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Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La lente élaboration de « Mémoires d’Hadrien » (Yourcenar)

Qu’est-ce qui a empêché Marguerite Yourcenar de terminer Mémoires d'Hadrien plus tôt ?  Plusieurs facteurs sont à noter de l’aveu même de l’écrivaine : sa jeunesse, des difficultés d’ordre structurel et rédactionnel...

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Repères : mémoires d’Hadrien : présentation

Dans l’article précédent, nous avons présenté le sommaire du dossier consacré au livre, Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar. Aujourd’hui, nous nous intéresserons aux problèmes que l’élaboration de cette œuvre a suscités. Cette donnée permet de comprendre l’enjeu du roman.

Problèmes

La difficulté majeure réside dans l’écart culturel existant entre l’auteure du XXe siècle et le sujet de son livre relatif à la vie d’un empereur du IIe siècle après Jésus-Christ.

Au-delà de la recherche documentaire évidemment poussée et l’expertise de l’écrivaine concernant la culture hellénistique et latine, il ne lui a pas été facile de venir à bout de ce projet exigeant.  

En effet, Marguerite Yourcenar a mis des années à achever ce roman commencé entre 1924 et 1929.

Il a été abandonné puis repris une décennie plus tard avant d’être à nouveau laissé en l’état.

La 2e Guerre Mondiale la mène aux États-Unis où elle enseigne ; elle laisse son manuscrit en Europe.

Elle  ne revient à son projet qu’en 1948 pour l’achever lors de sa publication en 1951.

Qu’est-ce qui a empêché l’auteure de terminer son roman ?  Plusieurs facteurs sont à noter de l’aveu même de l’écrivaine.

Jeunesse

Tout d’abord, la jeunesse de Marguerite Yourcenar a été un frein à l’écriture de ce roman. Elle le dit expressément :

« en tout cas, j’étais trop jeune. Il est des livres qu’on ne doit pas oser écrire avant d’avoir dépassé quarante ans (…) » (CDN page 323).

En effet, il lui était difficile de se mettre dans la peau d’un personnage de l’Antiquité avant d’acquérir elle-même de la maturité. Elle évoque aussi les circonstances tragiques de la guerre qui lui ont permis de concevoir un monde qui s’effondre.

« Tout ce que le monde et moi avions traversé dans l’intervalle enrichissait ces chroniques d’un temps révolu, projetait sous cette existence impériale d’autres lumières, d’autres ombres. » (CDN page 328)

Mais ce n’était pas la seule difficulté.

Forme

Marguerite Yourcenar a éprouvé une difficulté  qui est cette fois d’ordre structurel et rédactionnel. Elle a longtemps pensé à une structure narrative élaborée à partir de dialogues :

« J’imaginai longtemps l’ouvrage sous forme d’une série de dialogues, où toutes les voix du temps, se fussent fait entendre. (…) La voix d’Hadrien se perdait sous tous ces cris. Je ne parvenais pas à organiser ce monde vu et entendu par un homme. » (CDN page 322) 

Ce projet n’a donc pas abouti. 

C’est par hasard en décembre 1948 que l’auteure a choisi définitivement la forme épistolaire. Elle indique en effet que cette idée s’est imposée au détour de la lecture d’un vieux fragment de lettre débutant par « mon cher Marc … » (CDN pages 325-326)

Nous verrons dans l’article suivant le projet précis qui en a découlé.

Repère : le projet à l’œuvre dans Mémoires d’Hadrien

Sources : 

Yourcenar, Carnets de notes de Mémoires d’Hadrien, folio (CDN)

Anne-Yvonne Julien, Écriture de soi dans les Mémoires d’Hadrien, Belin Sup

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