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Accord du participe passé : règles simples et exercices

  • il y a 13 heures
  • 9 min de lecture

Comprenez facilement l’accord du participe passé avec être et avoir grâce à des explications claires, des astuces mnémotechniques et des exercices corrigés pour vous entraîner à l’approche du bac ou pour améliorer vos écrits professionnels ou de la vie quotidienne.


Une professeure aide une étudiante souriante à un bureau en bois, ambiance chaleureuse. En arrière-plan, deux autres étudiants écrivent.

 

 

Accord du participe passé : règles simples et exercices


L’accord du participe passé a mauvaise réputation. On le présente souvent comme un vestige de la langue française, une norme trop compliquée pour qu’on la manie encore sans se tromper.

Et, il faut bien l’avouer, beaucoup préfèrent désormais laisser l’intelligence artificielle faire le travail à leur place. Pourquoi se fatiguer avec une règle aussi redoutée ?

 

Parce que cette règle n’est pas là pour nous embêter. Elle est utile : elle affine la pensée et donne du relief à l’écrit.


Et puis, soyons francs : dans la vie scolaire, surtout à l’approche du bac, dans nos relations professionnelles ou sociales, ces accords négligés nous desservent vite. Une telle faute ne dit pas tout d’une personne, bien sûr, mais elle suffit parfois à ternir une impression. C'est une faute discriminante.

 

Rien n’est perdu, heureusement. Dès qu’on aperçoit la logique de la règle, le brouillard se dissipe. Nous allons reprendre notre explication paisiblement, en utilisant quelques trucs et astuces pour nous en souvenir, des illustrations faciles pour la clarifier et, pour couronner le tout, des formules mathématiques (!) pour l’ancrer dans notre mémoire.


Accord du participe passé : règles simples et exercices : nous commencerons par observer les relâchements les plus fréquents (1), puis nous proposerons une explication simple de la règle (2), avant de passer à des exercices d’application (3) destinés à transformer une difficulté redoutée en réflexe presque naturel.

  

1.   Les erreurs fréquentes

 

Dans les courriels professionnels comme dans les copies d’élèves, deux confusions reviennent sans cesse : d’un côté, celle entre le participe passé et l’infinitif ; de l’autre, celle entre le participe passé et une forme conjuguée. C’est souvent là que le désordre commence.

 

Regardons-les de plus près.

 

1.1 Distinction entre le participe passé et l’infinitif

 

La première confusion concerne des formes qui, à l’oreille, se ressemblent beaucoup. Pour les verbes du premier groupe, le participe passé en é et l’infinitif en er finissent souvent par sonner comme des mêmes notes.


À l’écrit, pourtant, ce sont deux réalités bien différentes.

 

Exemples incorrects : 

  • Il a manger au lieu de mangé

  • Il a souvent montrer au lieu de montré.

 

Cette faute naît quelquefois d’une simple distraction, surtout lorsqu’un adverbe vient se glisser entre l’auxiliaire et le participe passé, comme un intrus qui endort la vigilance. Le mot, souvent, par exemple, adore jouer le rôle de trouble-fête.

 

Mais l’erreur s’explique aussi par une règle apprise très tôt et répétée comme une formule magique : quand deux verbes se suivent, le second se met à l’infinitif. Hélas, on l’utilise à mauvais escient !

 

Reprenons l’exemple fautif : il a manger :

certains repèrent bien deux verbes et appliquent donc mécaniquement cette règle. Le raisonnement n’est pas absurde : il est simplement incomplet.

 

En réalité, cette règle connaît deux grandes exceptions : être et avoir. Décrivons-les comme des verbes "allergiques à l’infinitif". Lorsqu’ils servent d’auxiliaires, ils ne tolèrent pas derrière eux un infinitif ; ils appellent un participe passé. Pourquoi ?


a) les auxiliaires

Le mot auxiliaire dit bien ce qu’il veut dire : ce sont des verbes d’assistance, chargés d’aider à conjuguer un autre verbe, comme une dépanneuse avec une voiture sur le bord de la route, en fin de course. L’effort est consenti par l’auxiliaire.


Or, s’ils sont là pour conjuguer, les auxiliaires ne peuvent pas supporter un infinitif en roue libre qu'ils ne peuvent tracter.


Derrière eux, c’est uniquement un participe passé qui convient, pas d'autre solution possible !

 

b) les autres verbes

On doit donc réserver cette fameuse règle des deux verbes qui se suivent à tous les autres verbes :

 

Exemple correct

Il peut terminer : on a bien deux verbes qui se suivent et sans auxiliaire être/avoir.

Pour en être sûr, on peut utiliser un verbe du 3e groupe, comme mordre : on dit bien il peut mordre. C’est bien un infinitif en er qu’il faut écrire.

 

Mais cette faute en cache souvent une autre, plus discrète : la confusion entre le participe passé et une forme conjuguée du verbe.

 

1.2 Distinction entre le participe passé et un temps de la conjugaison 

 

Cette fois, l’erreur apparaît avec des verbes qui ne finissent pas en er, mais par exemple en i

 

Exemples incorrects : 

Il a prit, et non pris.

Tu as finit, et non fini.

 

Le piège consiste alors à mélanger un participe passé avec une terminaison de conjugaison, comme si le verbe voulait être retraité et en activité en même temps.

 

a) verbe qui travaille et qui ne travaille plus


Convenons que le verbe conjugué est un verbe qui "travaille". Il doit peaufiner les terminaisons qu’on lui impose selon le temps, le mode et la personne. Bref, il arrive chaque matin au bureau de la conjugaison.

 

Le participe passé, lui, ne travaille plus. Avec ses initiales, PP, on entend presque "pépé" : imaginons donc un verbe à la retraite. Il n’a plus à porter les lourdes terminaisons de la conjugaison ordinaire. Voilà ce qui le distingue du verbe en pleine activité.

 

Confondre les deux, en mélangeant un participe passé avec une terminaison de conjugaison, revient à considérer le verbe à la fois comme retraité et en activité. Ce n’est pas possible : c’est soit l’un, soit l’autre.

 

Comment ne plus commettre l’erreur ?

 

Pour éviter cette confusion, nous devons nous souvenir d’une idée très simple : les terminaisons du participe passé ne sont pas celles de la conjugaison, parce que ce n’est pas la même forme du verbe.

 

b) les formes du verbe


Distinguons les formes du verbe :


1. Les formes non conjuguées

Elles ne changent pas selon la personne.

  • l’infinitif : chanter, finir, prendre 

  • le participe 

    • participe présent : chantant 

    • participe passé : chanté 

  • le gérondif : en chantant 


2. Les formes conjuguées

Elles changent selon :

  • la personne : je, tu, il… 

  • le temps : présent, futur… 

  • le mode : indicatif, subjonctif… 

Exemples :

  • je chante 

  • nous chanterons 

  • qu’il chante

 

 

En somme, on doit choisir :

  • soit on conjugue le verbe avec ses bonnes terminaisons,

  • soit on emploie un participe passé.


Mélanger les deux revient à vouloir porter en même temps des pantoufles et des chaussures de course : ce n’est pas possible.

 

Pour retrouver la bonne forme du participe passé, une astuce très utile consiste à faire apparaître un COD féminin placé avant le verbe :

Il a pris : la fleur qu’il a prise. On entend alors clairement le s.

Donc : il a pris

 

 

2. La règle facile à mémoriser des accords du participe passé.

 

Pour retenir tout cela sans peiner devant la grammaire, je vous propose une autre image simple  : celle des verbes forts et faibles.

 

Poursuivons avec cette seconde image, fondée cette fois sur un jeu de cartes. Nous avons besoin de deux figures : le roi de cœur et le valet de pique. Ils ne jouent pas dans la même catégorie à la bataille, et c’est précisément ce décalage qui nous aidera.


Avec ces deux cartes en main, on peut résumer la règle sous forme de deux équations très commodes :

 

2.1 Verbe fort : être

Le verbe être est le roi. Petit moyen mnémotechnique : son accent circonflexe ^ ressemble à une couronne. Or le roi a tous les pouvoirs : avec lui, le participe passé s’accorde en genre et en nombre.

 

Carte roi de cœur avec une illustration symétrique d'un roi barbu en habit rouge et jaune. Texte: R de cœur, CHARLES.

Cela donne :

Être (roi) +PP = toujours accord 

 

Règle de l’accord en genre (masculin/féminin) et en nombre (un ou plusieurs)

 

Exemples :

 

  • Il est parti (pas d’ajout pour le masculin)

  • Elle est partie (on met un e pour accorder au féminin)

  • Nous sommes partis (pas d’ajout pour le masculin, mais un s pour le pluriel)

NB : S’il n’y a que des garçons, on met un s : règle logique.

On met aussi un s si un seul garçon se trouve dans le groupe, selon la règle traditionnelle : le masculin l’emporte sur le féminin.

  • Elles sont parties (on met un e pour accorder au féminin et un s pour le pluriel)

 

2.2 verbe faible : avoir

 

Le verbe avoir, lui, porte un v comme le valet. En principe, il n’a pas de pouvoir : avec lui, pas d’accord. Mais il a parfois des ambitions de cour. Quand le COD est placé avant, le valet emprunte les pouvoirs du roi et l’accord redevient possible.


Carte à jouer, valet de pique, illustré avec un homme en rouge, jaune et bleu, coiffé d'un chapeau à plume. Texte "Hogier" visible.

Pour ce verbe, nous avons le principe et l’exception.

 

2.2.1 le principe


Voici la formule à retenir :

 

Avoir (valet)+ PP = jamais d’accord 

 

Exemples :

  • Elle a volé de ses propres ailes.

  • Nous avons pris de la galette. (le s ne marque pas le pluriel, c'est la forme normale du participe passé du verbe prendre)

  • Tu as perdu ton temps.

 

2.2.2 Exception

 

Si nous sommes en présence d’un COD, il faut alors repérer la place de ce complément. Précisons d’abord sa nature avant de voir la règle.

 

a)   Qu’est-ce qu’un COD ?  

Le COD (complément d’objet direct) est le mot ou le groupe de mots qui reçoit directement l’action du verbe, sans préposition.

Question à poser : qui ? quoi ? après le verbe.

Exemples :

  • Elle mange une pomme → mange quoi ? une pomme

  • Ils regardent le film → regardent quoi ? le film


b)   La place du COD

 Regardons maintenant la place du COD.

 

  • Si le COD est placé après, l’accord n’existe pas : on applique la formule :


Avoir (valet)+ PP = jamais d’accord 

 Exemple : 

 J’ai aimé le dessert : pas d’accord, car le COD est après.

                COD

 

 

  • Si le COD est placé avant, on réactive alors la règle de l’accord en genre (masculin/féminin) et en nombre (singulier/pluriel). On applique la formule


COD + Avoir +PP = toujours accord 

 

Exemples :

 Les remarques qu’elles ont soulignées sont pertinentes. : 

          COD

 Elles ont souligné quoi ? Les remarques. Le COD est placé avant le verbe : il y a donc accord.

 

Les légumes que j’ai achetés sont bio.

      COD

 J’ai acheté quoi ? Les légumes. Le COD est placé avant : il y a donc accord.

 

 

3.   Les exercices d’application

 

Voici deux séries d'exercices d’application sur l’accord du participe passé pour que vous puissiez vous entraîner sans peine.

 

Série 1

Complétez chaque phrase en accordant correctement le participe passé. (Les corrigés se trouvent à la fin.)

 

Exercice 1 : Elles sont (arriver) __________ en avance.

Exercice 2 : Les garçons sont (partir) __________ sans prévenir.

Exercice 3 : Elle a (manger) __________ une pomme avant de sortir.

Exercice 4 : Les lettres qu’il a (écrire) __________ sont très touchantes.

Exercice 5 : La robe qu’elle a (choisir) __________ lui va très bien.

Exercice 6 : Les films que nous avons (voir) __________ hier étaient passionnants.

Exercice 7 : Marie a (voir) __________ ses amis au marché ce matin.

Exercice 8 : Les pommes que nous avons (cueillir) __________ ce matin sont délicieuses.

Exercice 9 : Les élèves ont (finir) __________ leur travail avant la sonnerie.

Exercice 10 : Les fautes qu’elle a (commettre) __________ ont été corrigées.

 

Corrigés expliqués : 

1.   arrivées : avec être, on accorde avec le sujet « elles ».

2.   partis : avec être, accord avec le sujet « les garçons ».

3.   mangé : avec avoir, pas d’accord car le COD est placé après.

4.   écrites : accord avec le COD « les lettres », placé avant.

5.   choisie : accord avec le COD « la robe », placé avant.

6.   vus : accord avec le COD « les films », placé avant le verbe.

7.   vu : avec avoir, pas d’accord car le COD « ses amis » est placé après le verbe.

8.   cueillies : accord avec le COD « les pommes », placé avant.

9.   fini : avec avoir, pas d’accord car le COD est placé après.

10.                 commises : accord avec le COD « les fautes », placé avant.

 


Série 2 (niveau plus difficile)

Même consigne : complétez chaque phrase en accordant correctement le participe passé.

 

Exercice 1 : Les chercheuses sont (parvenir) __________ à un résultat décisif.

Exercice 2 : Les témoins sont (intervenir) __________ trop tard.

Exercice 3 : Elles ont (résoudre) __________ ce problème en quelques minutes.

Exercice 4 : Les efforts qu’elles ont (fournir) __________ ont été récompensés.

Exercice 5 : Les œuvres que nous avons (découvrir) __________ au musée étaient remarquables.

Exercice 6 : Les arguments qu’elle a (soutenir) __________ ont convaincu le jury.

Exercice 7 : Les décisions qu’ils ont (prendre) __________ hier restent contestées.

Exercice 8 : Les pages qu’il a (extraire) __________ du dossier ont disparu.

Exercice 9 : Les conclusions que le rapport a (inclure) __________ ont surpris le comité.

Exercice 10 : Les obstacles qu’ils ont (vaincre) __________ semblaient insurmontables.

 

Corrigés – série plus difficile

1.   parvenues : avec être, accord avec le sujet « les chercheuses ».

2.   intervenus : avec être, accord avec le sujet « les témoins ».

3.   résolu : avec avoir, pas d’accord car le COD « ce problème » est placé après le verbe.

4.   fournis : accord avec le COD « les efforts », placé avant le verbe.

5.   découvertes : accord avec le COD « les œuvres », placé avant le verbe.

6.   soutenus : accord avec le COD « les arguments », placé avant le verbe.

7.   prises : accord avec le COD « les décisions », placé avant le verbe.

8.   extraites : accord avec le COD « les pages », placé avant le verbe.

9.   incluses : accord avec le COD « les conclusions », placé avant le verbe.

10. vaincus : accord avec le COD « les obstacles », placé avant le verbe.

 


Nb : dans un prochain article, nous aborderons le cas particulier des verbes pronominaux qui apportent encore de la complexité à la chose : il s'est vu etc...

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