Le Nouveau Monde chez Montaigne
- 9 juil.
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Dernière mise à jour : 10 juil.
Découvrez le contexte historique des grandes découvertes : Christophe Colomb, les conquistadors, le Nouveau Monde et leur influence sur "les Essais" de Montaigne.

Découvrez le dossier consacré à Montaigne :
Le Nouveau Monde chez Montaigne
Après avoir présenté les Essais, il convient de préciser le contexte historique des grandes découvertes que l'on retrouve chez Montaigne.
Découvrons ensemble la nature et la portée des grandes explorations :
La situation avant 1492 ;
Les grandes découvertes à partir de 1492,
La découverte du Nouveau Monde.

La situation avant 1492
L’Asie est connue depuis les ambassades franciscaines et les voyages de Marco Polo au XIIIe siècle.
Les Portugais, pionniers, lancent chaque année des expéditions sur les côtes africaines.
L’Afrique noire, quant à elle, est occupée par les musulmans tandis que des commerçants européens se sont installés sur le pourtour méditerranéen.
Terre-Neuve, découverte par les Vikings au Xe siècle, est depuis visitée par les pêcheurs bretons.
Les grandes découvertes
L’époque dite des Temps modernes débute en 1492, à la suite du voyage de Christophe Colomb.
Précisons que la route orientale de la Méditerranée est coupée ou rendue moins aisée depuis la chute de Constantinople en 1453 devant l’arrivée des Turcs.
Il a donc fallu trouver une autre voie.
Quels ont été les principaux motifs qui ont conduit à la conquête de nouvelles terres ?
Les mobiles économiques,
Le mobile religieux,
le rôle de Christophe Colomb.
Mobiles économiques
Deux raisons économiques expliquent ces expéditions :
Les nouveaux métaux,
Les épices.
Il s’agit d’abord de trouver de nouveaux métaux que les mines d’Europe ne peuvent plus fournir face à la demande. Le XVe siècle, particulièrement meurtrier en raison des différents conflits armés — guerres de Religion, guerre de Cent Ans, etc. —, s’achève avec le désir d’assouvir une soif de luxe et d’or.
Cependant, la reconstruction de l’Europe ne se fait pas à crédit : les lettres de change ne suffisent pas à remplacer l’or et l’argent, monnaies dans lesquelles on a pleinement confiance.
Les Européens cherchent donc d’autres terres, notamment la route de l’or que les Portugais tentent de tracer en Afrique.
Christophe Colomb est lui aussi motivé par le gain à plus d’un titre, car il est de surcroît intéressé financièrement à titre personnel en sa qualité de "vice-roi de toutes les terres qu’il découvrira".
Les épices jouent aussi un rôle majeur : poivre, clou de girofle ou noix de muscade servent à masquer le goût des viandes mal conservées et sont réputés pour leurs vertus médicinales.
Pour échapper au quasi-monopole des Italiens et pour s’approvisionner directement, les Espagnols et les Portugais décident de tracer une route vers l’Inde, le pays des épices.
À côté de ce mobile économique coexiste, sans contradiction, des mobiles religieux.
Mobiles religieux
Les Espagnols et les Portugais conservent un esprit de croisade. Ils cherchent à convertir les infidèles au catholicisme. Ils entendent faire un parallèle entre les nouvelles terres et les nouvelles âmes.
Christophe Colomb
Le Génois entend passer par l’ouest pour trouver les Indes. Il propose sa route aux Portugais qui la refusent puisqu’ils n’ont en tête que l’or d’Afrique. Christophe Colomb offre alors ses services aux Espagnols. La reine Isabelle de Castille peut étendre son empire enfin reconstitué en Espagne au-delà des mers. On est en 1492.
Christophe Colomb commet une erreur et se croit en Asie et plus précisément aux Indes. En fait, il ne sait pas qu’il vient de découvrir un nouveau continent : il vient d’aborder les îles des Bahamas. L’explorateur ouvre une voie maritime d’importance.
Isabelle la Catholique demande au pape Alexandre VI d’édicter la bulle Inter Caetera (littéralement : entre autres choses) du 4 mai 1493, aux termes de laquelle toutes les terres ou îles découvertes ou à découvrir au-delà du méridien situé à 100 lieues à l’ouest des Açores sont considérées comme espagnoles.
Cette distance sera repoussée en faveur des Portugais par le traité de Tordesillas du 7 juin 1494.
Trois autres expéditions de Colomb s’échelonneront entre 1493 et 1504.
Source :
L’Europe et le monde, François Lebrun, Armand Colin
La découverte du Nouveau Monde
Les grandes explorations ouvrent une nouvelle étape : l’exploitation des terres du Nouveau Monde par l’Europe.
Ce nouveau continent est au cœur des deux chapitres des Essais de Montaigne, Des Cannibales et des Coches.
Mais qu’entend-on par Nouveau Monde ? Il vous est proposé de découvrir la carte de ces voyages.

Nouveau Monde
C’est en 1507 que Martin Waldseemüller emploie le terme de Nouveau Monde dans une cosmographie, invalidant ainsi la croyance selon laquelle Colomb serait arrivé aux Indes.
Waldseemüller choisit de désigner ce continent du nom du Florentin Amerigo Vespucci, dont l’expédition sur les côtes a lieu de 1499 à 1500.
Conquistadors
La conquête de l’Amérique, menée par les conquistadors espagnols ou portugais, prend trois orientations :
Une terre nouvelle à peupler ;
Une terre nouvelle à convertir ;
Une terre nouvelle à exploiter.
En Amérique du Sud, cette opération s’effectue en trois étapes.
La conquête débute des Antilles à Cuba.
Puis ce sera le Mexique avec Cortés.
Enfin les pays des Andes avec Pizarro.
Les Occidentaux se trouvent alors face à de grandes civilisations précolombiennes, dites archaïques, parce qu’elles ne connaissent pas certains procédés technologiques comme la roue, la métallurgie ou encore l’écriture.
Elles possèdent toutefois des croyances religieuses établies ainsi qu’une organisation économique et politique solide.
Mexique
L’Espagnol Hernán Cortés aborde le rivage du Mexique le 10 février 1519 avec sa troupe de 500 hommes, quelques chevaux et une poignée de canons. Il se trouve face à un empire aztèque, une ethnie venue du nord, fortement peuplé : Tenochtitlan, sa capitale, compte en effet plus de 500 000 habitants, soit un nombre sans égal en Europe.
C’est un empire puissant, quoique récent, dominé par une société hiérarchisée, des prêtres aux esclaves, en passant par des soldats bien entraînés. Son économie repose sur le maïs, le coton, le tabac, le cacao, l’or, l’argent et le cuivre. Sa religion polythéiste le pousse à multiplier les conquêtes afin de fournir de nouvelles victimes sacrificielles à ses dieux.
C’est une civilisation fondée sur la violence, mais elle demeure fragile puisque les peuples asservis aspirent à leur libération. Voilà le tableau qui s’offre aux conquistadors.
Cortés applique le principe de la division de l’empire en soumettant les Tlaxcaltèques, ennemis des Aztèques, qui rejoignent les troupes espagnoles. Devant les nouveaux venus, l’empereur Moctezuma n’engage pas le combat et les conquistadors pénètrent dans la capitale sans résistance le 8 novembre 1519.
Mais les Aztèques se soulèvent et massacrent certains occupants, tandis que les survivants fuient. La déroute est cuisante. Cortés reprend la capitale le 12 août 1521 et exécute le nouvel empereur Cuauhtémoc.
Obtenant de Charles Quint le statut de capitaine général de la Nouvelle Espagne, il poursuit sa conquête du Mexique et de l’Amérique centrale.
Les Andes
Francisco Pizarro obtient de Charles Quint un autre statut, celui de capitaine général de toutes les terres qu’il découvrira. En janvier 1531, il quitte donc Panama avec 180 hommes et 60 chevaux, et se dirige vers l’empire inca.
Cet empire, appelé aussi quechua, est à son apogée. Dominé par les Incas, les fils du Soleil, et par son chef unique, Atahualpa, il repose sur un régime totalitaire fondé sur des corvées et sur une société étroitement encadrée par des fonctionnaires chargés de faire appliquer la loi.
Pizarro procède par la division, profitant de l’inimitié entre les deux héritiers de l’Inca. Il entre à Cuzco le 5 novembre 1533 : l’empire inca s’effondre.
Les Tupinambas
La France ne veut pas être en reste et organise des expéditions, notamment dans le Grand Nord avec Jacques Cartier. Elle fait preuve d’opportunisme en s’intéressant au Brésil, destination de second plan pour les Portugais. La concurrence française peut en profiter.
C’est dans ce contexte que Durand de Villegagnon rejoint la baie de Rio de 1555 à 1559. Ce dernier baptise cette terre France antarctique.
Conséquences
Le Nouveau Monde chez Montaigne : l’Europe tire ainsi profit des terres du Nouveau Monde. Dans un autre sens, la connaissance de ce continent relativise le savoir des Européens comme nous le verrons avec Montaigne.
Dans un prochain article, nous examinerons la problématique suivante : comment Montaigne en faisant preuve d’un relativisme culturel élabore-t-il une critique de l’ethnocentrisme ?
Sources :
L’Europe et le monde, François Lebrun, Armand Colin
Essais, Montaigne, notes explicatives de Bruno Roger-Vasselin, classiques Hachette


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