Vivaldi : l’été caniculaire des "Quatre Saisons"
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Découvrez comment Vivaldi peint la chaleur accablante, l’attente de l’orage et la violence de la tempête dans L’Été, l’un des concertos les plus saisissants par leur modernité des Quatre Saisons.

Vivaldi : l’été caniculaire des "Quatre Saisons"
Dans un précédent article, nous rappelions que Vivaldi avait uni la poésie et la musique dans ses célèbres concertos des Quatre Saisons.
Après le printemps évoqué au mois de mars dans ces colonnes, découvrons aujourd’hui l’été, l’une des pages les plus saisissantes de l’œuvre.
Nous vous proposons d’entendre le dernier mouvement de ce deuxième concerto pour violon avant d'en comprendre le sens et la portée.
Vous serez sans doute frappé par la manière éloquente dont Vivaldi fait surgir sous sa plume une saison estivale accablante de chaleur comme celle que nous connaissons tous.
Précisons que nous sommes toujours dans un genre pastoral avec cette fois non plus un chevrier, mais un berger aux champs.
Le premier mouvement
Indiqué Allegro non molto soit avance sans précipitation, il dépeint la canicule étouffante qui pèse sur les hommes, les animaux et la nature tout entière. Les chants du coucou, de la tourterelle et du chardonneret animent d'abord le paysage, avant que la brise ne laisse pressentir l'arrivée de l'orage menaçant. Tout ceci sous fond de lutte allégorique entre deux dieux, Phœbus, le soleil et Borée, le vent.
Allegro non molto
Sous le soleil impitoyable de la saison,
L’homme et le troupeau languissent, le pin brûle.
Le coucou commence à chanter, et bientôt
La tourterelle et le chardonneret mêlent leurs voix à la sienne.
Une brise légère se lève, mais Borée
S’éveille soudain pour lutter contre son voisin.
Le berger tremble, car au-dessus de sa tête
Grondent l’orage redoutable et son destin.
Le deuxième mouvement
Indiqué lent, traduction d'Adagio, il suspend le temps. Le berger est littéralement épuisé par la chaleur, mais son inquiétude grandit tandis qu'il guette au loin les éclairs et le tonnerre qui menacent.
Adagio
Ses membres fatigués ne trouvent aucun repos :
Il redoute l’éclair, le tonnerre effrayant,
Et les mouches et les frelons qui pullulent autour de lui.
Le troisième mouvement
Enfin, le Presto, que l'on traduit par très vite, libère toute la puissance de la tempête qui s'abat avec fracas sur la terre en ruinant les récoltes.
Presto
Hélas, ses craintes se réalisent :
Le tonnerre et les éclairs se déchaînent dans les cieux,
Et la grêle abat les grands blés.
Trois registres s’entremêlent, à la fois lyriques, pathétiques et tragiques, dans ce concerto particulièrement inspiré.
Vivaldi : l’été caniculaire des Quatre Saisons : cette peinture musicale de l’été surprend souvent les auditeurs modernes. Loin d’une saison légère et lumineuse, Vivaldi montre une nature écrasée par la chaleur puis secouée par l’orage.
Trois siècles plus tard, cette vision n’a rien perdu de sa force évocatrice à l’heure de la crise climatique.
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