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Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Portrait de femmes : la femme savante (Molière)

Repères: le thème de la femme

Il vous est proposé aujourd'hui de relire un extrait d'une pièce célèbre qui fustige le savoir des femmes et leur maniérisme mondain.

Ces deux critiques sont exposées dans la bouche d'une pédante patentée, Armande, qui reproche à sa sœur Henriette de rechercher le bonheur dans son mariage avec Clitandre.

En réalité elle aime également le même prétendant...Les deux soeurs sont donc rivales.

Dans les vers qui suivent, découvrons également le portrait de la mère : un digne exemple de bas-bleu, terme qui désigne péjorativement les femmes s'intéressant aux choses intellectuelles, c'est à dire à des matières qui dépassent l'horizon des affaires purement domestiques.

Un soupçon de misogynie dans ce texte ?

 

***

 

"ARMANDE

Mon Dieu, que votre esprit est d'un étage bas!

Que vous jouez au monde un petit personnage,

De vous claquemurer aux choses du ménage,

Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants

Qu'un idole d'époux et des marmots d'enfants!

Laissez aux gens grossiers, aux personnes vulgaires,

Les bas amusements de ces sortes d'affaires.

À de plus hauts objets élevez vos désirs,

Songez à prendre un goût des plus nobles plaisirs,

Et, traitant de mépris les sens et la matière,

À l'esprit, comme nous, donnez-vous toute entière.

Vous avez notre mère en exemple à vos yeux,

Que du nom de savante on honore en tous lieux;

Tâchez, ainsi que moi, de vous montrer sa fille,

Aspirez aux clartés qui sont dans la famille,

Et vous rendez sensible aux charmantes douceurs

Que l'amour de l'étude épanche dans les cœurs.

Loin d'être aux lois d'un homme en esclave asservie,

Mariez-vous, ma sœur, à la philosophie,

Qui nous monte au-dessus de tout le genre humain,

Et donne à la raison l'empire souverain,

Soumettant à ses lois la partie animale,

Dont l'appétit grossier aux bêtes nous ravale.

Ce sont là les beaux feux, les doux attachements,

Qui doivent de la vie occuper les moments;

Et les soins où je vois tant de femmes sensibles,

Me paraissent aux yeux des pauvretés horribles.

 

Femmes savantes, Molière (acte I, scène 1)

 

http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Femmes_savantes

 

Repères à suivre: la femme éduquée

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M

Un vrai délice de lire en extrait des femmes du grand Molière. Un beau passage de cet ouvrage brillamment
ourlé, poétique et lumineux, pur et raffiné, précis et pertinent, même s’il est un tantinet misogyne…..Passons sur la misogynie pour en goûter toute la saveur et la spiritualité originelle à la
lueur de ses 186 bougies……Absolument merveilleux, quelle bonne idée cette publication, merci infiniment !
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L


C'est moi qui vous remercie pour votre chaleureux commentaire ! Oui, c'est bien une tirade merveilleuse que celle d'Armande qui veut se marier avec... la philosophie ! bien à vous Litteratus



L


Bien sûr ! Je donnais simplement une version optimiste !



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L


 c'est bien toi !



F


On a envie d'abonder dans son sens, cependant, je perçois une pointe d'ironie dans l'excès: la vérité doit être au milieu, comme souvent!...



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L


Le juste milieu...



L


Un soupçon seulement ...


On poourrait cependant penser que ce etxcte est une crituqe envers les  personnes "snobs"



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L


cela reste une critique féroce de la préciosité associée aux...femmes !



C


Petit passage pour te souhaiter un bon vendredi et une belle fin de semaine !


Amicalement,


Cravo



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L


Merci et très bonne fin de semaine à toi aussi !