top of page
Rechercher

Malagar : sur les traces de François Mauriac

13 juil.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 juil.

Découvrez Malagar, demeure de François Mauriac dans les Landes : son œuvre, le Bloc-notes, ses grands romans, son engagement pendant la Résistance et les informations pratiques pour visiter ce lieu emblématique du Sud-Ouest. 11e étape/27 du Tour de France littéraire.


Maison de campagne couverte de lierre, entourée d’arbres et d’une grande pelouse, sous un ciel bleu calme.
Malagar

Malagar : sur les traces de François Mauriac


À Malagar, le Sud-Ouest apparaît comme un monde pétri de morale, façonné par les paysages et les hommes ; de là, Mauriac y scrute le monde, les familles et ce milieu social observé avec une lucidité impitoyable : la bourgeoisie.

 

Voix morale


Cette voix morale s’affirme dès les années 1930, notamment pendant la guerre d’Espagne, où Mauriac prend position contre les violences franquistes et les compromissions idéologiques de son camp catholique.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, son engagement passe surtout par l’écriture : hostile à la collaboration, proche des milieux de la Résistance intellectuelle, il publie sous le pseudonyme de Forez dans les Lettres françaises clandestines. En 1943, son Cahier noir, publié aux Éditions de Minuit, fait de lui l’une des grandes voix catholiques de la résistance spirituelle à l’Occupation. Ce rôle d’écrivain engagé, joint à la puissance de son œuvre romanesque, sera couronné par le prix Nobel de littérature en 1952.

 

Domaine familial situé à Saint-Maixant, Malagar est le point d’ancrage idéal pour relire l’œuvre de Mauriac. On y retrouve d’abord le romancier des passions contenues, mais aussi le chroniqueur du Bloc-notes, texte de premier plan pour comprendre une époque révolue. La région bordelaise et les Landes irriguent toute son œuvre : maisons, calculs sordides, héritages, secrets et consciences tourmentées y composent un théâtre intime.

 

Le Bloc-notes


Le Bloc-notes désigne les chroniques que Mauriac publie dans la presse, notamment dans L’Express puis dans Le Figaro littéraire, avant leur reprise en volumes.

Entre méditation personnelle, portrait politique, observation morale et commentaire de l’actualité, ces textes donnent à entendre une voix libre, souvent mordante, attentive aux bouleversements de son temps. Le passage tiré du Dernier Bloc-notes publié chez Flammarion, montre aussi l’attachement charnel de Mauriac à Malagar jusque dans ses dernières années.

 

" Malagar, 26 avril

(…) Que de roses il y aura cette année ! Mais elles sont lentes à s’épanouir. Les verrais-je seulement ? À cause d’elles, j’ai péché contre l’amitié, je ne suis pas rentré, comme c’eût été mon devoir, pour l’élection académique d’hier. (…) C’est la faute de ce trop beau printemps. Le vrai est que dans le grand âge les lilas sont toujours les derniers lilas et les roses les dernières roses. "

Mauriac, Le Dernier Bloc-notes (1968-1970), 26 avril 1968, Flammarion, p. 54.

 

Romans


Cette région est également le terreau de plusieurs romans majeurs, où Mauriac met en scène la bourgeoisie terrienne, les passions familiales, la foi inquiète et les cœurs désespérément secs.  

Petite sélection personnelle qui suffisent à faire entendre le style tranchant de Mauriac, attentif à ce qui se cache derrière les convenances sociales.

 

  • Genitrix, roman publié en 1923 :

"Deux vieux époux ne se détestent jamais complètement. "

Thérèse Desqueyroux, roman publié en 1927 et tiré d’un fait divers :

" Les êtres nous deviennent supportables dès que nous sommes sûrs de pouvoir les quitter. "
  • Le Nœud de vipères, roman publié en 1932 :

"Deux vieux époux ne se détestent jamais complètement. "
  • La Pharisienne, roman publié en 1941 :

" À travers la porte vitrée, il percevait le curé qui allait et venait dans le potager, en lisant son bréviaire. "
  • Le Sagouin, roman publié en 1951 :

" Comme on dit “faire l’amour”, il faudrait pouvoir dire “faire la haine”. C’est bon de faire la haine, ça repose, ça détend. "
  • L’Éducation des filles :

" Il existe encore des familles où une femme qui lit beaucoup inquiète et scandalise. "


Indications touristiques


Le domaine de Malagar se situe à Saint-Maixant, à environ 50 km au sud de Bordeaux. En voiture, compter environ 35 à 45 minutes.

Horaires 2026 : le domaine est ouvert d’avril à septembre de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h ; d’octobre à mars, de 10 h à 13 h et de 14 h à 17 h 30 ; les samedis et dimanches, de 11 h à 13 h et de 14 h à 17 h 30.

Les visites guidées de la maison sont proposées d’avril à septembre à 10 h, 11 h, 12 h, 15 h, 16 h et 17 h ; d’octobre à mars à 11 h, 12 h, 15 h et 16 h.

Des visites avec accès à l’étage ont lieu un samedi par mois, sur réservation obligatoire.

Tarifs 2026 : la visite du rez-de-chaussée : 10 € plein tarif et 8 € tarif réduit ; la visite complète : 16 € plein tarif et 13 € tarif réduit. L’entrée est gratuite pour les moins de 12 ans.

Il est recommandé de réserver les visites guidées, surtout en période estivale ou lors des événements culturels.



Malagar : sur les traces de François Mauriac : Après ce lieu et les passions du Sud-Ouest, empruntons la route qui gagne Biarritz : avec Quatrefages, le voyage change de regard et devient observation naturaliste du littoral basque. Poursuivons notre route avec Rostand et sa villa Arnaga à Cambo-les-Bains.



Commentaires


bottom of page