résolument moderne. 1C. Les premiers émois amoureux 2C. Le rejet de la société 3C. Les prémices de sa propre vision poétique 6. Problématique : attention la question donnée en sujet n’est jamais votre problématique ! Avec vos 3 parties, trouvez enfin votre question : c’est donc à l’envers que vous travaillez, ce qui fait que vous ne ferez jamais un hors-sujet… Les Cahiers de Douai traduisent-ils ce désir d'émancipation physique ? 7. Reprenez le début de votre introduction préparée en avance (belles phrases d'accroche, contexte et/ou références biographiques en rapport avec la question, date de publication de l'œuvre). Ajoutez l'examen détaillé du sujet que vous avez fait au brouillon+reprenez la formulation avec vos propres mots + votre nouvelle problématique donnant lieu à l'annonce de vos 3 axes. 8. Passez maintenant à votre copie : annoncez vos sous-parties à chaque 1/2/3 et faites des conclusions intermédiaires en ménageant une transition pour la partie suivante. Utilisez le DCE : je dis, je cite et j'explique, sachant qu'une idée = une phrase. Préférez les phrases simples (un verbe conjugué au présent) avec des mots de liaisons. Restez au présent. 8. Pour votre conclusion : rappeler votre problématique et les 3 axes. Proposez une ouverture que vous avez trouvée au préalable... 9. Relisez-vous. L'excellente copie intégralement rédigée Voici donc la copie de ce brillant élève : C'est dans un contexte de profonde instabilité politique, entre mars et octobre 1870, que le jeune Arthur Rimbaud écrit ses Cahiers de Douai durant ses fugues à Paris puis à Douai. Ses fugues sont les premières échappées de la courte vie menée tout en avant par le poète insaisissable, d'abord à travers l'Europe puis en Afrique, que son amant Paul Verlaine surnommera « l'homme aux semelles de vent ». Aussi Rimbaud tient-il compte de ses premiers poèmes de cet intense sentiment de liberté lorsqu'il écrit dans « Sensation : « j’irai loin, bien loin ». Par la répétition de loin accentué par l'adverbe intensif bien, Rimbaud exprime sa quête d'un ailleurs idéal. Dès lors, il est légitime de se demander si les Cahiers de Douai traduisent ce désir d'émancipation physique. Certes Rimbaud est un adolescent fugueur en quête de sensations nouvelles. Toutefois, les Cahiers de Douai sont fortement inspirés par le contexte politique et social que le poète dénonce. Tout compte fait l'émancipation de Rimbaud dans ce recueil se fait au moyen d'une approche novatrice de la création poétique. Dans un premier temps Arthur Rimbaud décrit dans ce recueil sa profonde volonté d'aller loin qui lui permet une exaltation de ses sens. Aussi, le mouvement est l'un des thèmes centraux du poème. Rimbaud s'inspire en cela de sa propre expérience de vie, notamment de ses fugues pour échapper à la morosité du quotidien et à l'autorité maternelle. Tout au long de sa vie, il n'a de cesse de marcher, et il est même l'objet de caricatures de ses amis, Paul Demeny et Verlaine, le dépeignant, avec de longues jambes parcourant le globe après 1880. Cette marche constante se manifeste dans les cahiers de Douai par la présence répétée de verbes de mouvement, et en particulier « aller », comme dans « ma Bohème » : « Je m'en allais les poings dans mes poches crevées/mon paletot aussi devenait idéal/j'allais sous le ciel, Muse ! Et j’étais ton féal » Dans lequel il répète à deux reprises le verbe aller dans le quatrain inaugural. Le mouvement est pour le poète une source d'inspiration autant qu'un mode de vie. En parcourant les chemins, il délaisse le confort matériel. Ainsi le « paletot idéal » de Ma Bohème fait écho au premier vers « d’Au Cabaret Vert » : « Depuis huit jours j’avais déchiré mes bottines/aux cailloux des chemins ». Cette vie vagabonde que mène le poète est pour lui une manière de s’émanciper des normes sociales. Il puise dans sa marche la matière de ses textes, ce qu’il illustre dans « Ma Bohème », « Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course/des rimes ». Ici la comparaison avec le héros de conte enfantin et le rejet du terme « rimes » montre comment cette liberté physique est nécessaire à la création poétique. On retrouve de plus l'expression d'un ailleurs onirique dans le bateau ivre. Il y offre la prosopopée d'un bateau parcourant en des paysages exotiques « je me suis baigné dans le poème. Dans la mer/un fusée d'astres et… ». Avec ces métaphores audacieuses, le poète exprime la liberté intense que lui procure la poésie. L'aventure marine se confond à l'aventure poétique, un voyage initiatique en somme, qui met habilement en avant le lien étroit que fait Rimbaud entre son besoin d'ailleurs et sa recherche d'inspiration. C'est grâce à ce mouvement que le poète va se rapprocher de la nature et y faire la découverte de nouvelles sensations. La nature est omniprésente dans l'œuvre d’Arthur Rimbaud. Tantôt bienfaitrice, tantôt sacralisée, le poète affiche constamment sa proximité avec le décor qui l'entoure. Il fait par exemple dans les deux premiers quatrains du sonnet « Le Dormeur du Val » la description d'une nature maternelle protectrice envers un soldat endormi « c’est un petit val qui mousse de rayons » la nature y est même personnifiée avec « la rivière (qui) chante ». Dans ce poème, Rimbaud reprend certains éléments qui appartiennent à la description du locus amoeus, qui signifie « lieu agréable » avec entre autres une source d’eau et d’harmonie entre les hommes et cette nature protectrice. Cette harmonie complète se retrouve dans « Sensation » : « Par les soirs bleus d’été, j’irai loin dans les sentiers/picotés par les blés, fouler l’herbe menue ». La douceur de cette nature est dépeinte par le ressenti du poète « picoté » par les blés. Cette nature est également idéalisée et rêvée ce qui en fait un des thèmes principaux de l'œuvre de Rimbaud. Outre la nature, l'exaltation des sens du poète adolescent prend la forme de ses premiers émois amoureux. Dans nombre de poèmes, il dépeint sa recherche d'aventure amoureuse comme dans « les Réparties de Nina » ou encore dans « Roman » : « on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans ». Rimbaud peint, non sans une once d'ironie, le début d'une relation amoureuse. Malgré le lyrisme romantique présent dans les Cahiers de Douai, il délaisse une approche sérieuse de sa vie sentimentale au profit d'un recul étonnant qui, par moment, met en lumière la dimension risible de ses amours. En outre, la sensualité et les plaisirs charnels sont souvent l'objet de rêve « Oh là là ! Que d'amour splendide j'ai rêvé » déclare-t-il par exemple dans « Ma bohème » voire de fantasmes comme dans « Rêvé pour l'hiver » . Ainsi par la narration de ses premiers émois amoureux, Rimbaud répond à son désir d'émancipation. Et ses amours de jeunesse l’emmènent, en effet, bien loin de l'envie de rester dans sa ville natale de Charleville. Pour conclure, le mouvement qui emmène Rimbaud vers la nature et la découverte des relations amoureuses constitue pour lui une échappatoire à la dureté et à la morosité de la vie. Cependant, Arthur Rimbaud n'en demeure pas moins ancré dans son époque. Les Cahiers de Douai sont également l'expression d'une révolte sociale. Premièrement, Rimbaud y fait une critique acerbe du pouvoir politique. Il dénonce tout d'abord la guerre, et plus précisément la guerre franco-prussienne qui fait rage en France dès le 19 juillet 1870. Il dénonce dans « le Mal » une « folie épouvantable broie/et fait de cent mille hommes un tas fumant ». Ainsi il déplore l'ampleur du bilan humain de cette prémisse de guerre industrielle. Pour Rimbaud, les soldats y sont vraiment sacrifiés, dans le seul but de satisfaire l'orgueil et la soif du pouvoir des puissants. Si « Le Mal » peut être interprété comme une critique de la guerre dans son ensemble, Rimbaud y glisse des références à peine voilées de la guerre entre la France et la Prusse. Les couleurs « écarlates ou vertes » font écho aux couleurs des uniformes militaires. Le poète ne prend donc pas parti dans le conflit et il déplore ainsi les pertes humaines. Par conséquent, « le roi qui les raille » observateur pensif mais coupable du désastre humain, dans « le Mal » est une attaque directe à Napoléon III. Rimbaud poursuit son réquisitoire implacable contre l'empereur dans « Rages de Césars ». Il y monte Napoléon III fait prisonnier après la défaite de Sedan le 2 septembre 1870 : « l’empereur est soûl de ses vingt ans d'orgie ». Rimbaud compare ainsi à une orgie le règne autoritaire de l'empereur qui est accusé d'avoir voulu souffler la flamme de la liberté, sans doute en lien avec l’exil forcé de nombreux opposants et l’écrivain qui a imposé Louis-Napoléon Bonaparte à son arrivée au pouvoir. Rimbaud s'inscrit donc dans un plus vaste et lent de rejet du Second Empire dans la littérature, Victor Hugo étant l'un des exemples les plus marquants lorsqu'il écrit le pamphlet « Napoléon-le-petit » pour ridiculiser la quête de grandeur de Napoléon III en l'opposant au vrai mérite de son oncle : « tu te noieras dans la fange/ Petit, petit » (1853). Plus largement, l'œuvre de Rimbaud est marquée par le rejet de toute forme d'autorité. Ainsi le poète dénonce dans les Cahiers de Douai un abus du pouvoir religieux. Il accuse en effet l'Église de profiter du malheur de ses fidèles et dénonce son inaction dans le conflit sanguinaire : « il est un Dieu qui rit aux nappes damassées » écrit-il par exemple dans « Le Mal ». Ici, le poète désacralise le Dieu chrétien avec l'article indéfini « un ». Partout c'est bien l'église catholique qu'il attaque en parlant de « nappes damassées » ou encore « d’encens ». Le luxe matériel des églises semble pour le poète scandaleux à l'heure où des soldats meurent au combat et certains vivent dans la misère. C'est ce qu'il dénonce dans « les Pauvres à l'église », un poème décrivant un groupe de personnes démunies « Heureux, humiliés comme des chiens battus ». Le traitement de l'Église envers les plus pauvres est vivement critiqué puisqu'au lieu d'être justement insérés comme le prône les idéaux chrétiens ils sont en quelque sorte « parqués » et ainsi d'autant plus marginalisés. De surcroît, le comportement des prêtres et condamnés dans « le châtiment de Tartufe », en particulier dans le dernier vers « Peuh ! Tartuffe était nu du haut jusques en bas ! », référence intertextuelle au Tartuffe de Molière (1669) lorsque Dorine rejette le faux dévot « et que vous seriez nu du haut jusqu'en bas/que toute votre peau ne me tenterait pas » (III, 2). Pour finir, les Cahiers de Douai marquent le rejet de son auteur de la société dans son ensemble, la bourgeoisie en particulier. Rimbaud exècre le conformisme et la médiocrité de la bourgeoisie du dix-neuvième siècle. Il exprime au contraire son désir de s'en émanciper en affirmant sa différence. Ainsi dans « À la musique », il décrit la bourgeoisie regardant le spectacle « sur une place taillée en mesquines pelouses/Square où tout est correct ». Les adjectifs péjoratifs utilisés pour décrire la nature domestiquée dans le village affirment le contraire avec la nature sauvage et nourricière que Rimbaud recherche dans ses fugues. De même, ils cherchent à se démarquer des codes de la bourgeoisie en opposant son mode de vie transgressif à l'uniformité bourgeoise. De surcroît, dans la même optique de révolte sociale Rimbaud exprime son empathie envers les opprimés et les marginaux. « Les Effarés » décrivent des enfants démunis observant un boulanger faire du pain qu'ils ne pourront goûter « Quand ce trou chaud souffle la vie/Ils ont leur âme si ravie/Sous leurs haillons ». En s'appropriant ainsi l'image de la pauvreté chez les enfants, le poète cherche à transmettre aux lecteurs son dégoût pour la société et la manière dont elle marginalise les plus faibles. En définitive, les envies d'ailleurs de Rimbaud qu’il manifeste dans « Sensation » se heurtent à la réalité de la société et à sa cruauté. Son émancipation doit donc s'opérer grâce à sa poésie. En somme, la véritable émancipation de Rimbaud dans son recueil se fait grâce à la création poétique « bien loin » des normes et des codes littéraires. D'abord Arthur Rimbaud se présente comme l'héritier de ses modèles littéraires. Rimbaud est en effet doté d'une grande culture poétique. Il n'hésite pas à revendiquer son admiration pour les Parnassiens à qui il envoie une lettre à quinze ans dans l'espoir de se faire publier. Cette inspiration transparaît dans « Soleil et Chair » dans lequel il s'approprie le thème cher aux poètes du Parnasse « Chair, Marbre, Fleurs, Vénus, c'est en toi que je crois ! » ; on retrouve une fascination pour les dieux antiques avec Vénus, mais également une recherche de la beauté esthétique qu'il partage avec Bainville par exemple. Les Cahiers de Douai sont aussi marqués par les traces d'influence hugolienne dont Rimbaud admire l'engagement : le peuple « hurlant comme une mer » décrit dans « Le Forgeron », expression de la révolte du peuple français contre le roi en 1791, rappelle ainsi le peuple océan dont parle le poète des Châtiments (1853). Enfin la grotesque danse macabre dans le « Bal des pendus » fait moins écho à « La Ballade des pendus » de François Villon qu’à « Un Voyage à Cythère » de Charles Baudelaire : « De féroces oiseaux perchés sur leur pâture/ détruisant avec rage un pendu déjà mûr ». De cette manière, Rimbaud revendique des influences poétiques très diverses dont il cherche néanmoins à se libérer. Ainsi Rimbaud n'a de cesse dans son œuvre de jouer avec les codes poétiques pour aboutir à une création résolument moderne. Le lyrisme amoureux est mis à mal dans les « Réparties de Nina » dans lesquelles les références rustiques viennent couper les élans amoureux « une vache fientera, fière ». De plus, son amante répond de manière prosaïque à ses avances « Et mon bureau ? » se détachant ainsi des codes habituels de la poésie amoureuse. Il y a de plus un contraste saisissant entre « le Dormeur du Val » , un chef-d'œuvre de prétérition selon Louis Jouvet dans lequel le lecteur n'apprend qu'au dernier vers la mort du soldat « il a deux trous rouges au côté droit » et « Souvenir de la Nuit du 4 » de Victor Hugo qui commence brutalement : « L'enfant avait reçu deux balles à la tête ». Enfin la « Vénus Anadyomène » de Rimbaud renverse les codes attendus de la poésie du Parnasse à l'image d'un contre-blason. La laideur de la Vénus, une prostituée est accentuée à mesure qu'elle sort de la baignoire constituant par là un contrepied parodique à l'image de la Vénus sortant des eaux chère aux Parnassiens et peinte à la renaissance par Raphaël : « Belle hideusement d'un ulcère à l'anus. ». Le terme anus signifiant « vieille femme » en latin est mis en avant à la fin du poème ce qui montre le goût prononcé de Rimbaud pour la transgression des codes poétiques. Il adopte en cela une démarche similaire à celle de Charles Baudelaire qui souhaite extraire la beauté de la laideur. Dans son projet d’épilogue pour « Les Fleurs du Mal » resté inachevé en 1861, il dit notamment : « tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or » comparant ainsi le rôle du poète à celui d'un alchimiste. C'est le même détachement des normes que prend Rimbaud dans sa poésie. Ainsi Rimbaud définit dans les Cahiers de Douai les prémices de sa propre vision poétique. Il multiplie les audaces verbales en faisant rimer papa et dada dans « l'éclatante victoire de Sarrebruck ». Il fait également un usage renouvelé des injures, onomatopées et de la ponctuation avec de nombreux tirets pour retranscrire ses élans poétiques. De même, dans le poème « Voyelles » , il associe à chaque voyelle une couleur : « A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles je dirai quelque jour vos naissances latentes ». Par un jeu d'assonances et d'allitérations, il crée un nouveau langage qui lui permet d'exprimer ses images et ses inspirations poétiques résolument modernes. Plus largement, il explicite sa vision de la mission poétique dans « la lettre dite du voyant » envoyée à Paul Demeny le 15 mai 1871 : « le poète se fait voyant par un long immense et raisonnable dérèglement de tous ses sens ». Il participe en cela à la création d'une nouvelle poésie fondée sur l'expression affranchie des contraintes, des inspirations du poète. Dès lors, c'est l'accomplissement du désir d'émancipation de Rimbaud grâce à la poésie. Ainsi aller loin pour Rimbaud prône par un affranchissement progressif des codes et des contraintes pour aboutir à une nouvelle forme de poésie libérée. En conclusion, Arthur Rimbaud est bien « l'homme aux semelles de vent » que décrit Verlaine. Sa quête d'un ailleurs onirique et les découvertes de nouvelles expériences étant la matière même de sa poésie, mais cette volonté de partir « bien loin » renferme un véritable grondement intérieur contre la société qui rattrape inévitablement le poète. C'est pourquoi celui-ci recherche à travers la création une liberté totale justifiant les propos de Verlaine : « l’homme en Rimbaud est libre » en cela il influence durablement les poètes à venir. De nombreux échos à la poésie de Rimbaud se retrouvent chez les surréalistes qui prônent également une libération de la poésie grâce à l'écriture automatique. La sympathie des surréalistes pour « la lettre du voyant » et particulièrement visible dans le manifeste du sérialisme d’André Breton (1924). Questionnaire d'auto-évaluation Si vous voulez réussir, vous aussi, votre dissertation, reprenez vos copies et répondez au questionnaire d'auto-évaluation suivant. Il vous montrera les points acquis et ceux qu'ils vous restent encore à améliorer. Le fond est aussi important que la forme. Le résultat dépend de votre parfaite maîtrise des deux. Ne négligez donc rien ! 3.1. Sur le fond : Ai-je proposé un plan en trois parties avec trois sous-parties ? Ai-je fait le plan à l’envers avec in fine la problématique ? Ma problématique est-elle pertinente ? Ai-je exploité au mieux mon cours, sans le réciter bêtement ? Ai-je proposé des citations pertinentes de l'œuvre compte tenu de l'idée développée ? Ai-je fait valoir des citations du même auteur dans ses autres œuvres et d'autres auteurs sur l'ouvrage au programme ? Ai-je été capable de discuter de la portée de l'œuvre, des intentions de l'auteur et de son influence littéraire ? 3.2. Sur la forme 3.2.1 Sur la présentation du devoir : Ai-je respecté les règles de présentation avec les trois parties et les alinéas des sous-parties facilement identifiables ? Ai-je rédigé une introduction respectant la to-do list ? Ai-je présenté, dans mes trois axes, mes trois sous-parties ? 3.2.2 Sur la rédaction : Ai-je effectué le DCE (Dire, Citer, Expliquer) pour chaque idée ? Ai-je ménagé des transitions entre les sous-parties et une conclusion provisoire du I., du II. et III. ? Ai-je utilisé des mots de liaison pour structurer mes parties ? Ai-je utilisé des pronoms impersonnels, on/nous ? Ai-je respecté les consignes pour citer ? (guillemets) Ai-je privilégié des phrases simples dans le développement pour éviter le charabia ? (un seul verbe conjugué) Ai-je évité de répéter les mêmes mots alourdissant le propos ? (employez des synonymes) Ai-je utilisé le présent de l'indicatif ? (et y rester) Ai-je utilisé des verbes du premier groupe ? (montre, cherche, exprime suggère, observe etc. pour appliquer plus facilement la conjugaison) Ai-je fait des fautes d'orthographe ? ai-je fait des fautes d'accord entre le sujet et le verbe ? ai-je fait des fautes d’accord entre le nom et l'adjectif ? ai-je fait des fautes en confondant le participe passé/l'infinitif ? Ai-je fait des phrases concises sans aucun mot de trop ?
- Le plaisir de lire
Il vous est suggéré diverses propositions pour exercer ce plaisir de lire. Tout d'abord, découvrez une libre sélection de livres de l'année en cours, puis la présentation de deux parcours de reprise de lecture (niveaux débutant et intermédiaire). Pour les lecteurs confirmés, participez au séminaire consacré à l'Odyssée d'Homère et à celle de Daniel Mendelsohn. Enfin vous pourrez retrouver le catalogue de livres de la Gazette. Jeune fille lisant, Fragonard 1770, musée National Gallery of Art de Washington Plaisir de lire Retrouvez les différentes propositions de la Gazette ainsi que son catalogue d'études littéraires. Propositions Découvrez les différentes propositions de lecture de la Gazette : la sélection des livres 2025 : il s'agit d' ouvrages de fiction ou d'essais publiés et choisis et lus de manière indépendante (sans partenariat). un séminaire de lecture accessible à des lecteurs confirmés : il vous est proposé d’effectuer la lecture croisée de deux livres formidables, l 'Odyssée d’Homère et Une odyssée, un père, un fils, une épopée de Daniel Mendelsohn : ce dernier livre s’impose comme une porte d’entrée lumineuse et profondément humaine dans l’univers fabuleux d’Homère, revisité à la lumière des questionnements sensibles et brûlants de notre temps. Les deux parcours de reprise de lecture : destinée aux éloignés de la lecture , des listes de livres tirés du répertoire français et étranger : nouvelles, romans, essais, mais également des œuvres d'aujourd'hui et d'hier, à la fois courtes et accessibles à tous. Catalogue Retrouvez le catalogue d'études effectuées par la Gazette qui sera rendu progressivement accessible. Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes Anouilh, U n Voyageur sans bagages Apollinaire Alcools Appelfeld Histoire d’une vie Amigorena Le Ghetto intérieur Aragon, L es Voyageurs de l'Impériale Balzac, La Maison Nucingen L e Père Goriot le Chef-d'œuvre inconnu La Peau de chagrin Bassani Le Jardin des Finzi-Contini Beaumarchais Le Barbier de Séville Le Mariage de Figaro Beckett, Malone meurt Bernanos, Journal d'un curé de campagne Berr, J ournal Blixen, l e F estin de Babette Böll L’Honneur perdu de Katharina Blum Bonnefoy L'Écharpe rouge Bosco, L'âne Culotte Bounine, Soukhodol Bourbon-Busset, Lettre à Laurence Boyd William, Un Anglais sous les tropiques Camus, L'Étranger Capote De sang-froid Carrère E. L'Adversaire Cendrars L'Or Chateaubriand, René Chevallier, Clochemerle Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses Claudel Paul, Le Partage de Midi Claudel Philippe, La petite-fille de M. Linh Coe Jonathan, La Vie très privée de M.Sim Cohen, Le Livre de ma mère Colette Claudine à l'école Sido et les Vrilles de la Vigne Corneille, L 'Illusion comique Le menteur Cossé L. Au bon Roman Diderot, La Lettre sur les aveugles Jacques le fataliste Dee Jonathan, Les Privilèges Deghelt, La Vie d'une autre Delfino Jean-Paul Les Pêcheurs d'étoiles Dorion (Hélène) Mes forêts Dostoïevski, Le Joueur Duhamel, Les Pasquier Duras, Moderato cantabile Duroy L. Nous étions faits pour être heureux Dutour, Au bon beurre Echenoz, Courir Flaubert, Madame Bovary Bouvard et Pécuchet France, Le Crime de Sylvestre Bonnard Gaudé, La Porte des Enfers, Olympe de Gouges Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne Gide, La Porte étroite, La Symphonie pastorale Les Nourritures terrestres Giono, Le Hussard sur le toit Goethe, Faust Les Souffrances du jeune Werther Gouges Déclaration des droits de la femme Hamsun, Vagabonds Hanff 84 Charing Cross road Hemingway, Le vieil Homme et la Mer Hesse, Narcisse et Goldmund Houellebecq, L a Carte et le Territoire Ionesco, Rhinocéros Jauffret R. La Ballade de Rikers Island Jenni Alexis, l'Art français de la Guerre Kafka, Le Procès Kérangal M. Naissance d'un pont Kessel, La Vallée de rubis Kundera, L'insoutenable Légèreté de l'êtr e La Bruyère Les Caractères La Fayette, La Princesse de Clèves Lagarce Juste la fin du monde Lainé Pascal, La Dentellière Lançon P. Le Lambeau Le Clézio, Ronde et autres saisons London, Martin Eden Loti, Pêcheur d'Islande Makine, La Musique d'une vie T.Mann Les Buddenbrook l a Montagne magique Marivaux, l'Île des esclaves Les Fausses confidences Maupassant, Bel-Ami Mauriac, Genitrix La Pharisienne Mcnab, La grande Course de Flanagan Molière Le Malade imaginaire Montaigne Les Essais Morand, L'Homme pressé Musset On ne badine pas avec l'amour Némirovski, David Golder Nizan, Antoine Bloyé Orwell, La Ferme des Animaux Pagnol, Le Temps des Amours Pavloff Franck, Le Pont de Ran-Mositar Ponge La Rage de l'expression Pouchkine, La Dame de pique Prévost, Manon Lescaut Proust, Le Temps retrouvé Rabelais, Gargantua Racine, Andromaque Rambaud Patrick, La Bataille Renard, Journal Rimbaud, Une Saison en enfer Les Cahiers de Douai Rostand, Chantecler Saint-Exupéry, Vol de nuit Sand, La petite Fadette Sarraute Enfance Pour un oui ou pour un non Shakespeare, Coriolan Slimani L. Chanson douce Soupault, Les dernières Nuits de Paris Steinbeck, Les Raisins de la Colère Stendhal, Le Rouge et le Noir La Chartreuse de Parme Tchekhov, La Cerisaie Tolstoï, Anna Karénine Sonate à Kreutzer Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique Verdier F. Passagère du Silence Voltaire, Candide Vuillard Eric La Guerre des Pauvres Werth, La Maison blanche Wilde, Le Portrait de Dorian Gray Woolf, Mrs Dalloway Zola, La Bête humaine, La Terre Au Bonheur des Dames Zweig, La Pitié dangereuse Ne partons pas sans un hommage à la lecture sous toutes ses formes avec ces quatrains tournés sans manière. Un atout La source de la Gazette tient en ces mots Nets et puissants : la défense de la lecture, Sa petite pierre à l'édifice du mur, Son humble contribution face au chaos. Où l’image folle et bruyante revendique, Sur chaque verbe, sa pleine suprématie, En prétendant se substituer aux mots bâtis À l'aune d'influences multiethniques. Cependant, à ce jour, rien n’est encore joué : Le livre conserve encore intact, son mystère, Un mystère qui s'incarne dans une ère Où le réel s’efface comme un coup de dé, Fendant ainsi l'air tout en laissant poindre en nous Un tout autre espace, celui de nos récits, Où le silence émerge et c'est ainsi qu'on lit, Ce qui nous élève devient un bel atout.
- Publications numériques
Depuis des années, la Gazette publie sur ce site des nouvelles, avant d'étendre son offre littéraire à des romans et à de la poésie. Parallèlement, elle propose un précis de grammaire à destination de tout public et notamment aux lycéens et aux étudiants pour lesquels des fiches de lecture analytiques conformes à leurs programmes sont à leur disposition. Retrouvons ces ouvrages dans le détail. Les publications numériques Retrouvez les ouvrages disponibles en ebook sur la plateforme bookelis selon leur genre littéraire : Education La grammaire pour le bac : ce qu'il manque aux candidats du bac, c'est la démonstration de leur parfaite maîtrise de la langue française. En dépit de longues années d'enseignement, les élèves commettent beaucoup de fautes liées à l'absence de compréhension des règles grammaticales pourtant vues et revues. À l'écrit comme à l'oral, ils semblent incapables de comprendre concrètement la manière dont un texte est construit révélant ainsi les intentions de son auteur. La réforme du bac conduit l'examinateur à interroger le candidat à l'oral sur la grammaire. Il vous est proposé de reprendre toutes vos bases de manière synthétique pour réussir votre examen ... Discours de la servitude volontaire (La Boetie) : analyse : retrouvez le plan de cette fiche : 1. La tyrannie : comprendre pour résister, 2. Les procédés argumentatifs du discours : 2.1. Une argumentation directe, 2.2. Une stratégie argumentative : 2.2.1. La raison mathématique, 2.2.2. La persuasion, 2.2.3. Les intentions de l'auteur : a) les références à l'Antiquité, b) les références à la Renaissance, 2.3. Les principales figures de style, 2.4. Les registres littéraires, 3. Les ambiguïtés de l'œuvre, 4. La portée philosophique de l'œuvre, Poésie Le livre de l'exil : Le livre de l'exil retrace le parcours de celui qui fuit son pays pour un ailleurs meilleur au péril de sa vie. L'exilé arrive alors dans un lieu inconnu souvent hostile, sans jamais oublier d'où il vient. Il demeure sur cette nouvelle terre en pensant à ceux qu'il a laissés, espérant toujours revenir. L'exil comprend ainsi trois temps : partir, séjourner et revenir...
- Entraînement à la dissertation avec Rimbaud
Bac : voici un entraînement à la dissertation, nous prendrons un sujet tombé cette année concernant Rimbaud : Un critique écrit à propos d'Arthur Rimbaud : « Son désir ? Tout réinventer, tout vivre, tout redire. Tout abattre d'abord. » Dans quelle mesure cette citation éclaire-t-elle votre lecture du Cahier de Douai ? Nous appliquerons la bonne méthode pour faire un devoir argumenté et personnel et non une pure récitation de cours. Vous êtes prêts ? Portrait de Rimbaud, adolescent Dissertation avec Rimbaud La Gazette propose une méthode pour réussir la dissertation que vous pouvez retrouver ici. De cette méthode a été extrait une to-do list ou synthèse récapitulative que nous allons utiliser dans cet entraînement.. Dissertation avec Rimbaud : appliquons donc la to-do list. Vous êtes prêts ? To-do list 1. Identifiez dans le sujet le genre : argumentation/poésie/roman/théâtre et retrouvez votre œuvre et notamment son registre . le sujet renvoie à la poésie. deux registres principaux dans le Cahier : lyrique, satirique , 2. Regardez la question qui vous est posée et la réponse qu’elle suscite : soit oui/non (choisir le plan A) soit autre réponse (choisir le plan B) Ici, c'est le plan B : par thèmes. Insérez le tableau correspondant au plan B en 3 parties : laissez de la place pour le compléter au fur et à mesure que vous trouverez vos idées. Partie 1 Partie 2 Partie 3 1.A. 2.A. 3.A. 1.B. 2.B. 3.B. 1.C. 2.C. 3.C 3. Analysez maintenant le sujet avec les principaux mots clefs à souligner : vous vous en servirez dans votre introduction... Un critique écrit à propos d'Arthur Rimbaud : « Son désir ? Tout ré inventer , tout vivre, tout redire . Tout abattre d'abord. » Je mets en bleu la ponctuation et les éléments de grammaire : phrase non verbale à la forme interrogative : son désir ? jugement d'un critique littéraire sur l'entreprise littéraire de Rimbaud phrase à la forme infinitive : réinventer, vivre, redire et répétition de l'adverbe tout qui est le sujet signifiant l'idée d'intégralité, l'adverbe de temps : d'abord : priorité dans l'ordre Je souligne l es verbes : en notant que le 1er verbe a un préfixe re = répétition. En fait, dans le contexte : annulation de ce qui a eu lieu avant, nouvelle création gradation entre action de l'esprit, réinventer celle du corps, vivre, et celle de la parole répétée autrement, redire. rupture avec le dernier verbe de destruction, abattre , destruction, refus de l'esthétique du passé, de la tradition, des formes etc... 4. Reformulez la citation avec vos propres mots : L'esthétique de Rimbaud ne repose-t-elle pas sur une nouvelle expérimentation intellectuelle et physique qui trouve son point de départ dans une opposition totale ? 5. Remplissez dans le détail votre plan avec les éléments du cours + citations qui sont en rapport direct avec la question. Partez du plus évident (partie 1) au moins évident (partie 2) et au plus élaboré (partie 3) : vous serez notés sur la progression de votre raisonnement. Donnez un titre à vos 6 sous-parties, puis à vos 3 titres qui les recouvrent. I. D'un adolescent en révolte... II....à l'émergence d'un jeune poète... III ...en quête de son propre style 1A. Une révolte : éléments biographiques, l'autorité maternelle : les fugues donnant naissance au "Cahier de Douai" rejet de la vie bourgeoise de province dénonciation de la religion 2A.la sensualité du poète en éveil la question de l'amour, des premiers émois "Roman" mettre des citations "on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans", 3A.respect de la versification alexandrins : syllabes idéales qui soulignent le respect de la tradition classique par l’auteur. dédicace à un poète parnassien célèbre, Théodore de Banville, référence à Hugo ("Le Dormeur du Val") registre lyrique 1B. Un adolescent précoce : maturité, sensibilité de Rimbaud amitié avec Demény : cf.lettre 2.B Le rejet de la société des normes sociales, religieuses et politiques "Le Mal" 3B.Un poète d'une grande mâturité registre polémique : misère (les effarés registre satirique Le sonnet (" Vénus Anadyomène") désacralisant ainsi les idéaux de la beauté classique et critiquant les normes esthétiques de la société. 1C. exaltation des sens La nature "Sensation" : "Par les soirs bleus d’été, j’irai loin dans les sentiers/picotés par les blés, fouler l’herbe menue " 2C. L es expérimentations personnelles transgressives la liberté, l'errance " la Bohème" 3C. A nnonce d'une poésie de rupture innovation, constructions irrégulières dislocations poétiques « Voyelles » , associant à chaque voyelle une couleur : "A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu" 6. Problématique : attention la question donnée en sujet n’est jamais votre problématique ! Avec vos 3 parties, trouvez enfin votre question : c’est donc à l’envers que vous travaillez, ce qui fait que vous ne ferez jamais un hors-sujet… Comment Rimbaud envisage-t-il son esthétique poétique dans le Cahier de Douai ? 7. Reprenez le début de votre introduction préparée en avance et ajoutez l'examen détaillé du sujet que vous avez fait au brouillon+reprenez la formulation avec vos propres mots + votre nouvelle problématique donnant lieu à l'annonce de vos 3 axes. 8. Passez maintenant à votre copie : annoncez vos sous-parties à chaque 1/2/3 et faites des conclusions intermédiaires en ménageant une transition pour la partie suivante. Utilisez le DCE : je dis, je cite et j'explique, sachant qu'une idée = une phrase. Préférez les phrases simples (un verbe conjugué au présent) avec des mots de liaisons. Restez au présent. 8. Pour votre conclusion : rappeler votre problématique et les 3 axes. Proposez une ouverture que vous avez trouvée au préalable... 9. Relisez-vous.
- Présentation de la Gazette littéraire
Créée en 2009, la Gazette littéraire a pour vocation de redonner le goût de lire avec ses analyses abordables, ses conseils et ses séminaires de lecture. Elle s'adresse à un large public que ce soit des lycéens ou des étudiants en prépas scientifiques soucieux d'approfondir leurs connaissances ou toute personne désireuse de reprendre la lecture ainsi évidemment qu'à tous les passionnés de littérature. Présentation de la Gazette littéraire en trois points... Lecture La Gazette propose de rendre accessible la littérature grâce à de larges thématiques facilitant la tâche de tous ceux qui veulent reprendre des lectures abandonnées, faute de temps. Son originalité réside dans son catalogue de plus de 60 thèmes, facilement consultables. Il s'agit de sujets extrêmement variés relatifs à la nature, à la société, mais aussi liés à l'économie, à la famille, au rapport de soi au monde, et enfin à la création au sens large. De quoi, s'ouvrir à une culture générale accessible à tous... Il vous est aussi possible découvrir ses carnets de voyages littéraires effectués en France, en Angleterre ou en Méditerranée. La présence de la Gazette littéraire sur les réseaux sociaux lui permet, en outre, de donner des informations sur l'actualité culturelle et d'élargir le centre de ses intérêts. Elle offre une présence visible exclusivement sur le net : un paradoxe assumé ! Tant qu'à être connectés sur nos écrans, autant que ce soit pour nous instruire ensemble ! Cette Gazette est enfin tenue par une personne bien de son temps, désireuse de transmettre autrement la littérature. Lycéens et étudiants Au fil du temps, la Gazette s'est mise à l'école de ses amis lycéens, avec lesquels elle passe chaque année (!) le bac de français. Outre ses fiches de révision, elle analyse les œuvres proposées à l'oral du bac et propose à l'écrit deux méthodes : la méthode éprouvée des 6 GR OS SES C LE FS © suivie du plan type (acronyme CIIGARE) qui permet de gagner du temps et des points à l'épreuve écrite du commentaire composé. La Gazette offre une méthode simple pour composer une bonne dissertation. Pour maîtriser les deux techniques, retrouvez les exercices d'application proposés durant l'année. La méthodologie est également expliquée pas à pas avec une to-do list qui cadre chacune des deux épreuves. La Gazette accompagne également les étudiants de prépas scientifiques avec ses podcasts comprenant des épisodes de lecture et d'analyse comparée dans leur épreuve de français-philosophie sur spotify. Podcasts La Gazette propose une série de podcasts pour découvrir autrement les œuvres littéraires. Retrouvez les épisodes sur Spotify. promouvoir la lecture et l'étude d'œuvres littéraires pour les rendre accessibles à tous.
- "On ne badine pas avec l'amour" Musset
Bac : il vous est proposé d’examiner "les jeux du cœur et du langage" faisant référence aux discours amoureux dans On ne badine pas avec l'amour de Musset. On note deux conceptions de l'amour, le libertinage et le romantisme. Au travers de ces deux prismes, nous verrons leur vision opposée sur l’amour, le temps, le corps. C'est autour de cette confrontation entre ces deux pôles de séduction, choisis tour à tour par Perdican et Camille au détriment de Rosette, que la Gazette articulera son analyse. Reprenons le fil de la pièce et arrêtons-nous aux scènes où il est question d’amour à l'aide d'un tableau récapitulatif. "On ne badine pas avec l'amour" Musset La Gazette littéraire vous propose un dossier consacré au parcours jeux du cœur et de la parole s'appuyant sur la pièce de théâtre de Musset intitulée On ne badine pas avec l'amour. Nous allons dans un premier temps nous demander ce que les programmes officiels nous invitent à analyser : jeux/cœur et parole. Nous verrons ensuite la manière dont deux conceptions opposées de l'amour, le libertinage et le romantisme, sont à l'œuvre dans cette pièce. Reprenons le fil de la pièce et arrêtons-nous enfin aux scènes où il est question d’amour à l'aide d'un tableau récapitulatif. Définitions Commençons par le premier terme. Qu'entend-on par “jeux” ? Il nous est demandé de réfléchir sur les attitudes des personnages sur scène. Vous savez que la scénographie est au cœur du projet théâtral avec le dynamisme à l'œuvre (les entrées, les sorties, le rôle du corps, etc.). Mais avec le mot “parole”, il nous faut dans un deuxième temps analyser les propos tenus qui font l’action. Au fondement de la spécificité du genre théâtral se trouve, en effet, la double énonciation (le discours adressé aux personnages et au public). C’est à l’aune de ce discours que nous sommes invités à percevoir les intentions sous-jacentes des personnages, entre vérité ou mensonge. Enfin il ne s’agit pas d’examiner tous les jeux de cette pièce, mais celui qui concerne l’amour comme le terme “cœur” nous l’indique. Pour résumer, les jeux du cœur et du langage font donc référence aux discours amoureux. Ce discours amoureux convoque trois personnages : Perdican, Camille et Rosette. Il vous est proposé d’examiner ces relations triangulaires dans la perspective de l'épreuve de dissertation. On peut ainsi regrouper différentes problématiques applicables au thème général : Quelle conception de l’amour est à l'œuvre dans On ne badine pas avec l'amour ? Comment les personnages utilisent-ils le langage pour jouer avec les sentiments des autres ? Comment la pièce reflète-t-elle les tensions entre les conventions sociales et les désirs individuels au sujet de l’amour et du mariage ? Musset propose-t-il une éducation sentimentale et morale dans cette pièce ? Comment l’amour dans On ne badine pas avec l'amour fait-il naître une confrontation entre romantisme et libertinage ? La Gazette traitera de la dernière question dans le dossier consacré à Musset. Concrètement, nous vous aiderons à vous repérer dans ce trio amoureux avec un tableau synthétique pour chaque acte. L'analyse mettra donc en balance le poids du romantisme et du libertinage dans le discours amoureux dans "On ne badine pas avec l'amour" de Musset. Libertinage vs romantisme Débutons, si vous le voulez bien, en nous intéressant à l'intitulé de la problématique. Qu'entend-on par romantisme ? Qu'est-ce que le libertinage ? Il s'agit de deux courants philosophiques et littéraires qu'il convient de replacer dans leur contexte. Libertinage Il s'agit d'un mouvement d’opposition à une pensée religieuse dominante. On le définit comme un mouvement philosophique et littéraire dont le terme "libertin" -éclos au 16e siècle- se comprend au sujet d'une personne qui adopte “toutes les positions religieuses et les conduites morales qui prennent quelques distances à l'égard de la stricte orthodoxie” (Delon, le savoir-vivre libertin, Hachette 2000 page 22). Dès le siècle suivant, le libertin équivaut à un libre penseur, à un rationaliste qui se permet “de juger ce qui devrait être accepté par principe d'autorité” (Delon, le savoir-vivre libertin, Hachette 2000 page 25). En effet, un libertin va rapidement devenir un impie, celui “ qui ne s’assujettit ni aux croyances ni aux pratiques religieuses” (Littré). De ce point de vue, un libertin s'oppose au dévot. C'est après le décès de Louis XIV que le libertinage a pris un nouvel essor en réaction à une fin de règne jugée étouffante du point de vue de la religion et de la morale. On parle alors de libertinage des mœurs et notamment des mœurs sexuelles au 18e siècle. Ce terme donne par la suite une place considérable au corps. (cf. Choderlos de Laclos, les liaisons dangereuses) Mais au 18e siècle, le libertinage ne constitue pas la norme, mais une proposition de vie partagée par la haute noblesse dans les salons parisiens. Comme le dit un auteur :” s'il est vrai que la libre imagination des plaisirs constitue l'un des pôles de cette société, l'équilibre est solidement assuré par le pôle antagoniste : la tyrannie des bienséances, des préjugés, de l'ordre moral. ” ( Robert Mauzi, l'idée du bonheur dans la littérature et la pensée française au 18e siècle Albin Michel 1979, page 29). Le libertinage peut constituer une simple étape dans l'éducation sentimentale et morale ou le choix d’adulte dans une multiplicité d'aventures. Dans les deux cas, le temps du libertinage est toujours limité : “ L'expérience du libertinage n'est qu'une aberration passagère et toujours corrigée, non une chute irrémédiable dans un infernal abîme.” (Robert Mauzi, l'idée du bonheur dans la littérature et la pensée française au 18e siècle Albin Michel 1979, page 31). Plusieurs choses sont notamment à l'œuvre dans le libertinage : une situation mondaine à conserver (une réputation à entretenir), une volonté de puissance (la force) des refus : un refus de la passion (un libertin n’est pas amoureux), un refus de l’immédiateté (temps du discours préalable), un refus de ne pas choisir sa proie, un art de séduire : “ Le libertinage n'est plus dans la conclusion sexuelle, dans le résultat génital, mais dans l'art de séduire” (Delon, le savoir-vivre libertin, Hachette 2000, page 43) La principale cause de cessation du libertinage, c'est la rencontre du sentiment de l'amour. Voyons le contraste proposé par le romantisme. Romantisme On le définit également comme un mouvement philosophique (fin 18e siècle avec Rousseau en France) et littéraire (au début du 19e siècle avec Hugo dont Musset notamment a été un temps très proche) ayant pour but d'exalter le sujet dans une exaltation du “moi” placé dans le cadre de la nature au travers d'un discours souvent solitaire. Il s'agit là encore d'un mouvement d'opposition à la matière et à la raison : le romantique est guidé par ses seuls sentiments ; c’est un être sensible, incompris et nostalgique, soumis à une sorte de fatalité dans son destin. C'est enfin un mouvement qui donne une place considérable à l’amour comme un idéal et à l'innocence du corps. Confrontation On voit donc que le discours amoureux repose sur deux conceptions de l'amour qui ont, entre elles, certains points communs : un mouvement en réaction contre l’ordre social et de la religion officielle, une place pour le corps, une place pour le temps, une place pour le discours. Mais elles ont aussi de nombreux points de divergence dont notamment : un carcan moral et religieux (libertin), un carcan matérialiste (romantique) l’absence de sentiment amoureux (libertin) et l’exaltation de l’amour (romantique), le temps du futur (libertin) par opposition au passé nostalgique et à un futur impossible (romantique) un discours de séduction mensongère (libertin), une quête de vérité (romantique) C'est cette confrontation entre ces deux pôles de séduction choisie tour à tour par Perdican et Camille au détriment de la pauvre Rosette que la Gazette articulera son analyse. Dans le prochain article, nous étudierons l'acte 1. sources : Robert Mauzi, l'idée du bonheur dans la littérature et la pensée française au 18e siècle Albin Michel 1979, Delon, le savoir-vivre libertin, Hachette 2000, Valentine Ponzetto, Musset ou la tentation libertine, Droz, 2007 Dans la perspective de la dissertation, il sera question de circonscrire les scènes qui nous intéressent dans la perspective Romantisme/libertinage. Pour ce faire, reprenons le fil de la pièce et arrêtons-nous aux scènes où il est question d’amour. Il vous est proposé un tableau récapitulatif. Duos/Trio Ce discours amoureux convoque trois personnages : Perdican, Camille et Rosette. On distingue les scènes suivantes mettant aux prises les duos ou le trio d’amour : pour la compréhension, voici le code couleur : duos Perdican/Camille duos Perdican/Rosette trios Perdican/Camille/Rosette Actes/scènes Perdican Camille Rosette acte 1, scène 2 acte 1, scène 3 Acte 1, scène 4 X X X X X X acte 2, scène 1 acte 2, scène 3 acte 2, scène 5 X X X X X X acte 3, scène 2 acte 3, scène 3 acte 3, scène 6 acte 3, scène 7 acte 3, scène 8 X X X X X X X X X X X X X Analyse Comptons les scènes, si vous le voulez bien : il ressort de la lecture de ce tableau que nous sommes en présence de 5 duos Perdican/Camille, ce qui souligne l’importance de cette relation aux yeux mêmes des deux protagonistes. Ils se cherchent de toute évidence. Musset intercale ce duo avec les 3 duos Perdican/Rosette : il cherche à montrer, à l’inverse, le caractère résiduel de cette amourette. Enfin, dès la scène 3 de l’acte 3, on passe à une intensité plus grave puisque les duos s’éclipsent (deux scènes (2/6) seulement sur les 8) pour laisser la place aux 3 trios Perdican/Camille/Rosette. On a donc un changement de rythme évident qui précipite l’action. Avec la substitution du trio au duo, le discours amoureux passe de la comédie au drame : avec la mort de Rosette, le triangle amoureux va se trouver liquidé : on note donc une progression tragique de l’action formalisée par les duos/trios d’amour aboutissant à une crise du langage comme nous le verrons. Repère à suivre : Acte I
- "On ne badine pas avec l'amour" : acte I
Bac : l’acte I permet la confrontation de deux types de discours : le discours romantique et le discours libertin : nous avons affaire à un discours amoureux de type essentiellement romantique non dénué cependant de germes de libertinage comme vous pourrez le constater avec le tableau récapitulatif (citations et références) pour vous aider dans votre dissertation. On ne badine pas avec l'amour : acte I Nous avons affaire à un discours amoureux de type romantique non dénué de germes de libertinage. Romantique Notons, en effet, que les personnages sont tous jeunes, ce qui correspond à la caractéristique du héros romantique dans Les deux personnages moteurs de l’action sont, en outre, éduqués (Perdican et Camille) : ce qui correspond là encore au critère. Les trois personnages ont en commun une véritable sensibilité. Ils sont à fleur de peau. Dès l’acte I, on la trouve bien brossée chez Perdican : la nostalgie et le goût pour la nature répondent aux codes romantiques. Chez Camille, on note la pudeur qui correspond aux normes des héroïnes romantiques : “ L’amitié ni l’amour ne doivent recevoir que ce qu’ils peuvent rendre” (scène 2) Rosette, qui est une simple paysanne, partage enfin la sensibilité romantique liée à sa simplicité du cœur allant de pair avec le corps. Là où Camille refuse les attouchements de Perdican, Rosette accepte, elle, de lui donner la “main” (scène 5) : elle est parfaitement innocente. Cependant cet acte comprend en germe des éléments du libertinage. Libertinage "On ne badine pas avec l'amour" : acte I : Perdican adopte le registre de la séduction à l’égard des deux jeunes filles : l'apparence physique l’intéresse en premier lieu, plus que la personnalité morale. Il voudrait joindre le geste à la parole, en leur serrant la main ou en obtenant un baiser qui entrerait dans le champ du libertinage. S’agissant du libertinage, on note un facteur social qui est un marqueur du libertinage, c’est celui de l’inégalité des conditions. Un libertin abuse plus facilement des paysannes que des femmes de sa condition. On a un rapport de domination dans le libertinage qui fait défaut au romantisme. Vous trouverez ci-après les citations et les références scéniques pour vous permettre de les comprendre avant de les choisir pour la dissertation. Tableau Acte I confrontation entre deux discours Romantisme : salon (scène 2) libertinage : une place (scène 4) une salle (scène 5) Perdican jeunesse : “ Mon fils a eu hier matin, à midi huit minutes, vingt et un ans comptés” (scène 2) éducation : “ il est docteur à quatre boules blanches”. (scène 2) sensibilité : -timidité : “ les voilà qui se tournent le dos.” (scène 2) - nostalgie de l’enfance : “pas un battement de cœur pour notre enfance, pour tout ce pauvre temps passé, si bon, si doux, si plein de niaiseries délicieuses ?” (scène 3) “le monde mystérieux des rêves de mon enfance” (scène 4) - goût pour la nature : “ Je trouve qu’elle sent bon, voilà tout.” (tournesol) (scène 2)/dans un cadre bucolique “la prairie” “la ferme” (scène 3) communion avec la nature : “ces arbres et ces prairies enseignent à haute voix la plus belle de toutes, l’oubli de ce qu’on sait.” (scène 5) -égalité entre les êtres : “Va-t’en vite mettre ta robe neuve, et viens souper au château.” (scène 5) apparence de Camille : à la beauté du corps “ Comme te voilà métamorphosée en femme ! Je suis donc un homme, moi ?” (scène 2) - : “ Comme te voilà grande, Camille ! ( scène 1) corps de Rosette : “ main” et les joues” (scène 5) i négalité sociale : évocation inconsciente des rapports issus de la féodalité Perican/Rosette “monseigneur”/”petite( scène 5) Bridaine : “Il tient sous le bras une jeune paysanne.” (scène 5) Le baron : “ mon fils séduit toutes les filles du village en faisant des ricochets.” (scène 5) Camille jeunesse : “ Ma nièce est depuis hier, à sept heures de nuit, parvenue à l’âge de dix-huit ans “ (scène 2) éducation : “ elle sort du meilleur couvent de France.” (scène 2) sensibilité exacerbée : -pudeur : “ L’amitié ni l’amour ne doivent recevoir que ce qu’ils peuvent rendre” (scène 2) - froideur du corps : “ les voilà qui se tournent le dos.” (scène 2) “je dis que les souvenirs d’enfance ne sont pas de mon goût” (scène 3) Rosette jeunesse : “la soeur de lait” (scène 5) sensibilité : exaltation des origines simples : ici paysanne : fille de nourrice (scène 5) simplicité du cœur allant avec le langage du corps : elle accepte de donner la “main”à Perdican (scène 5) repère suivant : Acte II
- "On ne badine pas avec l'amour" : acte 2
Bac : dans cet acte II, on retrouve les éléments du romantisme vus précédemment. Ce qui surprend, c’est l’importance du discours libertin utilisé par Perdican, mais aussi par Camille dans une surenchère : on est dans un jeu de séduction. "On ne badine pas avec l'amour" : acte 2 Examinons ensemble l’acte II en cherchant la confrontation des discours amoureux, romantisme vs libertinage. Lieux Il est intéressant de croiser les lieux avec la catégorie de langage. Il s’avère que le romantisme a pour cadre des scènes extérieures, ce qui est conforme à la représentation de ce courant valorisant la nature. Par opposition, le libertinage a pour localisation l’intérieur d’un lieu. Nous voyons ici que Musset brouille les cartes puisque le même cadre voit passer les deux types de discours comme on peut le voir à la scène 3 située “au champ” et la scène 5 sise à la fontaine dans un bois. Entrons dans le détail de l’acte. Romantisme Nous avions souligné trois marqueurs romantiques dans l’article précédent (jeunesse/éducation/sensibilité). Dans "On ne badine pas avec l'amour" : acte 2, nous allons conserver la sensibilité à laquelle nous ajouterons d’autres comme la sincérité, l’exaltation de l’amour. a) sensibilité : l’acte II se situe dans la quasi totalité dans la nature (jardin, champ, bois) et c’est un lieu propice à l’envolée lyrique pour Perdican “j’ aurais voulu m’asseoir avec toi sous les marronniers du petit bois” (scène 2). À la scène 4, cet être ultra sensible pleure comme le relève Rosette. Chez Camille, la sensibilité du romantisme prend la forme d’un refus marquant une désunion intérieure. Elle refuse tout contact corporel : ”je n’aime pas les attouchements “ (scène 1). Ce rejet du corps va de pair avec la variation des dispositions d’esprit. “Je suis d’humeur changeante “ (scène 5). Sa sensibilité l’empêche de dire les choses. Elle reste dans le secret : “Je suis obligée de partir.”/“C’est mon secret.”(scène 1). Les scènes défilent et à la dernière de l’acte, elle se livre enfin. Sa confidence à Perdican la dépeint non comme une héroïne froide et distante, mais comme un être de feu. L'examen attentif de ses paroles montre sa compassion, littéralement cum-passere en latin ( soit avec-souffrir ) : elle est réceptive à des émotions. Ces dernières ne sont pas positives, car elles ne sont pas liées à une joie communicative, mais au contraire à des passions tristes : ici le chagrin d’autrui. Cependant, il ne s’agit pas pour elle d’éprouver un amour du genre humain, on a vu le mépris qu’elle entretient à l’endroit de Rosette notamment lorsqu’elle ne court pas la revoir à l’acte I et lorsqu’elle la qualifie de “fille de rien” à l’acte 3. Non, elle n’a vraiment de la compassion que pour une seule personne : sa voisine de chambre, Louise. Musset insiste longuement sur cette empathie : “ses malheurs ; ils sont presque devenus les miens ;” / “c’était moi que je voyais agir tandis qu’elle parlait. Quand elle disait : Là, j’ai été heureuse, mon cœur bondissait ; et quand elle ajoutait : Là, j’ai pleuré, mes larmes coulaient.” (scène 5). On assiste à une confusion entre les sentiments vécus par l’une et ressentis par l’imagination par l’autre. Camille ressent les émotions par procuration. Elle est dotée d’une sensibilité exacerbée, poussée à l’excès en ce qui concerne le corps, l’esprit et son rapport à autrui. Qu’est-ce qui la conduit à ressentir les choses si vivement ? La peur. Camille a développé une sensibilité à fleur de peau, car elle craint le monde, son chaos qu’elle perçoit non de sa propre perception, mais du seul discours de Louise. L’amour humain l’angoisse avec son lot de trahisons et d'abandons : sa vision de l’amour est déformée par une fatalité comme chez tous les romantiques. Chez Rosette, on trouve cette sensibilité pure et innocente. Elle est ajustée au réel à la différence de Camille. Son empathie à l’égard de Perdican est juste : “ Comme vous paraissez triste ce matin !” (scène 3). Cette sensibilité va de pair avec la sincérité des mots. b) sincérité : cette sincérité apparaît à l’acte II. C’est un critère du romantisme. Le héros se veut authentique, rejetant l’insincérité du monde avec ses compromissions. Son discours se veut vrai, il ne l’est pas forcément. C’est un idéal. Chez Perdican, cette sincérité le rend vulnérable et le fait passer pour un incompris : “Les paysans de ton village se souviennent de m’avoir aimé ; les chiens de la basse-cour et les arbres du bois s’en souviennent aussi ; mais Camille ne s’en souvient pas” (scène 3). Dans le même temps, il croit à ses propres mensonges : “ne sommes-nous pas le frère et la sœur ?” (scène 1). Enfin, Perdican est un être lucide : avec sincérité, il détecte les changements de discours de Camille : “ Il y a de la franchise dans ta démarche” (scène 1). Sa lucidité sert également de fondement à sa critique de l’attitude de sa cousine (acte 5) : il perçoit toutes les illusions qu’elle livre dans sa relation avec Louise. Chez Camille, la sincérité transparaît de deux manières à l’égard de son cousin et à son égard. Il lui faut percer l’armure en Perdican pour pouvoir se livrer en confiance : Elle le juge positivement : “vous n'êtes point un libertin” /“vous ne vous seriez pas livré à un caprice” (scène 5). En outre, elle dit : “je crois que votre coeur a de la probité” (scène 5). C’est dans ces conditions que sa sincérité lui permettra de lui révéler sa confidence au sujet de Louise comme on l’a vu. Elle fait de son point de vue excès de sincérité : “J’ai eu tort de parler ; j’ai ma vie entière sur les lèvres. “ (scène 5). Cet aveu de sincérité est aussitôt regretté en raison de la crainte que le monde et autrui lui inspirent. c) l’exaltation de l’amour C’est un marqueur important du romantisme cette quête de l’amour. Perdican ne se considère pas comme un libertin avec cet aveu négatif : “ma foi je ne m’en souviens pas” (scène 5). La fidélité demeure un idéal pour lui : “je crois qu’il y a des hommes capables de n’aimer qu’une fois” (scène 5). Personnellement, il se situe non sur le terrain de la fidélité, mais sous l’empire de l’amour avec son célèbre hymne : “mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.” (scène 5) Le héros romantique revendique le fait d’aimer, de vivre une passion brûlante. Chez Camille, on trouve deux sortes d’amour et une conséquence de cette exaltation. Sa vision du monde est fondée sur le récit de Louise. Elle vit par procuration : “une vie imaginaire ; cela a duré quatre ans “ (scène 5). Perdican a bien compris l’illusion dans laquelle est plongée sa cousine : “Elles ont vécu, n’est-ce pas ? et elles t’ont montré avec horreur la route de leur vie “ (Perdican, scène 5). Cela disqualifie l’amour physique qu’elle rejette avec passion comme on le voit avec l’opposition : “ vierges et pleines d’espérances” /”vieilles et désolées ”(scène 5). Elle avoue même les motifs de son aversion sans détour : “Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir. Je veux aimer d’un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas” (scène 5). C’est la souffrance causée par l’amour que la jeune fille fuit en réalité. Et plus particulièrement l’abandon qui la pousse dans les bras de la religion : “je vais prendre le voile.” (scène 5). Mais cette manière de parler de sa foi la discrédite. “ Voilà mon amant. Elle montre son crucifix.” (scène 5). Camille emploie, en effet, des mots d’amour, “amant”, ce qui paradoxalement humanise Dieu, tout en montrant un objet divin, un crucifix. Cela suggère qu’elle n’éprouve pas de vocation authentique ; celle-ci n’est qu’un simple refuge, une manière étanche de vivre bien loin des hommes. On assiste à une exaltation du sentiment amoureux humain/divin loin de toute forme de raison. Voyons maintenant les aspects du libertinage dans cet acte. Libertinage Ils sont plus nombreux que les éléments propres au romantisme. Par ailleurs, ils ne sont plus en germe comme dans l’acte I et plus seulement à l’initiative de Perdican : on est dans le jeu de séduction. a) Perdican On retrouve le rôle de l’apparence physique importante pour le libertin qui se flatte d’aimer sans être amoureux. Avec Rosette, il reprend son attitude de maître en adoptant la posture de flatteur : “quel mal y trouves-tu ?”/“Ne suis-je pas ton frère comme le sien ?” (scène 3)/ “Que tu es jolie, mon enfant !” (scène 3). Avec Camille, il choisit le vocabulaire libertin : “y-a t-il une intrigue ?” (scène 5). Il adopte une attitude pleine de force, voire menaçante : “prends garde à toi.” (scène 5). Il recourt, en outre, dans son expression à des provocations. Il lui dispense d’abord des conseils immoraux liés à l’amour : “de prendre un amant (scène 5)/ “Tu en prendras un autre.” (scène 5). Il la provoque par ailleurs sur le terrain de la religion si décriée par les libertins : “En voilà un ; je ne crois pas à la vie immortelle.” (scène 5). Il se déclare athée alors qu’à l’acte III, il s’élancera dans une prière. Il s’emploie à dénigrer la vocation des religieuses : “Elles qui te représentent l’amour des hommes comme un mensonge, savent-elles qu’il y a pis encore, le mensonge de l’amour divin ?” /“le ciel n’est pas pour elles.” (scène 5). C’est alors qu’il se livre à une déclaration du libertin qui constitue la première partie de l'hymne romantique à l’amour : “Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ;” (scène 5). La surprise du libertinage vient de Camille. b) Camille La jeune fille change en effet d’attitude, elle passe de la froideur à l’affection. Elle adopte un plan. Pourquoi ? Parce qu’ elle est jalouse depuis qu’elle a surpris le duo Perdican/Rosette : “ Ce matin, en me promenant avec Rosette, j’ai entendu remuer dans les broussailles, il m’a semblé que c’était un pas de biche.” (Perdican, scène 5). Elle va à son tour adopter un langage libertin. On peut noter des marqueurs du libertinage. Elle recourt tout d’abord à l’envoi d’une lettre , procédé très courant dans cet univers : «Trouvez-vous à midi à la petite fontaine. » (scène 5). Elle a conscience du caractère libertin du message puisqu’elle se défend auprès de sa gouvernante : "Ne dois-je pas être sa femme ? je puis bien écrire à mon fiancé.” (scène 1). Furieuse que son ordre ne soit pas exécuté, la douce Camille se met en colère : "Allez-y ! Trouvez-le ! Faites ce qu’on vous dit ! Vous êtes une sotte ! Je le veux ! Et elle frappait avec son éventail sur le coude de dame Pluche, qui faisait un soubresaut dans la luzerne à chaque exclamation.” (scène 4). Pour l’exécution de son plan, elle est prête à tout et notamment à engager son corps : “Je vous ai refusé un baiser, le voilà. “ (scène 5)/”une froide statue”. Sur la forme, elle flatte Perdican en recueillant ses conseils : “Je suis bien aise de vous consulter.” (scène 5) Sur le fond, elle discourt faussement sur l’amour libre au conditionnel : “Croyez-vous que ces femmes-là auraient mieux fait de prendre un amant et de me conseiller d’en faire autant ? (scène 5)/“Que me conseilleriez-vous de faire le jour où je verrais que vous ne m’aimez plus ?” (scène 5) avant de lui demander de trancher cette question terriblement personnelle : “savoir si j’ai tort ou raison de me faire religieuse.” (scène 5). Ce qui frappe le plus dans cet entretien très long, c’est la connaissance précise par Camille du monde libertin. Elle connaît ce qui s’y passe et comment le discours libertin est utilisé. Elle en adopte tous les codes : aborde l’éducation des hommes aux plaisirs : “Vous faites votre métier de jeune homme,” (scène 5)/”vos maîtresses,” (Scène 5). Elle a conscience des moments de jouissance : “Il me semble que vous devez cordialement mépriser les femmes qui vous prennent tel que vous êtes, et qui chassent leur dernier amant pour vous attirer dans leurs bras avec les baisers d’un autre sur les lèvres. “ (scène 5). Elle reprend sans rougir la conception de l’amour par les libertins, la femme-objet. On note également la métaphore libertine entre la femme et les voyages, soit une relation libre sans attaches , et la femme représentée comme de l’argent qui circule. On voit donc la hardiesse des propos dans la bouche d’une jeune fille tout juste sortie du couvent : “ Est-ce donc une monnaie que votre amour, pour qu’il puisse passer ainsi de mains en mains jusqu’à la mort ? “ (scène 5). Elle utilise une autre métaphore alliant les cheveux et les bijoux : “mais ils (cheveux) ne se changeront pas en bagues et en chaînes pour courir les boudoirs” (scène 5). Cela cache sa fausse vocation : “ la froide nonne qui coupera mes cheveux, pâlira peut-être de sa mutilation “/“je ne veux qu’un coup de ciseau, et quand le prêtre qui me bénira me mettra au doigt l’anneau d’or de mon époux céleste, la mèche de cheveux que je lui donnerai, pourra lui servir de manteau.” (scène 5) On a ainsi les éléments prouvant qu’il ne s’agit pas d’un entretien franc, mais d'une pure mise à l’épreuve toute libertine. Les questions n’ont pas d’autres objets que de susciter, par jeu, chez Perdican un aveu d’amour. Pour l’obtenir, elle provoque l’aveu en elle : “en vérité, je vous ai aimé, Perdican” (scène 5). On note l’emploi du passé composé, temps du passé. Elle attend en retour une déclaration conforme. c) Rosette On notera chez elle la finesse de son jugement critiquant l’attitude libertine de Perdican qui la compromet : “ Croyez-vous que cela me fasse du bien, tous ces baisers que vous me donnez ? (scène 3) Vous trouverez ci-après le tableau récapitulatif. Acte II confrontation entre deux discours/lieux Romantisme conversations : au jardin (scène 1) au champ (scène 3) à la fontaine dans un bois (scène 5) libertinage: au champ (scène 3) à la fontaine dans un bois (scène 5) Perdican sensibilité : - à la nature : “j’aurais voulu m’asseoir avec toi sous les marronniers du petit bois et causer de bonne amitié une heure ou deux.” (scène 2) Perdican pleure (scène 4) sincérité : Perdican “ Il y a de la franchise dans ta démarche” (scène 1) a)amitié, fraternité : à Camille : “ne sommes-nous pas le frère et la sœur ?”(scène 1) b) être incompris : “Les paysans de ton village se souviennent de m’avoir aimé ; les chiens de la basse-cour et les arbres du bois s’en souviennent aussi ; mais Camille ne s’en souvient pas.” (scène 3) exaltation de l’amour : -sincérité sur le non libertinage : “ ma foi je ne m’en souviens pas” (scène 5) “je crois qu’il y a des hommes capables de n’aimer qu’une fois” (scène 5) - déclaration à l’amour : “mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.” (scène 5) apparence : rôle de la beauté ”tu es jolie comme un coeur” (scène 1) - au corps : “ touche là et soyons bons amis.”/ “Donne-moi ta main, Camille, je t’en prie.”/ “voilà ta main et voilà la mienne”(scène 1) Séduction de Rosette: jeux :vanité masculine ” Quel mal y trouves-tu ?”/“Ne suis-je pas ton frère comme le sien ?” (scène 3)/“Que tu es jolie, mon enfant !” (scène 3) - langage libertin de Perdican : a) interrogation à lui-même “y-a t-il une intrigue ?” (scène 5) b) menace envers Camille : “Tu es une orgueilleuse ; prends garde à toi.” (scène 5) c) provocations sur -son impiété : “En voilà un ; je ne crois pas à la vie immortelle.” (scène 5) -en dénigrant la religion : (fausse vocation) : “Elles qui te représentent l’amour des hommes comme un mensonge, savent-elles qu’il y a pis encore, le mensonge de l’amour divin ?” /“le ciel n’est pas pour elles.”(scène 5) d)conseils immoraux : à Camille : “de prendre un amant (scène 5)/ “Tu en prendras un autre.” (scène 5) e) déclaration du libertin : “Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ;” (scène 5) Camille sensibilité exacerbée : peur -refus du corps : ”je n’aime pas les attouchements “(scène 1) -instabilité de l’esprit : “Je suis d’humeur changeante “ (scène 5) -compassion fusionnelle avec Louise : “ses malheurs ; ils sont presque devenus les miens ;” (scène 5) “c’était moi que je voyais agir tandis qu’elle parlait. Quand elle disait : Là, j’ai été heureuse, mon cœur bondissait ; et quand elle ajoutait : Là, j’ai pleuré, mes larmes coulaient.” (scène 5) - motivation confuse : secrète :“Je suis obligée de partir.”/ “C’est mon secret.” (scène 1) sincérité : -jugement positif sur Perdican : “vous n'êtes point un libertin” /“vous ne vous seriez pas livré à un caprice” (scène 5) “je crois que votre coeur a de la probité” (scène 5) - Confidence, récit intime de Louise : trio amoureux malheureux : “Son mari l’a trompée ; elle a aimé un autre homme, et elle se meurt de désespoir.’ (scène 5) -sur elle-même : “J’ai eu tort de parler ; j’ai ma vie entière sur les lèvres. “ (scène 5) exaltation de l’amour amour charnel impossible : peur - statut des jeunes filles “ vierges et pleines d’espérances” /”vieilles et désolées.”(scène 5) -“Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir. je veux aimer d’un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas” (scène 5) - vous ne croyez pas qu’on puisse mourir d’amour”(scène 5) amour de Dieu (religion) : “Voilà mon amant. Elle montre son crucifix.” (scène 5) fuite de la réalité de l’amour : peur a) refus du monde : “Vous ne savez pas la raison pour laquelle je pars, et je viens vous la dire : je vais prendre le voile.” (scène 5) b)vision par procuration : “une vie imaginaire ; cela a duré quatre ans “ (scène 5) “Qu’est-ce donc que le monde ?” (scène 5) “Elles ont vécu, n’est-ce pas ? et elles t’ont montré avec horreur la route de leur vie “ (Perdican, scène 5) plan B : orgueil a) cause : Camille jalouse depuis qu’elle a surpris Perdican/Rosette “ Ce matin, en me promenant avec Rosette, j’ai entendu remuer dans les broussailles, il m’a semblé que c’était un pas de biche.” (scène 5) b)langage libertin de Camille (scène 5) 1)l ettre secrete à Perdican : faux aveu à Dame Pluche: “ Ne dois-je pas être sa femme ? je puis bien écrire à mon fiancé.” (scène 1)/ contenu de la lettre à Perdican : «Trouvez-vous à midi à la petite fontaine. » (scène 5) 2)colère de Camille : (Blazius) : “mais elle s’écriait avec force : Allez-y ! Trouvez-le ! Faites ce qu’on vous dit ! Vous êtes une sotte ! Je le veux ! Et elle frappait avec son éventail sur le coude de dame Pluche, qui faisait un soubresaut dans la luzerne à chaque exclamation.” (scène 4) 3)faux engagement du corps : baiser de Camille : “Je vous ai refusé un baiser, le voilà. “ (scène 5)/”une froide statue” “Que me “conseilleriez-vous de faire le jour où je verrais que vous ne m’aimez plus ?” (scène 5) 4)recherche d’aveu d’amour : -forme : “Je suis bien aise de vous consulter./ “Veux-tu te faire mon confesseur ?” ( Perdican, scène 5) -mise à l'épreuve : savoir si j’ai tort ou raison de me faire religieuse.” scène 5) / “Croyez-vous que ces femmes-là auraient mieux fait de prendre un amant et de me conseiller d’en faire autant ? (scène 5) exaltation de l’amour : provocation - aveu d’amour au passé : “en vérité, je vous ai aimé, Perdican” (scène 5) 5) connaissance du monde libertin : a)-critique de l’éducation aux plaisirs : “Vous faites votre métier de jeune homme,”(scène 5)/”vos maîtresses,” (Scène 5) b)jouissance : “Il me semble que vous devez cordialement mépriser les femmes qui vous prennent tel que vous êtes, et qui chassent leur dernier amant pour vous attirer dans leurs bras avec les baisers d’un autre sur les lèvres. “ (scène 5)/ c)femme - objet “voyage” et “ Est-ce donc une monnaie que votre amour, pour qu’il puisse passer ainsi de mains en mains jusqu’à la mort ? “ (scène 5) “mais ils (cheveux) ne se changeront pas en bagues et en chaînes pour courir les boudoirs” (scène 5) 6) impiété : -blasphèmes : “Si le curé de votre paroisse soufflait sur un verre d’eau, et vous disait que c’est un verre de vin, le boiriez-vous comme tel ?” / “Si le curé de votre paroisse soufflait sur vous, et me disait que vous m’aimerez toute votre vie, aurais-je raison de le croire ?”(scène 5) - fausse vocation : “ la froide nonne qui coupera mes cheveux, pâlira peut-être de sa mutilation “/“je ne veux qu’un coup de ciseau, et quand le prêtre qui me bénira me mettra au doigt l’anneau d’or de mon époux céleste, la mèche de cheveux que je lui donnerai, pourra lui servir de manteau.” (scène 5) Rosette sensibilité : empathie à l’égard de Perdican: “ Comme vous paraissez triste ce matin !” (scène 3) critique de l’attitude compromettante de Perdican : “ Croyez-vous que cela me fasse du bien, tous ces baisers que vous me donnez ? (scène 3) article à suivre : Acte III
- "On ne badine pas avec l'amour" : acte 3
Bac : dans cet acte III, nous assistons au dénouement de la pièce offrant une contraction de l’action libertine qui domine avant que le drame n’impose son aspect parfaitement romantique. "On ne badine pas avec l'amour" : acte 3 Dans "On ne badine pas avec l'amour" : acte 3, nous verrons l’issue de la confrontation du discours entre romantisme et libertinage. Nous allons examiner l’importance de la contraction de l’action libertine qui domine avant de constater la conclusion du drame sous son aspect romantique. Libertinage L’effet de surprise réside dans la révélation du caractère libertin de Camille comme on peut le comprendre avec la deuxième lettre qui entre comme la première dans une stratégie libertine. Il s’agit de la missive adressée à Louise pour la tenir informée du plan initial en cours de conclusion (plan A) : “tout est arrivé comme je l’avais prévu. Ce pauvre jeune homme a le poignard dans le cœur ; il ne se consolera pas de m’avoir perdue.” (scène 2). L’interception de cette lettre par Perdican entraîne ce dernier dans une vengeance prenant la forme d’un jeu cruel de séduction. Il cherche à susciter la jalousie de sa cousine en choisissant Rosette comme victime. Il se met à emprunter les codes libertins et écrit à son tour : “Oui, tu sauras que j’en aime une autre avant de partir d’ici.” (scène 2) : il s’agit de la 3e lettre de la pièce : “qu’on envoie un valet porter à Mlle. Camille le billet que voici. (Il écrit.) (scène 2). Le plan est simple pour Perdican (plan C) qui use de sa position de maître : “Je veux faire la cour à Rosette devant Camille elle-même.” (scène 2). Il use de son autorité, il la presse pour que la mise en scène soit parfaite : elle repose sur une didascalie : à haute voix, de manière que Camille l’entende. (scène 3). Le jeu va loin puisqu’il aboutit à une offre de mariage non négociable avec l’impératif et le futur ayant valeur de projet ferme : “lève-toi, tu seras ma femme” (scène 3). Que cherche au fond Perdican ? La même chose que Camille à son égard : l’aveu d’amour : “qu’avez-vous à me dire ? Vous m’avez fait rappeler pour me parler ?” (scène 7) De part et d’autre, on trouve l’utilisation du mensonge, le caractère libertin allant de pair avec l’art de la tromperie : “je ne mens jamais.” (scène 5), “oui je l’épouserai” (scène 5). Chez Camille, le mensonge est tout azimut : à Rosette : “Non, je ne t’ai pas vue. “ et à Perdican : “je suis fâchée de n’avoir pu me rendre au rendez-vous que vous m’avez demandé “/ (scène 5). Son plus grand mensonge consiste à dire : “Je ne vous aime pas, moi ; “ (scène 5) La vengeance de l’un entraîne celle de l’autre : on est dans la surenchère, mais celle de Camille est la plus cruelle avec Rosette dont elle abuse là encore de son autorité comme l’indique l’usage de l’impératif ayant une valeur d’ordre : “rentre derrière ce rideau,”. Elle a un bref scrupule qu’elle balaie : ” Moi qui croyais faire un acte de vengeance, ferais-je un acte d’humanité ?” (scène 5). La vengeance est menée de main de maître par la jeune fille : “Vous dites que vous m’aimez, et vous ne mentez jamais ?” (scène 6). “Si vous ne mentez jamais, d’où vient donc qu’elle s’est évanouie en vous entendant me dire que vous m’aimez ? (scène 6). Camille frappe fort : “Tu as voulu te venger de moi, n’est-ce pas, et me punir d’une lettre écrite à mon couvent ? tu as voulu me lancer à tout prix quelque trait qui pût m’atteindre, et tu comptais pour rien que ta flèche empoisonnée traversât cette enfant, pourvu qu’elle me frappât derrière elle. “(scène 6) On notera que ces jeux de séduction reposent sur une caractéristique libertine, l’insensibilité à l’amour. Le discours n’est pas vraiment ressenti, il n’est qu’intellectuel. Il repose sur l’art du langage libertin, celui de parler avec ambiguïté. C’est le sens de : “J’aime la discussion ; je ne suis pas bien sûre de ne pas avoir eu envie de me quereller encore avec vous.” (scène 6). Notons la double négation ayant valeur de litote. Le langage occupe une part essentielle dans la séduction libertine : elle occupe toute la place avec des formules complexes. : “savez-vous si elles changent réellement de pensée en changeant quelquefois de langage ? “/ “vous voyez que je suis franche “/ “ êtes-vous sûr que tout mente dans une femme, lorsque sa langue ment ?/(scène 6). Le langage joue aussi la fonction de caprice : “Je voudrais qu’on me fît la cour” et de défi : “vous n’avez plus au doigt la bague que je vous ai donnée.” (scène 6) / “apprends-le de moi, tu m’aimes, entends-tu ; mais tu épouseras cette fille, ou tu n’es qu’un lâche !” (scène 6) La dernière fonction du langage libertin est celle de révéler l ’ironie : “Je suis curieuse de danser à vos noces !/”persiflage “ / “Allez-vous chez votre épousée ?”(scène 7) C’est le moment de constater les accents romantiques dans ce même acte. Romantisme Chez Perdican, on retrouve l’ exaltation de la nature : “mais tu sais ce que disent ces bois et ces prairies, ces tièdes rivières, ces beaux champs couverts de moissons, toute cette nature splendide de jeunesse. Tu reconnais tous ces milliers de frères, et moi pour l’un d’entre eux ;” (scène 3). Par ailleurs, la confusion des sentiments revient également : “Je voudrais bien savoir si je suis amoureux." (scène 1). Le jeu se fait cruel pour lui : “Parle, coquette et imprudente fille, pourquoi pars-tu ? pourquoi restes-tu ? Pourquoi, d’une heure à l’autre, changes-tu d’apparence et de couleur, comme la pierre de cette bague à chaque rayon de soleil ?” (scène 5). Camille le trouble : “Je ne sais ce que j’éprouve ; il me semble que mes mains sont couvertes de sang." (scène 8) Chez Camille, on retrouve aussi cette confusion : “Que se passe-t-il donc en moi ?” (scène 7)/“je ne puis plus prier ! (scène 8) La sincérité est encore de mise pour nos deux héros romantiques : Camille formule comme un cri du cœur une critique de la société et du sort des femmes : ”Avez-vous bien réfléchi à la nature de cet être faible et violent, à la rigueur avec laquelle on le juge, aux principes qu’on lui impose ?” (scène 5). Elle dévoile aussi le jeu de Perdican prenant corps dans le projet de mariage avec Rosette : elle s’en offusque auprès de lui : “Combien de temps durera cette plaisanterie ?” (scène 7) avant de signifier la mauvaise plaisanterie jouée à la paysanne : “Tu es une bonne fille, Rosette ; garde ce collier, c’est moi qui te le donne, et mon cousin prendra le mien à la place. Quant à un mari, n’en sois pas embarrassée, je me charge de t’en trouver un.” (scène 7). La dernière scène voit chez nos deux héros une prise de conscience de leur amour réciproque, la sincérité réside entre eux. Lorsque Camille dit : “j’ai cru parler sincèrement “ (à Dieu, scène 8), Perdican lui répond en écho : “Orgueil, le plus fatal des conseillers humains, qu’es-tu venu faire entre cette fille et moi ?” (scène 8). On assiste au moment décisif où Perdican critique le libertinage : “Lequel de nous a voulu tromper l’autre ? “(scène 8). Le champ lexical du jeu est exprimé : “et nous, comme des enfants gâtés que nous sommes, nous en avons fait un jouet. / (scène 8). “ nous avons joué avec la vie et la mort “ (scène 8). C’est le moment de la prise de conscience des artifices de séduction employés par le duo Camille/Perdican : c’est le choix de la vérité de l’instant, de la révélation de l’amour : pour Camille, cet amour pour Perdican est la preuve de sa fausse vocation religieuse : “Ce Dieu qui nous regarde ne s’en offensera pas ; il veut bien que je t’aime ; il y a quinze ans qu’il le sait.” (scène 8). Chez Perdican, même constat : “Il a bien fallu que la vanité, le bavardage et la colère vinssent jeter leurs rochers informes sur cette route céleste, qui nous aurait conduits à toi dans un baiser ! Il a bien fallu que nous nous fissions du mal, car nous sommes des hommes. Ô insensés !” (scène 8). La sincérité romanesque l’emporte sur le mensonge du libertinage. On retrouve enfin comme critère romantique l’exaltation de l’amour ainsi que nous l’avions vu précédemment. Perdican s’interroge : “Quelle honte peut-il y avoir à aimer ?” (scène 2), et aussi sous son aspect idéalisé : “Écoute ! le vent se tait ; la pluie du matin roule en perles sur les feuilles séchées que le soleil ranime. Par la lumière du ciel, par le soleil que voilà, je t’aime !” (à Rosette, scène 2). Il se laisse emporter par ses émotions avec cette métaphore bucolique : “et nous prendrons racine ensemble dans la sève du monde tout-puissant.” (scène 2). Il faut attendre la scène 5 pour que l’aveu d’amour tant attendu émane de Perdican : “ La voilà ; c’est toi qui me la mets au doigt ! “ (scène 5). On sent la sensibilité à fleur de peau : le discours est bref, il est vrai : “Je t’aime Camille, voilà tout ce que je sais.” ( scène 5). On est dans l’union des coeurs et des corps et dans un silence : le duo, sûr de lui, s’est apaisé : “Insensés que nous sommes ! nous nous aimons.” (scène 8) (Il la prend dans ses bras.) (scène 8). La possession de l’autre est envisagée : “Chère créature, tu es à moi ! (Il l’embrasse)” (scène 8). Même écho du côté de Camille : “Oui, nous nous aimons, Perdican ; laisse-moi le sentir sur ton cœur. “ (scène 8) Mais c’est la première fois dans cette pièce que la notion d ’amour impossible est mentionnée : “Hélas ! cette vie est elle-même un si pénible rêve ! Pourquoi encore y mêler les nôtres ? Ô mon Dieu ! le bonheur est une perle si rare dans cet océan d’ici-bas !” (scène 8) Ce désespoir très romantique conduit Perdican à être critique à l’égard de la religion à la scène 3 : “ces pâles statues fabriquées par les nonnes, qui ont la tête à la place du cœur, “ à formuler une prière : “Je vous en supplie, mon Dieu ! ne faites pas de moi un meurtrier !” (scène 8). Seule Camille prend conscience de l’étendue du désastre : “Elle est morte. Adieu, Perdican !” (scène 8). C’est pour elle l’occasion de choisir la retraite hors du monde avec pour corollaire le refus de l’amour humain exprimé à la scène 7 : “Non, non. — Ô Seigneur Dieu !” Camille évolue en ce qui concerne son rapport au corps : elle s’examine lorsqu’elle commerce à admettre son amour pour Perdican : “il me semble que la tête me tourne./Je n’en puis plus, mes pieds refusent de ne soutenir.” (scène 7). “Pourquoi suis-je si faible ?” (scène 8). D’ailleurs ce point est noté par son cousin : “vous voilà pâle” ( scène 7) “La voilà pâle et effrayée,” (Perdican, scène 8) Vous trouverez ci-après le tableau récapitulatif : Acte III confrontation entre deux discours/lieux Romantisme en chemin (scène 2) le petit bois (scène 3) libertinage en chemin (scène 2) le petit bois (scène 3) chambre de Camille (scène 6) un oratoire (scène 8) Perdican - exaltation de la nature : “mais tu sais ce que disent ces bois et ces prairies, ces tièdes rivières, ces beaux champs couverts de moissons, toute cette nature splendide de jeunesse. Tu reconnais tous ces milliers de frères, et moi pour l’un d’entre eux ;” (scène 3) - confusion des sentiments : “ Je voudrais bien savoir si je suis amoureux.(scène 1) “Parle, coquette et imprudente fille, pourquoi pars-tu ? pourquoi restes-tu ? Pourquoi, d’une heure à l’autre, changes-tu d’apparence et de couleur, comme la pierre de cette bague à chaque rayon de soleil ?” (scène 5) “Je ne sais ce que j’éprouve ; il me semble que mes mains sont couvertes de sang.(scène 8) -exaltation de l’amour a) aspect naturel :“Quelle honte peut-il y avoir à aimer ?” (scène 2) b) aspect lyrique: “Écoute ! le vent se tait ; la pluie du matin roule en perles sur les feuilles séchées que le soleil ranime. Par la lumière du ciel, par le soleil que voilà, je t’aime !” (à Rosette, scène 2) “et nous prendrons racine ensemble dans la sève du monde tout-puissant.” (scène 2) c)aveu d’amour : “ La voilà ; c’est toi qui me la mets au doigt ! “ (scène 5) “Je t’aime Camille, voilà tout ce que je sais.” ( scène 5) d)la paix des corps et des âmes, le silence : :“Insensés que nous sommes ! nous nous aimons.” (scène 8) (Il la prend dans ses bras.) (scène 8) “Chère créature, tu es à moi ! (Il l’embrasse ;” (scène 8) e) amour impossible : “Hélas ! cette vie est elle-même un si pénible rêve ! pourquoi encore y mêler les nôtres ? Ô mon Dieu ! le bonheur est une perle si rare dans cet océan d’ici-bas !” (scène 8) f) désespoir : i nvocation de la religion a)critique : “ces pâles statues fabriquées par les nonnes, qui ont la tête à la place du cœur, “ (scène 3) b)prière de Perdican : “Je vous en supplie, mon Dieu ! ne faites pas de moi un meurtrier !” (scène 8) -soupçon : “billet doux” (2e lettre, Blazius, scène 2) “en qualité de fiancé de Camille, je m'arroge le droit de la lire” (scène 2) -vengeance : plan C a) susciter la jalousie “ Oui, tu sauras que j’en aime une autre avant de partir d’ici.” (scène 2) b)rôle de la correspondance : 3e lettre : “qu’on envoie un valet porter à Mlle. Camille le billet que voici. (Il écrit.) (scène 2) c) jeu : “Je veux faire la cour à Rosette devant Camille elle-même.” (scène 2) c) rôle du temps : “dépêche-toi”(à Rosette, scène 2) d) mise en scène : didascalie : à haute voix, de manière que Camille l’entende. (scène 3) e) promesse de mariage: “lève-toi, tu seras ma femme” (scène 3) “lui promettant de l’épouser” (Bridaine, scène 5) f) jeux de séduction mensonges : à Camille : “Voilà, sur ma vie, un petit mensonge assez gros, pour un agneau sans tache ; je l’ai vue derrière un arbre écouter la conversation. “ “ Je l’ai perdue.” (la bague scène 5)/ “je ne mens jamais.” (scène 5) défi “Le plus tôt possible ; j’ai déjà parlé au notaire, au curé, et à tous les paysans.” (scène 7)/ “Soyez-en donc fâchée ; quant à moi, cela m’est bien égal.” (scène 7) “je trouve plaisant qu’on dise que je ne t’aime pas quand je t’épouse. Pardieu ! nous les ferons bien taire. (Il sort avec Rosette.)” (scène 7) plaisirs : “Le plaisir des disputes, c’est de faire la paix.”(scène 5) “Oui, je l’épouserai.” (scène 5) impiété : ironie : “Et ils me donneront en échange le royaume des cieux, car il est à eux.” (scène 7)/ “Bien peu de temps ; Dieu n’a pas fait de l’homme une œuvre de durée : trente ou quarante ans, tout au plus.” (scène 7) recherche de l’aveu : “qu’avez-vous à me dire ? Vous m’avez fait rappeler pour me parler ?” (scène 7) absence de valeur de l’amour : “Je lui trouverai un mari, je réparerai ma faute, elle est jeune, elle sera heureuse “(scène 8) Camille fuite de la réalité : a)choix de la retraite “Hélas ! ma chère, que pouvais-je y faire ? Priez pour moi ; nous nous reverrons demain et pour toujours.”(scène 2) b) refus du monde : refus de l’amour : “Non, non. — Ô Seigneur Dieu !” (scène 7) “Adieu, Perdican !” (scène 8) b)refus du corps : peur du corps “Cependant j’ai fait tout au monde pour le dégoûter de moi.”(scène 2) “il me semble que la tête me tourne./Je n’en puis plus, mes pieds refusent de ne soutenir.” (scène 7) “vous voilà pâle” (Perdican, scène 7) “Pourquoi suis-je si faible ?” (scène 8) “La voilà pâle et effrayée,” (Perdica, scène 8) Critique de la société et du sort des femmes :”Avez-vous bien réfléchi à la nature de cet être faible et violent, à la rigueur avec laquelle on le juge, aux principes qu’on lui impose ?” (scène 5) Sincérité : a) dévoilement du jeu“Combien de temps durera cette plaisanterie ?” (scène 7) b) remise en ordre : “Tu es une bonne fille, Rosette ; garde ce collier, c’est moi qui te le donne, et mon cousin prendra le mien à la place. Quant à un mari, n’en sois pas embarrassée, je me charge de t’en trouver un.” (scène 7) c) prise de conscience :“j’ai cru parler sincèrement “ (à Dieu, scène 8) “hélas ! tout cela est cruel.” (scène 8) d)reconnaissance de la fausse vocation : “Ce Dieu qui nous regarde ne s’en offensera pas ; il veut bien que je t’aime ; il y a quinze ans qu’il le sait.” (scène 8) confusion des sentiments “Que se passe-t-il donc en moi ?”/ (scène 7) “je ne puis plus prier ! (scène 8) aveu d’amour : paix “Oui, nous nous aimons, Perdican ; laisse-moi le sentir sur ton cœur. “ (scène 8) amour impossible : “Elle est morte. Adieu, Perdican !” (scène 8) - rôle de la correspondance : révélation des intentions cachées (2e lettre à Louise) existence d’un plan A : “ tout est arrivé comme je l’avais prévu. “ (scène 2) “ce pauvre jeune homme a le poignard dans le cœur ; il ne se consolera pas de m’avoir perdue./ “Cela était convenu entre les bonnes amies avant de partir du couvent. On a décidé que Camille allait revoir son cousin, qu’on le lui voudrait faire épouser, qu’elle refuserait, et que le cousin serait désolé. (Perdican,scène 2) - j alousie de Camille : ”Il la fait asseoir près de lui ?/”Il a jeté ma bague dans l’eau.” (scène 3) “Perdican ne t’épousera pas, mon enfant.” (scène 5) “Faites-le appeler, et dites-lui nettement que ce mariage vous déplaît. Croyez-moi, c’est une folie, et il ne résistera pas. (scène 7 au baron) - colère et blasphème de Camille “Allez au diable, vous et votre âne ; je ne partirai pas aujourd’hui.” / “Seigneur Jésus ! Camille a juré ! (Pluche)(scène 4) - mensonge de Camille à Rosette : “Non, je ne t’ai pas vue. “/ “je suis fâchée de n’avoir pu me rendre au rendez-vous que vous m’avez demandé “/ (scène 5) “Je ne vous aime pas, moi ; “ (scène 5) vengeance de Camille : “rentre derrière ce rideau,”/” Moi qui croyais faire un acte de vengeance, ferais-je un acte d’humanité ?” (scène 5) “Vous dites que vous m’aimez, et vous ne mentez jamais ?” (scène 6) “Si vous ne mentez jamais, d’où vient donc qu’elle s’est évanouie en vous entendant me dire que vous m’aimez ? (scène 6) “Tu as voulu te venger de moi, n’est-ce pas, et me punir d’une lettre écrite à mon couvent ? tu as voulu me lancer à tout prix quelque trait qui pût m’atteindre, et tu comptais pour rien que ta flèche empoisonnée traversât cette enfant, pourvu qu’elle me frappât derrière elle. “(scène 6) jeux de séduction : insensibilité à l’amour : discours intellectuel, rapporté a)langage“J’aime la discussion ; je ne suis pas bien sûre de ne pas avoir eu envie de me quereller encore avec vous.” / “Je voudrais qu’on me fît la cour”/ “savez-vous si elles changent réellement de pensée en changeant quelquefois de langage ? “/ “vous voyez que je suis franche “/ “ êtes-vous sûr que tout mente dans une femme, lorsque sa langue ment ?/(scène 6) b) défi “vous n’avez plus au doigt la bague que je vous ai donnée.” (scène 6) “apprends-le de moi, tu m’aimes, entends-tu ; mais tu épouseras cette fille, ou tu n’es qu’un lâche !” (scène 6) c) ironie : “Je suis curieuse de danser à vos noces !/”persiflage “ / “Allez-vous chez votre épousée ?”(scène 7) Rosette innocence : “ Hélas ! monsieur le docteur, je vous aimerai comme je pourrai.” (scène 3) “Comment n’y croirais-je pas ? il me tromperait donc ? Pour quoi faire ?” (scène 5) “Permettez-moi de vous rendre le collier que vous m’avez donné, et de vivre en paix chez ma mère.” (scène 7) “ on entend un grand cri derrière l’autel.) (scène 8) - Rosette, instrumentalisée par Perdican: “maintenant à l’autre” (Perdican, scène 2) Rosette, instrumentalisée par Camille : “ il ne t’épousera pas, et la preuve, je vais te la donner ;” (scène (5) -faux aveux : “ Je t’aime, Rosette !” (scène 3 vrai cadeau : “ (Il lui pose sa chaîne sur le cou.)/”Il jette sa bague dans l’eau.) (scène 3) -inégalité de Rosette “Sais-tu ce que c’est que l’amour, Rosette ?” / “tu ne sais rien ;” (scène 3) -victime du libertin : “ Hélas ! la pauvre fille ne sait pas quel danger elle court en écoutant les discours d’un jeune et galant seigneur. (Choeur, scène 3) “Rosette paraît dans le fond, évanouie sur une chaise.). Que répondrez-vous à cette enfant, Perdican, lorsqu’elle vous demandera compte de vos paroles ? “ (scène 6) article à suivre : la crise du langage dans "On ne badine pas avec l'amour"











