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Analyse-Livres & Auteurs-Culture

L'exil de Charlotte Salomon dans "Das Leben ? oder theater ?" (la vie ? ou le théâtre ?) (Foenkinos)

Charlotte Salomon a fui l'Allemagne nazie pour s'établir en France. C'est à Villefranche que l'artiste-peintre dessinera Das Leben ? oder theater ? (la vie ? ou le théâtre ?).

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Charlotte Salomon

 

repères : thème de la résilience : art/résilience

Dans l'article précédent, il a été question de l'amour obsessionnel de Charlotte Salomon pour un professeur de chant. Aujourd'hui. nous aborderons l'exil forcé de l'artiste-peintre en France.

Nazisme

Dans ses gouaches, Charlotte Salomon est spectatrice de la montée du nazisme et de l’antisémitisme. Elle y dénonce de manière générales les injustices qu’ont dû endurer les juifs au fil des années.

Elle témoigne particulièrement des discriminations que sa famille et elle-même ont  rencontrées : son père ne peut plus exercer sa profession, sa belle-mère se fait huer lors de ses représentations. Son père est envoyé dans un camp à la suite de la Nuit de Cristal (1938) avant d'en revenir.

Contrainte de fuir Berlin, Charlotte laisse tout derrière elle.

Dans Das Leben ? oder theater ? (La Vie ? ou le Théâtre ?), les adieux au pays figurent au dernier chapitre de la section principale. Chaque planche est peinte dans une teinte très sombre qu'elle a choisi d'agrémenter par des mélodies : un parfum de nostalgie.

Exil

Son arrivée à Villefranche et sa vie avec ses grands-parents marque le début d'une période moins angoissante. Les couleurs sont beaucoup plus gaies et diversifiées.

Cependant, le destin tragique la rattrape. Avec le spectre d’une guerre mondiale imminente, la grand-mère de Charlotte se suicide en mars 1940.

Roman

David Foenkinos met des mots sur cet évènement en recourant au discours direct :

« MÉDECIN : Mon cher Knarre, je viens de m’entretenir avec le neurologue, tout va s’arranger.

CHARLOTTE : Il est déjà trop tard. Elle s’est jetée par la fenêtre, il y a une demi-heure.

GRAND-PÈRE : C’est le destin, on ne peut rien y changer. »

Durant cet exil, Charlotte va donc être rattrapée par le destin morbide.

David Foenkinos reprend à son compte cette morbidité. Il met en mots le calcul que la jeune femme fait.

« Treize années séparent la mort de sa mère de celle de sa tante. Tout comme la mort de sa mère et de sa grand-mère.

Oui, c’est exactement le même écart temporel.
Un geste quasiment identique pour toutes les trois.
Un saut dans le vide.
La mort à trois âges différents.
La jeune fille, la mère de famille et la grand-mère.
Aucun âge ne vaut donc d’être vécu.
Dans le train qui roule vers le camp, Charlotte établit alors un calcul. 1940+13= 1953
1953 sera donc l’année de son suicide.

Si elle ne meurt pas avant. »

(p.186-187)

repère à suivre : portée d'une telle œuvre

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