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Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Une parole enserrée par le silence (Primo Levi)

 

Au travers du livre, Si c’est un homme de Primo Levi, l’acte d’écrire, de sortir du silence, est un processus de résilience par excellence.

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(Litteratus)

 

Repères : résilience : résilience littéraire

 

Dans l’article précédent, nous avons rappelé la notion de résilience littéraire et posé la problématique de notre étude : le fait d’écrire, un facteur de résilience ? Nous tenterons d’y répondre en nous fondant sur l’acte d’écrire chez Primo Levi qui se veut une libération et donc une résilience.

 

Il reste que cet ouvrage est enserré par le silence, celui qui a recouvert 43 années d’insuccès avant de devenir un ouvrage de référence. Mais ce silence est aussi celui qui a conduit Primo Levi au suicide. Nous reprendrons ces deux points, si vous le voulez bien.

 

Silence

À la sortie de la guerre, Primo Levi est confronté à une urgence absolue, celle de raconter la barbarie, mais cette entreprise ne trouve aucun écho. Ce témoignage écrit en 1947 contrecarre les aspirations de ses contemporains aux promesses de l’avenir. L’écrivain ne rencontre donc que le silence des maisons d’édition.

 

Si c’est un homme ne sera publié en Italie qu’en 1958 et encore dans une collection d’essais historiques. Ce livre ne rencontre pas de succès, ce qui n’empêche pas son auteur d’arpenter infatigablement les écoles pour témoigner. Son ouvrage finit, au fil des ans, par prendre de l’importance. Il a fallu le renouvellement d’une génération pour qu’une prise de conscience de la Shoah émerge partout en Europe.

 

Si c’est un homme devient une œuvre littéraire et de référence qui est traduite dans le monde entier. Les mots ont donc émergé du néant pour dénoncer l’entreprise de déshumanisation nazie.

 

Mais le pouvoir de nommer les choses dans la réalité du Mal a fini par plonger son auteur dans une dépression sévère avant son suicide le 11 avril 1987.

 

Suicide

L’acte d’écrire est un processus de résilience par excellence. Mais il reste imparfait comme le suicide peut en témoigner. Si l’auteur n’a pas laissé d’explication, partant avec son mystère, d’autres y vont la difficulté de survivre à l’expérience concentrationnaire.

Jorge Semprun* dans son livre, l’écriture ou la vie, dédie un chapitre à la disparition de Primo Levi et considère que « une ultime fois, sans recours ni remède, l’angoisse s’était imposée, tout simplement. »

 

Cette disparition constitue pour Semprun un véritable électrochoc. Il voit la mort comme horizon proche et revient sur le cheminement qu’il a suivi à l’inverse de celui de Primo Levi. Et c’est le sujet du livre que nous analyserons dans le prochain article.

 

Il vous est proposé de retrouver le documentaire qui reprend les méandres du succès de ce livre incomparable.

 

 

Source :

*J.Semprun, l’écriture ou la vie, folio, page 323

 

Repère à suivre : la tentation de l’écriture chez Jorge Semprun

 

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