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Sens et portée de la “Comédie humaine”

  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 heures

Découvrez le sens de l'association des termes "la Comédie humaine" et la portée morale de cette somme monumentale : comment Balzac dépeint-il les vices de la société ?


Affiche de La Comédie humaine d’Honoré de Balzac : portrait d’une jeune femme en chapeau noir et plume blanche, fond beige.

 

Retrouvez le Hors-série consacré à l'œuvre de Balzac :


Sens et portée de la “Comédie humaine”


Il convient de comprendre ce que Balzac a voulu signifier avec le titre de cette somme monumentale. Puis nous resterons sur les intentions de l'auteur au regard cette fois de l'aspect moral ou non de la Comédie humaine.


1.   Le sens


Le titre La Comédie humaine donne immédiatement à l’œuvre de Balzac une ambition immense. Examinons ensemble ces deux termes, si vous le voulez bien.

 

1.1 “Comédie”

Le mot "comédie" ne doit pas être compris seulement au sens d’une œuvre comique : il désigne surtout une représentation du monde social, comme sur une scène où chacun joue un rôle.

 

Les personnages balzaciens avancent masqués par leurs intérêts, leurs désirs ou leurs ambitions sociales ; ils se débattent dans un univers dominé par l’argent, la réussite et les rapports de force.

 

1.2. “humaine”

L’adjectif " humaine" élargit encore cette ambition.

Balzac ne veut pas raconter quelques histoires isolées, mais saisir l’homme dans toutes ses dimensions : ses passions, ses vertus, ses vices, ses contradictions et son appartenance à un milieu.

 

Dans son Avant-propos, il présente son projet comme une étude des "espèces sociales " : de même que le naturaliste classe les espèces animales, le romancier observe les différents types humains produits par la société.

 

Le titre peut aussi se lire comme un écho à la Divine Comédie de Dante.

Mais là où Dante décrit un ordre religieux et métaphysique, Balzac descend dans le monde moderne et observe les réalités humaines concrètes : Paris, la province, la famille, la bourgeoisie, la noblesse, le commerce, la justice ou encore la politique.

 

La grandeur de son œuvre vient donc de ce passage du divin à l’humain : Balzac remplace l’au-delà par la société de son temps.

 

Ainsi, le sens de La Comédie humaine repose sur une double idée : représenter la société comme un vaste théâtre et proposer une véritable histoire des mœurs.

 

Balzac devient le témoin de la société française du XIXe siècle.


Son œuvre cherche à montrer comment les individus sont façonnés par leur milieu, mais aussi comment leurs passions transforment ou détruisent leur destinée.


Voyons ensuite la portée de l’œuvre.

 

  1. La portée morale de la Comédie humaine


Dans La Comédie humaine, Balzac ne se contente pas de raconter des destinées individuelles : il observe, analyse et juge toute une société.

 

À travers ses personnages, leurs ambitions, leurs passions et leurs compromis, il met en lumière les forces qui gouvernent le monde moderne, en particulier l’argent, le pouvoir et le désir de réussite.

 

Dès lors, la question se pose : l’œuvre de Balzac doit-elle être lue comme une simple peinture réaliste des mœurs ou comme une véritable réflexion morale sur l’homme et la société ?


2.1. La peinture lucide d'une société corrompue

Balzac ne cherche pas à idéaliser le monde. Au contraire, il montre la société de la Restauration et de la Monarchie de Juillet telle qu'elle est : dominée par l'argent, l'ambition féroce et l'égoïsme.


L'une des figures centrales de cette réflexion morale est le personnage de Vautrin (notamment dans Le Père Goriot).

Dans sa célèbre leçon à Rastignac, Vautrin explique que la réussite sociale demande de " se salir les mains " et compare la vie à une cuisine qui pue. Pour lui, la morale traditionnelle n'est qu'une hypocrisie collective.


2.2 Balzac est-il un auteur immoral ou un moraliste ?

Certains critiques de l'époque ont accusé Balzac d'immoralité parce qu'il dépeignait le vice avec beaucoup de complaisance et montrait souvent le triomphe des malhonnêtes (comme Rastignac qui finit par accepter les règles du jeu social, ou l'ambition dévorante de Lucien de Rubempré).


La moralité de Balzac ne réside pas dans une fin heureuse où les bons sont récompensés et les méchants punis, mais dans la vérité du constat.


En montrant les ravages des passions (l'avarice de Grandet, l'amour paternel destructeur de Goriot), Balzac expose les mécanismes de la déchéance humaine.


2.3. Les deux piliers moraux de Balzac : Le Trône et l'Autel

Pour Balzac, une société ne peut survivre sans freins. C'est pourquoi, dans son Avant-propos, il affirme écrire "à la lueur de deux vérités éternelles : la Religion, la Monarchie ".


La religion et le pouvoir politique fort sont, selon lui, les seules institutions capables de canaliser l'énergie destructrice des passions humaines et l'individualisme féroce né de la Révolution française.


Conclusion


Sens et portée de la “Comédie humaine” : la portée morale de La Comédie humaine n'est pas naïve. C'est une morale d'observation.


Balzac n'accuse pas un groupe en particulier (les riches ou les pauvres), il constate que l'homme est imparfait et que, sans repères moraux ou religieux, le tissu social se dissout au profit de la loi du plus fort.


Dans l'article suivant, nous verrons la structure de la Comédie humaine.

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