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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Postérité de « la Comédie humaine » de Balzac

La Comédie humaine a inauguré un genre romanesque qui influence l’art d’écrire au cours de la 2e partie du XIXe siècle. L’observation du romancier qui embrasse la complexité du réel est devenue une école du genre qui donnera lieu notamment au cycle des Rougon-Macquart de Zola. 

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Arbre généalogique annoté par Zola, BNF

 

Repères : la Comédie humaine : analyse

Dans l’article précédent, nous avons évoqué le style propre de Balzac dans la Comédie humaine. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’influence d’une telle œuvre dans la littérature et notamment sur Zola.

Nouveau genre romanesque

La Comédie humaine a inauguré un genre romanesque qui influence l’art d’écrire au cours de la 2e partie du XIXe siècle. L’observation du romancier qui embrasse la complexité du réel est devenue une école du genre. On s’y lance à sa suite.

On peut penser aux Misérables d’Hugo publié en 1862, au marquis de Villemer de George Sand, des frères Goncourt, Renée Mauperin, Madame Gervaisais, Germinie Lacerteux tout comme Flaubert dans son Éducation sentimentale. Telle est la pensée d’un éminent critique littéraire qui résume ainsi sa pensée :

« Ce que l’on peut remarquer en effet, c’est qu’à dater de ce moment, la conception balzacienne du roman commence à triompher des autres, ou plutôt les absorbe, en quelque manière, et les ramène à soi. »

F. Brunetière, Honoré de Balzac, son influence littéraire et son œuvre, Revue des deux Mondes, 1906

Zola a montré lui aussi l’influence de Balzac qu’il associe à Stendhal sur la littérature : il y voit déjà du naturalisme :

« Il est inutile d'insister sur la nouvelle formule que Balzac et Stendhal apportaient. Ils faisaient par le roman l'enquête que les savants faisaient par la science. Ils n'imaginaient plus, ils ne contaient plus. Leur besogne consistait à prendre l'homme, à le disséquer, à l'analyser dans sa chair et dans son cerveau. Stendhal restait surtout un psychologue. Balzac étudiait plus particulièrement les tempéraments, reconstituait les milieux, amassait les documents humains, en prenant lui-même le titre de docteur ès sciences sociales. Comparez Le Père Goriot ou La Cousine Bette aux romans précédents, à ceux du dix-septième siècle comme à ceux du dix-huitième, et vous vous rendrez compte de l'évolution naturaliste accomplie. »

Zola, le roman expérimental

Rougon-Macquart

Il reste que Zola a défini son projet de manière plus scientifique avec moins de personnages à mettre en scène. Pour cela, il choisit une famille avec ses deux branches pour servir son propos sur les lois de l’hérédité. Cela donnera lieu à la somme romanesque des Rougon-Macquart qui comprend 20 romans.

Dans un document intitulé Différences entre Balzac et moi (1869), Zola précise les contours de l’œuvre qu’il veut écrire :

« Mon œuvre sera moins sociale que scientifique. Balzac, à l’aide de trois mille figures, veut faire l’histoire des mœurs ; il base cette histoire sur la religion et la royauté. Toute sa science consiste à dire qu’il y a des avocats, des oisifs, etc. comme il y a des chiens, des loups, etc. En un mot, son œuvre veut être le miroir de la société contemporaine.

Mon œuvre, à moi, sera tout autre chose. Le cadre en sera plus restreint. Je ne veux pas peindre la société contemporaine, mais une seule famille, en montrant le jeu de la « race modifiée » par les milieux. Si j’accepte un cadre historique, c’est uniquement pour avoir un milieu qui réagisse ; de même le métier, le lieu de résidence sont des milieux. Ma grande affaire est d’être purement naturaliste, purement physiologiste. Au lieu d’avoir des principes (la royauté, le catholicisme), j’aurai des lois (l’hérédité, l’énéité). Je ne veux pas comme Balzac avoir une décision sur les affaires des hommes, être politique, philosophe, moraliste. Je me contenterai d’être savant, de dire ce qui est en cherchant les raisons intimes. Point de conclusion d’ailleurs. Un simple exposé des faits d’une famille, en montrant le mécanisme intérieur qui la fait agir. J’accepte même l’exception.

Mes personnages n’ont pas besoin de revenir dans les romans particuliers.

Balzac dit qu’il veut peindre les hommes, les femmes et les choses. Moi, des hommes et des femmes, je ne fais qu’un, en admettant cependant les différences de nature, et je soumets les hommes et les femmes aux choses. »

Zola, Documents préparatoires
 

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