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Bac français 2026 : commentaire composé (Nicolas Bouvier)

  • il y a 4 jours
  • 10 min de lecture

Découvrez le plan détaillé du commentaire composé d'un récit de Nicolas Bouvier, L'usage du monde (1963), proposé au bac de français 2026 dans le centre d'Europe du nord. Une analyse claire de ce poème et ses principaux axes de lecture à découvrir.


Couverture violette de L’usage du monde de Nicolas Bouvier, avec dessin jaune d’une ville, pont et bateaux.

Bac français 2026 : commentaire composé (Nicolas Bouvier)


Exerçons-nous au commentaire composé à l'aide du texte proposé aux candidats du groupe Amérique du Nord le 8 juin dernier. 


Bac français 2026 : commentaire composé (Nicolas Bouvier) : plaçons-nous en situation d'examen en suivant méthodiquement la to-do list.


Vous êtes prêts ?


1.Mettre d’abord son plan type CIIGARE sur son brouillon, en laissant beaucoup de place dans le tableau pour le compléter au fur et à mesure (rappel : 4 colonnes X 2) :                                               

Titre I

Titre II

I.A Cadre spatio-temporel

 

II.A Genre : originalité du texte par rapport au genre littéraire considéré (théâtre//théâtre, roman//roman etc.)

I.B Intérêt évident du texte dans la littérature générale

 

II.B Argumentation de l’auteur

I.C Impressions  : les sens

 

II.C Registre(s)

  1. Bien lire le paratexte (texte introduisant le texte) en soulignant les mots clefs pour éviter les contresens et regardez la date de l’œuvre qui donne des indications sur le courant littéraire (siècle) :


À l'été 1953, Nicolas Bouvier et son ami Thierry Vernet,  âgés d'une vingtaine d'années, quittent leur Suisse natale pour se lancer, à bord d'une petite voiture, jusqu'aux confins de l'Inde.  Dans cet extrait, ils quittent la Serbie pour gagner la Macédoine.


  1. Coloriez enfin selon le code couleurs avec la méthode des  6  GROSSES CLEFS en pensant à les placer d’abord dans les cases faciles du plan type : 1A et 1C et 2C. Attention : on ne fait pas un catalogue, on souligne ce qui est étonnant, ce qui n’est pas normal=original



Assez d'argent pour vivre neuf semaines. Ce n'est qu'une petite somme mais c'est beaucoup de temps. Nous nous refusons tous les luxes sauf le plus précieux :  la lenteur. Le toit ouvert, les gaz à main (1) légèrement tirés, assis sur le dossier des fauteuils et un pied sur le volant, on chemine paisiblement à 20 kilomètres-heure à travers des paysages qui ont l'avantage de ne pas changer sans avertir ou à travers des nuits de pleine lune qui sont riches en prodiges :  lucioles,  cantonniers (2) en babouches (3), modiques bals de village sous trois peupliers, calmes rivières dont le passeur (4) n'est pas levé et le silence si parfait que le son de votre klaxon vous fait tressaillir. Puis le jour se lève et le temps ralentit. On a trop fumé, on a faim, on passe au large d'épiceries encore cadenassées en mâchant sans avaler un morceau de pain retrouvé au fond du coffre, dans les outils. Vers les huit heures, la lumière devient meurtrière et il faut ouvrir l'œil au passage des hameaux à cause de ses vieux éblouis, en bonnet de police, enclins à traverser la route d'un grand saut maladroit juste devant la voiture. Vers midi les freins, les crânes, le moteur chauffent. Si désolé (5) que soit le paysage,  il y a toujours un bouquet de saules sous lequel on peut s'endormir, les mains derrière la nuque.

  Ou une auberge. Imaginez une salle aux murs bombés, aux rideaux déchirés, fraîche comme une cave les mouches bourdonnent dans une forte odeur d'oignon. Là, la journée trouve son centre ; les coudes sur la table on fait l'inventaire, on se raconte la matinée comme si chacun l'avait vécue de son côté. L'humeur du jour qui était répartie sur les hectares de campagne se concentre dans les premières gorgées de vin, dans la nappe de papier qu'on crayonne, dans les mots qu'on prononce. Une salivation émotive accompagne l'appétit qui prouve à quel point dans la vie de voyage, les nourritures du corps et celles de l'esprit ont partie liée.  Projets et mouton grillé, café turc et souvenirs.

La fin du jour est silencieuse. On a parlé son saoul (6) en déjeunant. Porté par le chant du moteur et le défilement du paysage, le flux du voyage vous traverse, et vous éclaircit la tête. Des idées qu'on hébergeait sans raison vous quittent ;  d'autres au contraire s'ajustent et se font à vous comme les pierres au lit d’un torrent. Aucun besoin d'intervenir ;  la route travaille pour vous. On souhaiterait qu'elle s'étende ainsi en dispensant ses bons offices, non seulement jusqu'à l'extrémité de l'Inde, mais plus loin encore jusqu'à la mort. 


 Nicolas Bouvier, L'usage du monde (1963)


  1. La voiture a été bricolée pour leur permettre d'actionner la pédale d'accélérateur assis sur le dossier en prenant le soleil,

  2.  cantonnier :  ouvrier chargé de l’'entretien des routes et des chemins

  3.  Babouches :  chaussures orientales

  4. passeur :  personne qui fait traverser une rivière

  5.  désolé :  désert

  6. parler son saoul :  parle beaucoup, sans limite


  1. Faites la synthèse de votre coloriage en cherchant dans le procédé relevé les intentions de l'auteur :


Grammaire


-Plan : 3 parties :

- considérations générales de voyage jour/nuit : puis de la nuit jusqu’au matin

- le déjeuner à l’auberge

- la reprise de la route jusqu’au soir : ambiance méditative

 

-Importance des connecteurs de temps : rythmant le passage : « Puis le jour se lève et le temps ralentit”. Imprécision : “vers » répété  huit heures/midi/ des nuits de pleine lune

Matinée/après-midi/soir

 

Durée : 9 semaines/ beaucoup de temps/lenteur/paisiblement, sieste (sous lequel on peut s'endormir,)

 

Vitesse : 20 km/h

 

Connecteurs de lieu : urbain et rural : paysages, rivières //hameaux , villages, épiceries, auberge, salle (extérieur-intérieur)

Là, où

Extrémité de l’Inde/mais plus loin encore

 

journal de voyage : point de vue externe : originalité : recherche de concision : discours moins sur les personnages que sur les effets du voyage produits : effacement du moi.

cf. sujets : distance entre ce qui nous :  proximité  des voyageurs.

 et discours qui tend à toucher à l’universel avec  on, vous.  


Sujets : nous, on, vous : intimité des voyageurs qui se connaissent. Concision : moins sur les personnages que sur les effets du voyage produit.  

Compléments : nous/vous : cod

Rythme : phrases simples ou non verbales introductives pour chaque partie :”Assez d'argent pour vivre neuf semaines”/ “Ou une auberge”/ “La fin du jour est silencieuse”.


Rythme des phrases : volonté de ralentir la description, lenteur dans la description, détails foisonnants


Propositions complexes avec des prop coordonnées : “Ce

  n'est qu'une petite

  somme mais c'est

  beaucoup de temps.”/

  Puis le jour se lève et le temps ralentit. 

Prop juxtaposées : “On a trop fumé, on a faim, on

  passe au large d'épiceries”/ Aucun besoin d'intervenir ;  la

  route travaille pour vous.

Prop subordonnées relatives : 3 : "qui ont l'avantage de ne pas changer sans avertir ou à travers des

  nuits de pleine lune"/ "qui sont

  riches en prodiges"/

  "calmes rivières dont le passeur (4) n'est pas levé et le silence si

  parfait que le son “/sous lequel on peut s'endormir”

Prop subordonnée conjonctive complétive :

  On souhaiterait

  qu'elle s'étende"

 

Négation double : “ non seulement

  jusqu'à l'extrémité de l'Inde, mais

  plus loin encore la mort” : les voyageurs font corps avec le paysage : 


 

Conjugaison

Recherche de proximité avec le lecteur dans ce discours aux 4 modes :

Indicatif : indications détaillées

-Présent : valeur descriptive : fraicheur et douceur de la description, nostalgie : « La fin du jour est silencieuse.”

“on chemine paisiblement”/ “”Puis le jour se lève et le temps ralentit.

“On a trop fumé, on a faim, on passe au large d'épiceries”

-Présent de vérité générale : “l'appétit qui prouve à quel point dans la vie de voyage, les nourritures du corps et celles de l'esprit ont partie liée.”/ Aucun besoin d'intervenir ;  la

  route travaille pour vous

-Conditionnel :Hypothèse : Plus-que-parfait : comme si chacun l'avait vécue de son côté : hypothèse et conditionnel : On souhaiterait

-Subjonctif : « Si désolé (5) que soit le

  paysage,” : mode de la réflexion  

Impératif : conseil : imaginez : intimité avec le lecteur

Oppositions :

Assez d’argent/bcp temps :

Tous les luxes/le plus précieux

Nuit/jour : « paysages qui ont l'avantage de ne pas changer/des nuits”

Corps/esprit : “Projets et mouton grillé, café turc et souvenirs”.

Idées anciennes et nouvelles: “Des idées qu'on hébergeait sans raison vous quittent ;  d'autres”

 

Champs lexicaux

 

Voyage : toit, fauteuil, voiture, volant, route, paysage, les freins, 20 km heure, chemine, klaxon, moteur :   

Corps : crâne, main, pied, nuque, corps, la tête : unité du corps et de la machine

Sens : 5 sens

Toucher : « les gaz à main » : maniement de la voiture, crayonne,

Vue : description du voyage :

« prodiges”

Ouïe :  “les mouches bourdonnent “

silence, klaxon, silence final de la fin du jour

Goût : « en mâchant” le pain, “gorgée de vin”

Odorat : odeur d’oignon

 

Figures de style

Accumulations :

« Le toit ouvert, les gaz à

  main (1) légèrement tirés, assis sur le dossier des fauteuils et un pied sur le volant,”/ lucioles,  cantonniers (2) en babouches (3), modiques bals de village

  sous trois peupliers, calmes rivières

  dont le passeur (4) n'est pas levé

  et le silence/ On a trop fumé, on a faim, on passe/

“les freins, les crânes, le moteur chauffent.”/ “aux murs bombés, aux rideaux déchirés, fraîche”

 

Antithèse : "petite somme mais c'est

  beaucoup de temps".

Métaphores : lumière meurtrière : accidents de circulation, “Une salivation émotive”/“le chant du moteur”/” la route travaille pour vous.” “La mort”

Comparaisons : « comme si chacun l'avait vécue de son côté.”/” fraîche comme une cave”/” comme les pierres au lit d’un torrent.

 

répétitions : “dans la nappe/dans les mots”/ “on”/ “vous” (dernier paragraphe)


  1. Complétez son plan type vide avec le coloriage fait (6 couleurs=6 sous-parties, attention à les fractionner). Ne pas reprendre une idée déjà dite...


1A. Cadre spatio temporel

 

-Importance des connecteurs de temps : rythmant le passage : « Puis le jour se lève et le temps ralentit”.

Imprécision : “vers » répété  huit heures/midi/ des nuits de

  pleine lune

Matinée/après-midi/soir

Éloge de la lenteur : Durée : 9 semaines/ beaucoup de temps/lenteur/paisiblement, sieste (sous lequel on peut s'endormir,)

Vitesse : 20 km/h


 

Connecteurs de lieu : milieu urbain et rural : paysages, rivières //hameaux, villages, épiceries, auberge, salle “aux murs bombés, aux rideaux déchirés, fraîche (extérieur-intérieur)

« Là », « où »

Extrémité de l’Inde/mais plus loin encore

 

 

 

2A. originalité du genre

 

Plan : 3 parties :

- considérations générales de voyage jour/nuit : puis de la nuit jusqu’au matin

- le déjeuner à l’auberge

- la reprise de la route jusqu’au soir : ambiance méditative

 

journal de voyage : point de vue externe : originalité : recherche de concision :  

Rythme des phrases : volonté de ralentir la description, lenteur dans la description, détails foisonnants. Rythme : phrases simples ou non verbales introductives pour chaque partie : “Assez d'argent pour vivre neuf semaines/ Ou une auberge/ La fin du jour est silencieuse”

Propositions complexes  variées donnant une richesse illustrative : avec des prop coordonnées :” Puis le jour se lève et le temps ralentit.

Prop juxtaposées : “On a trop fumé, on a faim, on passe au large d'épiceries” 

longue proposition subordonnées relatives au rythme lent du soleil : “qui ont l'avantage de ne pas changer sans avertir ou à travers des nuits de pleine lune/ qui sont riches en prodiges/calmes rivières dont le passeur (4) n'est pas levé et le silence si parfait que le son “/”sous lequel on peut s'endormir,”Prop subordonnée conjonctive complétive : « On souhaiterait qu'elle s'étende”

Recherche d’universalité avec ce discours aux 4 modes de pensées :Indicatif : indications détaillées

-Présent : valeur descriptive : fraîcheur et douceur de la

  description, nostalgie : « La fin du jour est silencieuse.” “on chemine paisiblement”/ “On a trop fumé, on a faim, on passe au large d'épiceries” 

 -Conditionnel

  :Hypothèse : Plus-que-parfait : comme si chacun l'avait vécue de son côté : hypothèse et conditionnel : On souhaiterait

-Subjonctif : « Si désolé (5) que soit le paysage,” : mode de la réflexion  

Impératif : conseil : imaginez : intimité avec le lecteur



1B intérêt

économie du voyage :

Antithèse : « petite somme mais c'est

  beaucoup de temps”.

 

Voyage : "toit, fauteuil, voiture,, volant, route, paysage, les freins, 20 km heure, klaxon, moteur,,  chemine, sieste"

« Le toit ouvert, les gaz à

  main (1) légèrement tirés, assis sur le dossier des fauteuils et un pied sur le volant,”

 

Assez d’argent/bcp temps :

Tous les luxes/le plus précieux

Nuit/jour : « paysages qui ont l'avantage de ne pas changer/des nuits”

 

 

2B argumentation de l’auteur

 

 -discours moins sur les voyageurs que sur les effets de l’ailleurs (rapport temps et espace): admiration, nouvel art de vie et tolérance : 

admiration : “lucioles,” “calmes rivières”, “le silence si parfait” et critique de la modernité avec le “klaxon”

nouvel art de vie : “modiques bals de village sous trois peupliers,”/ “cantonniers (2) en babouches (3), 

tolérance : “dont le passeur n'est pas levé” , d'épiceries encore cadenassées”, “vieux éblouis, en bonnet de police, enclins à traverser la route “

-effacement de moi.

sujets : nous : de la  proximité  entre les voyageurs à un discours qui tend graduellement à toucher à l’universel avec  “on” : “On a trop fumé, on a faim, on passe”/

et “vous” : ” la route travaille pour vous.pétition du “vous” au dernier paragraphe.

présent de vérité générale : maximes  : “l'appétit qui prouve à quel point dans la vie de voyage, les nourritures du corps et celles de l'esprit ont partie liée.”/ Aucun besoin d'intervenir ;  la route travaille pour vous

 

Lien entre le Corps/esprit : unité : “Projets et mouton grillé”,  “café turc et souvenirs”.

 

 

1C impressions 

vision méliorative

 

Corps : crâne, main, pied, nuque, corps, la tête : unité du corps et de la machine :  Accumulation: “les freins, les crânes, le moteur chauffent.”/

 

Sens : 5 sens

Toucher : « les gaz à main » : maniement de la voiture, crayonne,

Vue : lumière, description du voyage : « lucioles,  cantonniers (2) en babouches (3), modiques bals de village

  sous trois peupliers, calmes rivières

  dont le passeur (4) n'est pas levé

  et le silence…”

« prodiges”

Ouïe :  « les mouches bourdonnent” silence, klaxon, silence final de la fin du jour : « comme si chacun l'avait vécue de son côté.”/”  Éloge de l’amitié : « On a parlé son saoul” opposition avec le silence

Goût : « en mâchant” le pain, “gorgée de vin”

Odorat : odeur d’oignon

2C registres

 

Tragique :

Métaphore : « lumière meurtrière” : accidents de circulation

 

Lyrique :

 ”Puis le jour se lève et le temps ralentit”

“Une salivation émotive” : corps et l’esprit

-Réflexions méditatives : “La fin du jour est silencieuse”/ “le chant du moteur

“flux” d’idées : Idées anciennes et nouvelles: “Des idées

  qu'on hébergeait sans raison vous

  quittent ;  d'autres au contraire s'ajustent et se font à vous comme les pierres au lit d’un torrent.…”


 -Réflexion sur la mort : Les voyageurs font corps avec le paysage : négation double : non seulement jusqu'à l'extrémité de l'Inde, mais plus loin encore jusqu'à la mort.”

  1. Donnez des titres au 6 sous-parties (titres courts avec des mots simples)

1A. un nouvel espace

2A. un journal de voyage

1B. l’art du voyage

2B. une vision décentrée

1C. les sens en éveil

2C. un double registre

 

 7. Donnez un titre aux 2 grandes parties (titres courts avec des mots simples)

I. D’un ailleurs admirable

II.à l’éloge de la découverte

 8. Posez la question (c'est votre problématique) qui conduit au 1/ et au 2/ :


Comment l’auteur exprime-t-il sa vision du voyage ?



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