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La licorne : du mythe biblique à la start-up

  • 13 avr.
  • 3 min de lecture

L’exposition "Licornes !" au Musée de Cluny du 10 mars au 12 juillet 2026 : de la Bible aux start-up, découvrez le fascinant glissement sémantique du mot "licorne" : d’animal réel à créature mythique puis symbole économique.


Tapisserie médiévale avec une dame, lion, et licorne. Fond floral rose et bleu, la dame tient un miroir. Atmosphère mystique et élégante.
La Dame à la Licorne, la vue, musée de Cluny, Paris


La licorne : du mythe biblique à la start-up

 

Comment parler d’un animal qui n’existe pas ? 


Le mot licorne semble aujourd’hui évoquer spontanément un univers féerique ou le monde des start-up.


Pourtant, son histoire s’avère fascinante, puisqu’elle évoque une bête, passant du réel au virtuel avec un fabuleux glissement sémantique à travers les siècles.


La licorne : du mythe biblique à la start-up : à l’origine, ce mot apparaît dans les textes bibliques.


En effet, le terme hébreu re’em désigne probablement un auroch, un rhinocéros ou une autre animal à cornes. L’image associée représente une bête sauvage, puissante, indomptable.


Les auteurs antiques grecs (Pline, Aristote, Ésope, etc.) évoquent cette bête.


Du re’em à unicornis : la naissance du mythe


Un premier basculement sémantique s’opère dans la traduction latine. Ainsi, dans la Septante puis la Vulgate, re’em devient unicornis : une bête dotée d’une unique corne au milieu du front.


On la recherche pour ses vertus médicinales.


Unicornis devient en italien liocorno au XIV e siècle et donc licorne en français.


Peu à peu, l’imaginaire au Moyen-Âge s’empare du mot : la licorne devient un animal hybride. 


Chez Rabelais, on la décrit comme un être étrange, mêlant cheval, cerf, éléphant et sanglier. Ainsi Pantagruel et ses compagnons, arrivés dans le pays de Satin, rencontrent une faune fantastique.

" J’y vis trente deux licornes : voilà une bête sauvage à merveille, en tout point semblable à un beau cheval excepté qu’elle a une tête de cerf, les pieds d’un éléphant, la queue d’un sanglier, et au front une corne aigue, noire et longue de six ou septs pieds, laquelle pend ordinairement vers le bas, comme la crête d’un coq d’Inde. Elle la lève raide et droite quand elle veut combattre ou s’en servir d’une autre manière. "

 Rabelais, Cinquième livre, chap. XXIX, "Comment nous visitasmes le Pays de Satin" 


On passe ainsi d’un animal réel à une créature mythologique, puis à un symbole culturel puissant, présent dans les bestiaires, et l’imaginaire collectif européen.


L’exposition « Licornes ! » au Musée de Cluny


Cette exposition ouverte du 10 mars au 12 juillet 2026 révèle le rôle de cet animal symbole autour notamment des six tapisseries du XVe siècle des Dames à la licorne.

Affiche médiévale du Musée de Cluny. Licorne rouge à pois, texte "LICORNES!". Exposition du 10 mars au 12 juillet 2026 à Paris.
Affiche de l'exposition avec lien

Sur chaque œuvre, une dame, élégante, parée de bijoux et souvent assistée d’une demoiselle, se tient solennellement, entre un lion et une licorne.


Chacune est associée à un des cinq sens (la vue, l'odorat etc...)


La dernière reste obscure avec son inscription mon seul désir


Mais le glissement sémantique ne s’arrête pas là.


De la légende à l’économie : la licorne moderne


En 2013, Aileen Lee donne une nouvelle acception au mot « licorne » : elle désigne désormais une start-up non cotée en bourse valorisée à plus d’un milliard de dollars. 


Pourquoi ce choix ? 


Pour souligner leur rareté, comme ces créatures que l’on pensait autrefois impossibles à trouver.


Ainsi, en quelques millénaires, la "licorne " est passée :

  • d’un animal sauvage bien réel ;

  • à une créature mythique ;

  • puis à une allégorie. 


Quel pouvoir fabuleux du langage !


Conclusion


Un mot ne se contente pas de nommer, il participe à une vision du monde alimentée par les croyances et les usages qui, au fil du temps, transforment sa portée.



sources :


 

 


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