top of page
Rechercher

Tour de France : Brizeux et la Bretagne

  • 3 juil.
  • 3 min de lecture

Première étape du Tour de France littéraire : en Bretagne, Auguste Brizeux fait entendre l’appel de la mer. Un départ poétique dans les embruns, entre enfance et mémoire, sur les rivages du Morbihan. Etape 1/27.


Baie calme avec petites barques, village côtier et maisons blanches sous un ciel bleu clair.


Tour de France : Brizeux et la Bretagne


Notre voyage commence en Bretagne, dans une lumière particulière et sous les embruns salés.


Entendez-vous ce premier appel ? Ne serait-ce pas celui de la mer et des souvenirs qui nous reviennent avec cette odeur iodée flattant nos narines ?


Auguste Brizeux, poète aujourd’hui oublié, peint la Bretagne, non comme un décor pittoresque, mais comme un territoire intime. Né à Lorient en 1803, il appartient à cette génération romantique qui cherche dans les provinces françaises une âme, une musique, une manière d’habiter le monde. 

Son œuvre garde la trace de son enfance bretonne. Il écrit en français, mais demeure attentif à la culture bretonne, à ses paysages, et à cette mémoire populaire que le XIXe siècle commence à regarder autrement.


Une enfance insouciante en vers


C’est par la poésie que ce territoire se révèle à nous. La mer y surgit comme une présence presque maternelle : elle appelle, enveloppe, réveille. Brizeux ne décrit pas seulement un paysage marin ; il retrouve, par le rythme et par l’image, le moment où l’enfant découvre le monde plus grand que lui.


Les vagues, les rochers et les sons du rivage donnent à cet extrait une énergie puissante. On y entend l’appel de la mer, la force des origines, la beauté d’un pays que l’on quitte parfois, mais que l’on continue de porter en soi. 


Hâtons-nous ! le soleil nous brûle sur ces roches ! —

Ne sens-tu pas d’ici les vagues toutes proches ?

Et la mer ! l’entends-tu ? Vois-tu tous ces pêcheurs ?

N’entends-tu pas les cris et les bras des nageurs ?

Ah ! rendez-moi la mer et les bruits du rivage :

C’est là que s’éveilla mon enfance sauvage ;

Dans ces flots, orageux comme mon avenir,

Se reflètent ma vie et tout mon souvenir !

La mer ! J’aime la mer mugissante et houleuse,

Ou, comme en un bassin une liqueur huileuse,

La mer calme et d’argent ! Sur ses flancs écumeux

Quel plaisir de descendre et de bondir comme eux,

Ou, mollement bercé, retenant son haleine,

De céder comme une algue au flux qui vous entraîne !

Alors on ne voit plus que l’onde et que les cieux,

Les nuages dorés passant silencieux,

Et les oiseaux de mer, tous allongeant la tête

Et jetant un cri sourd en signe de tempête…

O mer, dans ton repos, dans tes bruits, dans ton air,

Comme un amant, je t’aime ! et te salue, ô mer ! (...)


Auguste Brizeux (1803-1858), recueil Marie, le mois d'Août


Avec ces rimes suivies (AABB), nous sommes bien sur le terrain descriptif. Cela permet au poète de respecter la règle de l'alternance des rimes féminines et masculines.


Cette salutation finale, d'un lyrisme vibrant, ne correspond-elle pas à l'émotion qui nous saisit chaque fois devant le spectacle de la mer ?



Conclusion :


Cette première étape peut se lire comme une invitation à découvrir notre patrimoine culturel. Elle nous incite à relier les paysages du Morbihan, les routes de Quimperlé et les rivages atlantiques. 


Tour de France : Brizeux et la Bretagne : en débutant par la Bretagne, la Gazette choisit donc un départ à la fois simple et profond.


Prochaine halte : Combourg, où Chateaubriand donnera au voyage une tonalité plus sombre...





Commentaires


bottom of page