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Nohant, l’été où tout se défait autour de George Sand

21 août
3 min de lecture

Nohant, lieu mythique de George Sand, devient aussi le cadre d’une crise intime. En juillet 1847, la brouille avec sa fille, Solange, bouleverse l’équilibre familial, tandis que la séparation avec Chopin met fin à neuf années d’une relation artistique et affective décisive.


Fragments de roche flottants dans une brume bleue, ambiance froide et mystérieuse, sans texte visible.

Nohant, l’été où tout se défait autour de George Sand


Dans un article précédent, nous avons évoqué le rapport que George Sand entretient avec la musique, notamment avec Chopin, avec lequel elle vit une passion de neuf années, riche en compositions pour lui comme en créations pour elle. Tout cela précède le drame de Nohant…

 

Composition


Si Chopin conçoit une très grande partie de son répertoire à Nohant, George Sand apprend également beaucoup au contact du compositeur. Elle publie en 1842 Consuelo, l’histoire d’une cantatrice admirée qui perd sa voix. Elle aime ce milieu musical, comme on peut le noter également dans Les Maîtres sonneurs, Le Château des Désertes, etc.


La musique est l’un des fils rouges de son œuvre, tout comme le théâtre, auquel nous reviendrons dans un prochain article. Le couple travaille donc dans une même atmosphère de création.


Mais la jalousie de Chopin ternit leur relation, qui s’épuise graduellement. George Sand éloigne certains amis pour lui complaire, notamment le comédien Bocage et son éditeur Hetzel.

 

Chopin est aussi un être complexe, traversé de paradoxes, comme le souligne George Sand elle-même dans un portrait au vitriol :


"Chopin voulait toujours Nohant, et ne supportait jamais Nohant. Il était l’homme du monde par excellence, non pas du monde trop officiel et trop nombreux, mais du monde intime, des salons de vingt personnes, de l’heure où la foule s’en va et où les habitués se pressent autour de l’artiste pour lui arracher par d’aimables importunités le plus pur de son inspiration. C’est alors seulement qu’il donnait tout son génie et tout son talent. C’est alors aussi qu’après avoir plongé son auditoire dans un recueillement profond ou dans une tristesse douloureuse, car sa musique vous mettait parfois dans l’âme des découragements atroces, surtout quand il improvisait ; tout à coup, comme pour enlever l’impression et le souvenir de sa douleur aux autres et à lui-même, il se tournait vers une glace, à la dérobée, arrangeait ses cheveux et sa cravate, et se montrait subitement transformé en Anglais flegmatique, en vieillard impertinent, en Anglaise sentimentale et ridicule, en juif sordide. C’était toujours des types tristes, quelque comiques qu’ils fussent, mais parfaitement compris et si délicatement traduits qu’on ne pouvait se lasser de les admirer. " 

George Sand, Histoire de ma vie,


 

La brouille avec Solange


Chopin, qui n’a pas d’enfant, se plaît véritablement dans cette intimité familiale, il gâte affreusement Solange pour laquelle il tient lieu de père putatif. Cette attitude finit par peser à Maurice.


George Sand s’en aperçoit aussi. Elle décide volontairement de ne pas consulter son amant sur le choix du fiancé de sa fille, le sculpteur Auguste Clésinger. D’ailleurs, Chopin n’est pas invité au mariage qui est célébré en juin 1847, en raison des convenances sociales : la présence du père véritable, Casimir Dudevant, empêche évidemment celle du musicien, qui en conçoit néanmoins de l’amertume. 

 

Un mois après le mariage, les choses vont se troubler. À court d’argent, Clésinger demande à George Sand d’hypothéquer Nohant. Pour elle, il n’en est pas question, le bien doit revenir à son fils. Le ton monte et la dispute se fait jour entre Maurice et son beau-frère. S’interposant, George Sand est frappée par son gendre. Contre toute attente, Solange prend le parti de son mari contre sa propre mère. C’est la brouille qui provoque la séparation du couple Sand/Chopin.

 

Informé de la situation, Chopin choisit, en effet, le camp de Solange, en tenant à subvenir aux besoins du couple qui connaîtra des années durant la gêne. C’est ainsi que prennent fin les neuf années de liaison. Les deux anciens amants ne se reverront qu’une fois. Le compositeur mourra peu de temps en octobre 1849.


Nohant, l’été où tout se défait autour de George Sand : la crise de Nohant est aussi le signe pour George que le mariage de sa fille avec Clésinger est un échec. Elle sait d’avance qu’elle va devoir la soutenir financièrement. Elle propose à l’édition un nouveau texte, ce sera le récit autobiographique de l’Histoire de ma vie.

 

L’année 1847 est décidément une année bien sombre sur le plan personnel…

 

Dans un article à suivre, nous aborderons la passion de George Sand pour le théâtre.

 

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