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Cauterets : Victor Hugo au cœur des Pyrénées

  • il y a 18 heures
  • 4 min de lecture

Sur les traces de Victor Hugo à Cauterets : thermalisme, paysages des Pyrénées, voyage de 1843, carnet de route, poésie et naissance d'une œuvre marquée par le deuil. Étape 13/27 du Tour de France littéraire.


Vue carte postale de Cauterets: esplanade et thermes des Œufs, passants sous les arbres, montagnes en arrière-plan.

Cauterets : Victor Hugo au cœur des Pyrénées


Après le littoral basque, la route gagne les Pyrénées. À Cauterets, haut lieu du thermalisme au XIXe siècle, Victor Hugo découvre une nature spectaculaire, faite de vallées, de brumes, de torrents et de sommets. La montagne devient ici un théâtre romantique : on y vient pour se soigner, mais aussi pour marcher, contempler et écrire.


Thermalisme


Après la Révolution de Juillet de 1830, Cauterets devient une station à la mode. Autour des thermes s’aménagent routes, hôtels, promenades et lieux de sociabilité.

Le Gotha européen s’y presse ; la famille Bonaparte y séjourne, la reine Hortense de Hollande y vient dès 1807, et des écrivains comme George Sand, Chateaubriand, Heinrich Heine ou Victor Hugo y trouvent un décor propice à la rêverie comme à l’observation.


Victor Hugo en cure


Le 18 juillet 1843, Victor Hugo quitte discrètement Paris avec sa maîtresse, Juliette Drouet, pour les Pyrénées et l’Espagne.


À l’époque, aucun train ne conduit directement à Cauterets : le voyage se fait donc en diligence, au rythme lent des relais de poste et des routes de montagne. Souffrant de rhumatismes et d’ophtalmie, l’écrivain de 41 ans vient y suivre une cure au mois d’août.


Ce temps consacré aux soins thermaux devient très vite expérience physique et également poétique. Hugo se lève avant l’aube, marche dans la montagne, observe les torrents comme il l'écrit à son ami, le peintre Louis Boulanger :

Figurez-vous, Louis, que je me lève tous les jours à quatre heures du matin, et qu’à cette heure sombre et claire tout à la fois je m’en vais dans la montagne. Je marche le long d’un torrent, je m’enfonce dans une gorge la plus sauvage qu’il y ait, et, sous prétexte de me tremper dans de l’eau chaude et de boire du soufre, j’ai tous les jours un spectacle nouveau, inattendu et merveilleux.”

L'écrivain emporte aussi un carnet pour noter, dessiner, coller des fleurs et fixer ses impressions de voyage.

Spécimens botaniques noir et blanc de plantes pressées sur fond blanc, avec le numéro 15 en haut à droite.
extrait du carnet de voyage de V. Hugo (Gallica)

Poèmes


Cette extrême attention aux paysages pyrénéens fait également naître des vers :

 

"Nous marchons; il a plu toute la nuit; le vent

Pleure dans les sapins; pas de soleil levant;

Tout frissonne; le ciel, de teinte grise et mate,

Nous verse tristement un jour de casemate.

Tout à coup, au détour du sentier recourbé,

Apparaît un nuage entre deux monts tombé.

Il est dans le vallon comme en un vase énorme,

C'est un mur de brouillard, sans couleur et sans forme.

Rien au delà. Tout cesse. On n'entend aucun son;

On voit le dernier arbre et le dernier buisson.

La brume, chaos morne, impénétrable et vide,

Où flotte affreusement une lueur livide,

Emplit l'angle hideux du ravin de granit.

On croirait que c'est là que le monde finit

Et que va commencer la nuée éternelle."


Pyrénées, 28 août.



Drame familial


Durant son retour, le voyage bascule dans le drame.


Le 9 septembre 1843, Victor Hugo et Juliette Drouet descendent de la diligence à Soubise, non loin de Rochefort.


En lisant un journal, ils apprennent la noyade de Léopoldine, fille aînée de l’écrivain, et de son mari Charles Vacquerie, survenue le 4 septembre dans la Seine, à Villequier.


Lorsqu'il arrive, sa fille est déjà inhumée.


Marqué par cette nouvelle, Hugo ne publiera pas de son vivant les écrits durant ce voyage, qui ne paraîtront seulement qu'après sa mort.


Ce deuil inconsolable transformera durablement son œuvre et donnera, des années plus tard, certains des plus grands poèmes des Contemplations, dont le célèbre “Demain, dès l’aube”.

 

Indications touristiques


Depuis Biarritz, compter environ 180 à 190 km pour rejoindre Cauterets, soit un peu plus de 2 heures de route.


Pour retrouver l’esprit du séjour de Hugo, on peut commencer par le centre de Cauterets, ses thermes et les Bains du Rocher, situés avenue du Docteur-Domer.

Les Bains du Rocher ouvrent du 1er juin au 12 juillet et du 31 août au 1er novembre, du lundi au samedi de 14 h à 19 h 30, et le dimanche de 10 h à 13 h puis de 14 h à 18 h ; du 13 juillet au 30 août, ils ouvrent tous les jours de 10 h à 13 h et de 14 h à 19 h 30.

Les tarifs indicatifs de l’espace thermoludique sont d’environ 20 à 22 € pour un adulte et 13 à 14 € pour un enfant.


Pour la partie nature, le Pont d’Espagne et le lac de Gaube constituent la grande excursion classique.

En été, la navette Cauterets/Pont d’Espagne circule du 30 mai au 27 septembre.

Du 4 juillet au 30 août 2026, les départs de Cauterets : 8 h, 10 h, 12 h, 14 h, 16 h et 18 h. Les retours depuis le Pont d’Espagne : 9 h, 11 h, 12 h 30, 15 h, 17 h et 19 h ;

Tarif aller-retour : 8,50 € pour un adulte, 5,50 € pour les enfants de 5 à 10 ans, gratuit pour les moins de 4 ans.


Cauterets : Victor Hugo au cœur des Pyrénées : la route quitte les paysages sombres des Pyrénées pour rejoindre la lumière plus chaude du Midi. Avec Daudet, le voyage change d’allure : les paysages deviennent plus solaires, les voix plus populaires, et la littérature retrouve l’humour, la fantaisie et la musique des contes provençaux.

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