Liré : du Bellay et la douceur angevine
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À Liré, sur les traces de Joachim du Bellay : entre nostalgie, retour au pays et célèbre sonnet « Heureux qui, comme Ulysse », découvrez la douceur angevine.

Liré : du Bellay et la douceur angevine
Après les remparts de Saint-Malo et le tombeau du Grand Bé, l’Anjou offre une pause plus calme. Avec Joachim du Bellay, le voyageur quitte les grands vents atlantiques pour entrer au cœur des terres à la découverte de son pays natal et de la fameuse "doulceur angevine".
Liré, patrie du cœur
À Liré, le souvenir de du Bellay donne au paysage une profondeur historique discrète : une commune du Maine-et-Loire, les bords de Loire, les maisons d’ardoise, les chemins angevins.
La mémoire du poète a élevé ce petit pays au rang de mesure du bonheur. Ici, le patrimoine ne se révèle pas spectaculaire ; il tient dans l’attachement à une manière de vivre.
Du Bellay est connu comme membre de la Pléiade et défenseur passionné de la langue française, moins dans son métier de secrétaire de son cousin, le cardinal du Bellay, lequel occupe des fonctions diplomatiques à Rome, où ils résident ensemble durant quatre années.
Ce séjour romain transforme l’expérience au départ prestigieuse en un long et morne exil.
Rome ou l’amer exil
Dans Les Regrets, l’Italie cesse d’être considérée comme le haut lieu des arts qu’elle représentait au XVIe siècle pour devenir le reflet d’un profond mal du pays.
Cette étape est donc autant un détour touristique qu’une méditation sur le retour.
Le sonnet célèbre oppose Rome à l’Anjou, le marbre à l’ardoise, le Tibre au Loir, le mont Palatin au petit Liré. Par ce jeu de contrastes, du Bellay donne à sa patrie une valeur affective supérieure à celle de toutes les capitales du monde.
La prééminence du petit Liré face aux beaux palais de Rome
Ce sonnet figure parmi les plus célèbres du poète, connu par l’école : d’abord la figure antique d’Ulysse avec son périple, cher aux auteurs de la Renaissance, puis le désir du village, enfin la comparaison entre les grandeurs romaines et la douceur du pays angevin.
"Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,
Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine."
Joachim Du Bellay (1522-1560), Les Regrets,
Ce poème nous rappelle que voyager ne consiste pas simplement à explorer d’autres lieux : c’est parfois mieux comprendre ce qui nous manque et, par conséquent, ce qui nous définit. Du Bellay introduit une émotion humble et poignante : celle du retour rêvé. Un sentiment en somme universel.
Liré aujourd’hui, sur les traces de du Bellay
Informations pratiques — Liré et le musée Joachim du Bellay.
La visite s’effectue au musée Joachim du Bellay, installé dans le Grand Logis, demeure à tourelle du XVIe siècle, 1 rue Ronsard, 49530 Orée-d’Anjou.
Le musée du Bellay est ouvert aux individuels du 1er juillet au 30 août, du mardi au vendredi de 14 h à 18 h et le dimanche de 14 h 30 à 18 h, puis du 1er au 30 septembre, du mardi au vendredi de 14 h à 18 h. Les dernières entrées s’effectuent une demi-heure avant la fermeture ; la visite dure environ 1 h à 1 h 30.
Tarifs : adulte 5 €, réduit 4 €, jeunes de moins de 18 ans 4 €, gratuit pour les moins de 10 ans et certains publics, famille 12,50 €,
Groupe à partir de 10 personnes : 4 € par personne.
Prochaine halte : la Vendée, où le parcours changera brusquement d’atmosphère avec Perrault, “Barbe bleue “ et les ombres inquiétantes du château de Tiffauges.



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