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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le sens de la fête : l'heure des supputations (Francis Jammes)

Écoutons l'interrogation toute poétique de Francis Jammes, poète de la fin du XIXe siècle et du début XXe, ami de Paul Claudel et qui se pose des questions toutes simples....

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repères : thème de la fête : présentation

Dans l'article précédent, nous avons lu les vers gastronomiques de Raoul Ponchon.

Poésie

Quittons mets, ripaille et bombance pour nous intéresser à des spéculations qui nous viennent souvent de manière fulgurante durant ces périodes de fin d'année.

Francis Jammes

Écoutons l'interrogation toute poétique de Francis Jammes, poète de la fin du XIXe siècle et du début XXe, ami de Paul Claudel, et qui se pose des questions toutes simples....

 

À Mademoiselle M. R.


On dit qu’à Noël, dans les étables, à minuit,
l’âne et le bœuf, dans l’ombre pieuse, causent.
Je le crois. Pourquoi pas ? Alors, la nuit grésille :
les étoiles font un reposoir et sont des roses.

L’âne et le bœuf ont ce secret pendant l’année.
On ne s’en douterait pas. Mais, moi, je sais qu'ils ont
un grand mystère sous leurs humbles fronts.
Leurs yeux et les miens savent très bien se parler.

Ils sont les amis des grandes prairies luisantes
où des lins minces, aux fleurs en ciel bleu, tremblent
auprès des marguerites pour qui c’est dimanche
tous les jours puisqu’elles ont des robes blanches.

Ils sont les amis des grillons aux grosses têtes
qui chantent une sorte de petite messe
délicieuse dont les boutons d’or sont les clochettes
et les fleurs des trèfles les admirables cierges.

L’âne et le bœuf ne disent rien de tout cela
parce qu’ils ont une grande simplicité
et qu’ils savent bien que toutes les vérités
ne sont pas bonnes à dire. Bien loin de là.

Mais moi, lorsque l’Été, les piquantes abeilles
volent comme de petits morceaux de soleil,
je plains le petit âne et je veux qu’on lui mette
de petits pantalons en étoffe grossière.

Et je veux que le bœuf qui, aussi, parle au Bon Dieu,
ait, entre ses cornes, un bouquet frais de fougères
qui préserve sa pauvre tête douloureuse
de l’horrible chaleur qui lui donne la fièvre.

De L'angélus de l'aube à l'Angélus du soir, Francis Jammes

http://fr.wikisource.org/wiki/On_dit_qu%E2%80%99%C3%A0_No%C3%ABl

 

repère à suivre : une atmosphère tamisée (Coppée)

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Pascal Girard 21/12/2010 23:26



Je me suis tjrs demande, les parties en gras, c'est pour quoi ? a+ Lit



Litteratus 22/12/2010 11:49



Pour susciter des commentaires...



lizagrece 20/12/2010 13:31



C'est vrai qu'on ne parle jamais du boeuf quand on evoaue la creche .... C'est un tort ... Alors suivons le boeuf



Litteratus 21/12/2010 10:34



Une injustice réparée aujourd'hui !



lyly 20/12/2010 07:58



Re-coucou L


C'est un tableau naïf et bucolique à souhait !


Je n'accroche pas à cet écrit


Belle journée, Lyly  



Litteratus 20/12/2010 12:52



Un texte étrange, je te le concède...