"L’Ensorcelée" (Barbey d'Aurevilly)
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Bac : Entraînons-nous au commentaire avec l'extrait du premier chapitre de "L’Ensorcelée" (Barbey d'Aurevilly) : analyse, plan et problématique. Mettons en application, si vous le voulez bien, la to-do list du commentaire composé qui vous guidera pas à pas.

"L’Ensorcelée" (Barbey d'Aurevilly)
Suivez les consignes pour être cadré durant la phase d'analyse du texte qui ne doit pas dépasser 1H30 : durant cette période, vous devrez avoir abouti à un plan structuré et à une solide problématique. Voici les étapes à respecter :
Mettre d’abord le plan type CIIGARE sur son brouillon, en laissant beaucoup de place dans le tableau pour le compléter au fur et à mesure (rappel : 4 colonnes X 2 ) :
Titre I | Titre II |
I.A Cadre spatio-temporel
| II.A genre : originalité |
I.B impressions
| II.B Argumentation de l’auteur |
I.C Les sens
| II.C Registres du texte |
Bien lire le paratexte (texte introduisant le texte) en soulignant les mots clefs pour éviter les contresens et regardez la date de l’œuvre qui donne des indications sur le courant littéraire (siècle)
Jules BARBEY D’AUREVILLY, L’Ensorcelée, extrait du chapitre 1, 1854 : roman écrit donc au milieu du XIXe siècle qui est le siècle du roman.
Ce texte évoque la lande normande de Lessay, paysage désertique dans lequel se déroule le récit.
on note ainsi les deux mots clés importants qui vous permettent de bien comprendre le texte.
3. Coloriez selon le code couleurs avec la méthode des 6 GROSSES CLEFS en pensant aux cases faciles du plan type : 1A et 1C et 2C. Attention : on ne fait pas un catalogue, on souligne l'étonnant, ce qui n’est pas normal=original, ce qui change.
Rappel : s’agit de colorier le texte sous six angles à l'aide du moyen mnémotechnique suivant :
6 GROSSES CLEFS
Gr : grammaire C : Conjugaison
OS : oppositions le : champ lexical
SE : les 5 sens FS : figures de style
Analyse et Synthèse :
Nous allons colorier le texte puis faire une synthèse à insérer dans le plan CIIGARE.
Objet d’étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Vous commenterez le texte suivant : Jules BARBEY D’AUREVILLY, L’Ensorcelée, extrait du chapitre 1, 1854
Ce texte évoque la lande normande de Lessay, paysage désertique dans lequel se déroule le récit.
Placé entre la Haie-du-Puits et Coutances, ce désert normand, où l’on ne rencontrait ni arbres, ni maisons, ni haies, ni traces d’homme ou de bêtes que celles du passant ou du troupeau du matin dans la poussière, s’il faisait sec, ou dans l’argile détrempée du sentier, s’il avait plu, déployait une grandeur de solitude et de tristesse désolée qu’il n’était pas facile d’oublier. La lande, disait-on, avait sept lieues1 de tour. Ce qui est certain, c’est que, pour la traverser en droite ligne, il fallait à un homme à cheval et bien monté2 plus d’une couple d’heures. Dans l’opinion de tout le pays, c’était un passage redoutable. Quand de Saint-Sauveur-le-Vicomte, cette bourgade jolie comme un village d’Écosse et qui a vu Du Guesclin3 défendre son donjon contre les Anglais, ou du littoral de la presqu’île, on avait affaire à Coutances et que, pour arriver plus vite, on voulait prendre la traverse, car la route départementale et les voitures publiques n’étaient pas de ce côté, on s’associait plusieurs pour passer la terrible lande ; et c’était si bien en usage qu’on citait longtemps comme des téméraires, dans les paroisses, les hommes, en très petit nombre, il est vrai, qui avaient passé seuls à Lessay de nuit ou de jour.
On parlait vaguement d’assassinats qui s’y étaient commis à d’autres époques. Et vraiment, un tel lieu prêtait à de telles traditions. Il aurait été difficile de choisir une place plus commode pour détrousser un voyageur ou pour dépêcher4 un ennemi. L’étendue, devant et autour de soi, était si considérable et si claire qu’on pouvait découvrir de très loin, pour les éviter ou les fuir, les personnes qui auraient pu venir au secours des gens attaqués par les bandits de ces parages, et, dans la nuit, un si vaste silence aurait dévoré tous les cris qu’on aurait poussés dans son sein. Mais ce n’était pas tout.
Si l’on en croyait les récits des charretiers qui s’y attardaient, la lande de Lessay était le théâtre des plus singulières apparitions. Dans le langage du pays, il y revenait. Pour ces populations musculaires, braves et prudentes, qui s’arment de précautions et de courage contre un danger tangible5 et certain, c’était là le côté véritablement sinistre et menaçant de la lande, car l’imagination continuera d’être, d’ici longtemps, la plus puissante réalité qu’il y ait dans la vie des hommes. Aussi cela seul, bien plus que l’idée d’une attaque nocturne, faisait trembler le pied de frêne6 dans la main du plus vigoureux gaillard qui se hasardait à passer Lessay à la tombée.
Jules BARBEY D’AUREVILLY, L’Ensorcelée, extrait du chapitre 1, 1854
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1 Une lieue : unité de longueur valant 4 kilomètres.
2 Un homme à cheval et bien monté : qui voyage en montant un bon cheval.
3 Du Guesclin : célèbre guerrier du XIVe siècle.
4 Dépêcher : en finir avec quelqu’un en le tuant.
5 Tangible : perceptible.
6 Pied de frêne : bâton de bois utilisé pour assommer ou tuer quelqu’un.
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Synthèse : c'est le moment de résumer vos observations à partir des 6 grosses clefs :
Grammaire : description d’un lieu : la lande de Lassay (sujet) - Plan : 3 paragraphes : gradation dans la description :
- Omniprésence de la topographie : précision géographique : Haie-du-Puits et Coutances/ Saint-Sauveur-le-Vicomte/ littoral de la presqu’île, (CCL ) sept lieues de tour, très loin, ici : direction - Omniprésence de la temporalité (CCT :) : prépondérance de la nuit (soir) : moment de danger/ matin, couples d’heures, (histoire) longtemps, d’autres époques, qui a vu Du Guesclin, superlatif "plus vite", - foisonnement des détails : CCM/cod /attribut /épithète : cheval, seul/plusieurs, plus vite, en droite ligne/ la traverse/adv vraiment, /véritablement, en très petit nombre, Superlatif la plus puissante, plus vite, plus commode - lenteur de la description : essentiellement des phrases complexes pour une description précise, exhaustive, minutieuse, afin de donner une ambiance parfaitement effrayante : variétés des propositions : · Subordonnées relatives (lieux et hommes) · Subordonnées conjonctives complétives : "c’est que"/"qu’on citait" · Subordonnées conjonctives circonstancielles (temps, cause : car la route départementale et les voitures publiques n’étaient pas de ce côté · Subordonnées interrogatives indirectes (paragraphes 1, 3): "s’il faisait sec/s’il avait plu" : tous les cas de figure envisagés · Propositions juxtaposées et coordonnées (paragraphe 1) · Prop infinitives : but (paragraphes 1,2) Point de vue : omniscient a) Tournure impersonnelle : "on" (pronoms impersonnels répétés) / "il est vrai/cela seul/il aurait été difficile, ce n’était pas tout/ ce qui est certain, c’est que s’il avait plu, disait-on" : b) Récit basé sur le langage, l’oralité, les traditions locales : souci de la véracité du discours avec la reprise des tournures d’expression : "Dans le langage du pays, il y revenait". Dans l’opinion de tout le pays, usage, on citait" c) Sens de la focalisation : de l’opinion générale (pensée) au langage (expression) "Ici" : distance entre le narrateur omniscient et les gens du pays : Incise disait-on, d) Analyse des croyances populaires, des symboles attachées à la terre hostile : de la géographie à "l’ethnologie" avec les connecteurs logiques : "mais, aussi" -Jugement de valeur positif: "il est vrai," /"Et vraiment, un tel lieu prêtait à de telles traditions" et : "populations musculaires, braves et prudentes, qui s’arment de précautions et de courage"/ -jugement critique : " c’était là le côté véritablement sinistre et menaçant de la lande, Aussi cela seul, (…) faisait trembler le pied de frêne". Mystère : « il y revenait » : non nommé, style indirect libre. "Mais ce n’était pas tout" : critique.
| Conjugaison : 3 modes : richesse Mode indicatif : 3 temps passé/présent/futur =cycle de la vie (immuable dans cette contrée) imparfait/PQP (passé et valeur descriptive) il y revenait : valeur d’habitude du malin (superstition): l’ “esprit malin” (diable ?) présent : il est vrai : incise au présent, “ qui s’arment” : vérité générale futur : l’imagination continuera : prédiction vérité immuable mode conditionnel (2) : hypothèse d’un secours “aurait été” mode subjonctif (3) : réflexion ‘la plus puissante réalité qu’il y ait dans la vie des hommes”
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Oppositions : Entre les lieux Saint-Sauveur-le-Vicomte/Coutances, littoral et lande, devant et autour de soi, Entre pays : Ecosse/Anglais Entre personnes : gens attaqués/bandits-un seul/plusieurs, fuir/éviter, populations braves et prudentes, précautions et de courage Imagination/réalité Narrateur/gens du pays (populations musculaires,)
| Champs lexicaux :
campagne (1) et le danger (2) |
Sens : 4 sens tous négatifs : sentiment d'immensité effrayante Vue : contrée isolée que l’on mesure par le regard qui se perd à l’horizon (vue dégagée : découvrir de très loin,) (nuit car on ne voit rien et le jour) : solitude et danger danger : sens inutile (personne pour d-secourir) Toucher : vol et mort (règlement de compte) : danger : sens inutile (personne pour secourir) Ouïe : silence /cris : peur : cris perdus : sens inutile Goût : dévoré : sens négatif
| Figures de style : Boite 1 : Comparaisons : comme un village d’Écosse/ comme des téméraires Métaphores : désert normand/ populations musculaires, La crainte efface toute force avec le pied de frêne(solide) Personnification : de la terre « une grandeur de solitude et de tristesse désolée”
Boite 3 : Gradations : désert/passage/théâtre : gradation avec une focalisation plus précise "musculaires, braves et prudentes" : du corps à la tête du factuel au légendaire (récits, autres époques,usage), de l’opinion à la parole Gradation dans la peur : "il y revient" : peur non nommée qui est supérieure à la réalité du danger des hommes Accumulations : ni arbres, ni maisons, ni haies, ni traces d’homme ou de bêtes : lyrisme : plaine vide/ allitérations en s et z, t : “s’il faisait sec, ou dans l’argile détrempée du sentier, s’il avait plu, déployait une grandeur de solitude et de tristesse désolée qu’il n’était pas facile d’oublier” : malaise “Ce qui est certain, c’est que” : son s et q : danger (pathétique) En p/d/t une place plus commode pour détrousser un voyageur ou pour dépêcher4 un ennemi : mort (tragique) répétitions : ou/pour/ s’il/ c’était : lyrisme redondances : bien monté : insistance /"tangible et certain"/ "sinistre et menaçant" : caractère frustre des Normands
boite 4 : litote : vaguement : tant l’évocation fait peur //"qu’il n’était pas facile d’oublier." euphémisme : les récits des charretiers qui s’y attardaient, //la lande de Lessay était le théâtre des plus singulières apparitions : ésotérisme "l’imagination continuera d’être, d’ici longtemps, la plus puissante réalité" : satire La superstition contre la raison.
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Plan et problématique
5. Avec les éléments de la synthèse, remplissez les sous-parties du tableau CIIGARE en recherchant d'abord les cases "faciles": exemple : 1A/1C :
1A la lande de Lassay : description lente et minutieuse :CCM/cod /attribut /épithète : cheval, seul/plusieurs, plus vite, en droite ligne/ la traverse/adv vraiment, /véritablement, en très petit nombre, commode omniprésence de topographies : précision géographique : Haie-du-Puits et Coutances/ Saint-Sauveur-le-Vicomte/ littoral de la presqu’île, sept lieues de tour, très loin, ici : direction comme un village d’Écosse (focalisation plus large) omniprésence de la temporalité : prépondérance de la nuit (soir) : moment de danger/ matin, couples d’heures, Histoire: longtemps, d’autres époques, qui a vu Du Guesclin imparfait/PQP (passé et valeur descriptive)
| 2A.
- Points de vue : omniscient Tournure impersonnelle pour embrasser la nature et les hommes dans une même compréhension surplombante. -pronoms impersonnels on répétés -"il est vrai/cela seul/il aurait été difficile, ce n’était pas tout/ ce qui est certain, c’est que s’il avait plu, disait-on" "Ici" : opposition au narrateur qui n’est pas du pays : distance entre lui et les Normands décrits
- description romantique :
-Sens de la focalisation : de l’opinion au langage : gradation : désert/passage/théâtre : gradation du large au particulier récit basé sur le langage, l’oralité, les traditions locales : souci de la véracité du discours avec la reprise des tournures d’expression : Dans le langage du pays, il y revenait. Dans l’opinion de tout le pays, usage, on citait Sens inverse : du factuel au légendaire (récits, autres époques, usage), romantisme dans la lenteur de la description, précise pour donner une ambiance effrayante : variétés des propositions :
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1B. Champ lexical : campagne (1) et le danger (2) Entre pays : Ecosse/Anglais Entre personnes : gens attaqués/bandits-un seul/plusieurs, fuir/éviter
| 2B Analyse des croyances populaires : de la géographie à "l’ethnologie" avec les connecteurs logiques : "mais, aussi" Incise "disait-on,"/il est vrai, -Jugement de valeur positif : "Et vraiment, un tel lieu prêtait à de telles traditions" "populations musculaires, braves et prudentes, qui s’arment de précautions et de courage)/ -jugement critique : mystère, fausse croyance, superstition "c’était là le côté véritablement sinistre et menaçant de la lande, Aussi cela seul, (…) faisait trembler le pied de frêne" Superstition « il y revenait » : "il" non nommé, au style indirect libre (pour entendre le langage normand) qui à l'imparfait a une valeur d’habitude de l’ “esprit malin” (diable ?), mystère, fausse croyance Mode indicatif : 3 temps passé/présent/futur = cycle de la vie (immuable faite de peur et de croyances populaires) mode subjonctif (3) : réflexion ‘la plus puissante réalité qu’il y ait dans la vie des hommes” : prendre sa peur pour la réalité (critique)
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1C Sens : 4 sens tous négatifs : sentiment effrayant Vue : contrée isolée que l’on mesure par le regard qui se perd à l’horizon (vue dégagée : découvrir de très loin,) (nuit car on ne voit rien et le jour) : solitude et danger danger : sens inutile (personne pour secourir) Toucher : vol et mort (règlement de compte) : danger : sens inutile (personne pour secourir) Ouïe : silence /cris : peur : cris perdus : sens inutile Goût : dévoré : sens négatif mode conditionnel (2) : hypothèse d’un secours “aurait été” qui ne vient jamais
| 2C. Registre lyrique : allitération en s et z, t : “s’il faisait sec, ou dans l’argile détrempée du sentier, s’il avait plu, déployait une grandeur de solitude et de tristesse désolée qu’il n’était pas facile d’oublier” : malaise répétitions : ou/pour/ s’il/ c’était : lyrisme redondances : bien monté : insistance tangible5 et certain/ sinistre et menaçant : caractère frustre des Normands registre pathétique : “Ce qui est certain, c’est que” : son s et q : danger registre tragique : En p/d/t une place plus commode pour détrousser un voyageur ou pour dépêcher4 un ennemi : mort
registre satirique : gradation : musculaires, braves et prudentes : du corps à la tête La crainte efface toute force avec métaphore "le pied de frêne" (solide) litote : vaguement : tant l’évocation fait peur //(qu’il n’était pas facile d’oublier.) euphémisme : critique de la superstition (3) : "les récits des charretiers qui s’y attardaient," //"la lande de Lessay était le théâtre des plus singulières apparitions" : l’imagination continuera d’être, d’ici longtemps, la plus puissante réalité : La supersition, fausse croyance contre la raison. Gradation dans la peur : il y revient : peur non nommée qui est supérieur à la réalité du danger des hommes
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6. Donnez ensuite des titres à vos sous-parties :
1A. Une étendue désolée | 2A. Une focalisation omnisciente |
1B. Une terre de tous les dangers | 2B. une crainte superstitieuse |
1C. Des sensations néfastes | 2C. des registres variés |
7. Donnez enfin des titres à vos grandes parties :
I. Une contrée hostile | II. l'évocation des croyances populaires |
1A. Une étendue désolée | 2A. Une focalisation omnisciente |
1B. Une terre de tous les dangers | 2B. une crainte superstitieuse |
1C. Des sensations néfastes | 2C. des registres variés |
Possibilité de faire le plan CIIGARE en trois parties :
I. Une contrée hostile | II. Une vision en surplomb | III. Une analyse des croyances populaires |
1A. Une étendue désolée | 2A. Des sensations néfastes | 3A. une crainte superstitieuse |
1B. Une terre de tous les dangers | 2B. Une focalisation omnisciente | 3B. des registres variés |
8. Recherche de la problématique : vous reprenez vos deux axes qui constituent une réponse et vous vous posez la question correspondante.
I. Une contrée hostile | II. Une analyse des croyances populaires |
Cela donne plusieurs possibilités :
Quel rôle l’auteur a-t-il entendu faire jouer au paysage?
Comment la description d’un lieu entre-t-elle dans une stratégie narrative chez Barbey d’Aurevilly ?
Comment Barbey d’Aurevilly entend-il donner de l'importance à l'espace et au temps ?



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