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George Sand : l’enfance libre d’Aurore Dupin dans le Berry

  • il y a 3 heures
  • 3 min de lecture

Aurore Dupin, alias George Sand, a bénéficié d’une enfance à la campagne, dans le Berry, au plus près de cette nature qu’elle a toujours tant aimée. Cette influence se retrouve dans ses écrits autobiographiques, notamment dans "Voyage chez monsieur Blaise".

 

Forêt verdoyante baignée de lumière, grands arbres et sous-bois dense, ambiance calme et naturelle.
Bois du Berry

George Sand : l’enfance libre d’Aurore Dupin dans le Berry

 

Dans l’article précédent, nous avons évoqué la jeune Aurore aux prises avec l’affection rivale de sa mère et de sa grand-mère paternelle.


Voyons aujourd’hui la liberté que l’enfant a su goûter dans le Berry. Elle parlait berrichon, jouait avec son demi-frère adoré, montait à cheval en pantalon et causait volontiers avec les camarades de son âge. Une sauvageonne, en somme, au désespoir de sa grand-mère, qui tenait à en faire une dame…

 

Un récit champêtre


George Sand : l’enfance libre d’Aurore Dupin dans le Berry : retrouvons-la dans ce court récit de jeunesse, publié à titre posthume en 1877. Ce texte évoque un déjeuner champêtre dans la famille de monsieur Blaise, dans la province berrichonne.


Au retour, la petite société, dont fait partie la narratrice de l’histoire, se perd en chemin. L’équipage à cheval tourne en rond et la nuit approche. Les protagonistes croient vivre un rêve éveillé.


Le cheval Colette prend alors les choses en main. On retrouve les thèmes de prédilection de l’auteure : la nature et l’imaginaire…


"Encore un quart d’heure de marche et de causerie, lorsque je pris les devants, me fiant à l’instinct de ma Colette plus qu’aux notions de mes amis. La bonne créature s’arrêta, et, par un mouvement que je connaissais bien, me demanda la permission de boire.

— Qu’y a-t-il ? cria Duteil.

— Il y a, lui dis-je, que nous sommes dans la rivière. Reste à savoir si c’est l’Indre, la Vauvre ou la Couarde.

— Ça, une rivière ? reprit Duteil, dont la bête clapotait lourdement dans l’eau ; encore une hallucination ! Vous êtes sur les galets de la mer Caspienne. 

— Y a-t-il des galets dans la mer Caspienne ? 

— Pourquoi pas ? il y en a bien dans l’Indre ! Allons, toujours. 

J’avançai, mais Colette refusa d’aller plus avant. Le vent agitait la cime des aulnes, et, devant nous, une ligne blanchâtre annonçait, par un bruit frais et charmant, que nous marchions droit sur une écluse. Caroline riait, mais Rose commençait à avoir peur, à gronder Hydrogène et à craindre qu’il ne nous menât noyer. 

— Restez là, nous dit mon frère. Je vais explorer l’autre rive. Il s’enfonça dans des prairies humides et revint sans avoir trouvé d’issue. 

— Voulez-vous m’en croire ? leur dis-je. Mettons la bride sur le cou de nos chevaux et nous serons vite chez nous. Il y a longtemps que Colette m’avertit que nous tournons le dos à son gîte.

Colette étant reconnue comme la plus intelligente de nous tous, on me laissa prendre la tête. Elle s’enfonça dans un dédale de petits chemins couverts où je la laissai absolument libre de choisir, et, un quart d’heure après, galopant en liberté sur la route, nous entendions la voix de nos chiens saluant notre retour au bercail. »



 Source : Jean Chalon, Chère George Sand, Grandes biographies Flammarion, 1991.

 

Dans l’article suivant, nous verrons qu’Aurore Dupin ne fut pas seulement une enfant libre du Berry : elle reçut aussi l’éducation soignée que son époque réservait aux jeunes filles de son rang.

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