La Gazette Littéraire, le journal à thèmes

La Gazette vous propose de vous faire entrer dans l'univers particulier des habitués des procédures civiles ou pénales qui sont prêts à tous les sacrifices pour voir leur cause entendue.
Cet article est consacré aux procéduriers qui passent leur vie dans les tribunaux. La justice de tout temps ayant affaire à ces justiciables doit composer avec eux...
La littérature ne pouvait pas omettre de les croquer superbement.
Lisez un extrait des plaideurs de Racine et vous conviendrez bien en riant que l'on ne peut vivre sans avoir un procès en cours...
« La Comtesse : Monsieur, tous mes procès allaient être finis ;
Il ne m’en restait plus que quatre ou cinq petits :
L’un contre mon mari, l’autre contre mon père,
Et contre mes enfants. Ah ! Monsieur, la misère !
Je ne sais quel biais ils ont imaginé,
Ni tout ce qu’ils ont fait ; mais on leur a donné
Un arrêt par lequel, moi vêtue et nourrie,
On me défend, Monsieur, de plaider de ma vie.
Chicanneau : De plaider ?
La comtesse : De plaider !
Chicanneau : Certes, le trait est noir.
J’en suis surpris.
La comtesse : Monsieur, j’en suis au désespoir.
Chicanneau : Comment ! lier les mains aux gens de votre sorte !
Mais cette pension, Madame, est-elle forte ?
La comtesse : Je n’en vivrais, Monsieur, que trop honnêtement.
Mais vivre sans plaider, est-ce contentement ?
Chicanneau : Des chicaneurs viendront nous manger jusqu’à l’âme,
Et nous ne dirons mot ? Mais, s’il vous plaît, Madame
Depuis quand plaidez-vous ?
La Comtesse : Il ne m’en souvient pas ;
Depuis trente ans, au plus.
Chicanneau : Ce n’est pas trop.
La Comtesse : Hélas !
Chicanneau : Et quel âge avez-vous ? Vous avez bon visage.
La comtesse : Hé ! quelque soixante ans.
Chicanneau : Comment ! c’est le bel âge
Pour plaider.
La comtesse : Laissez faire, ils ne sont pas au bout.
J’y vendrai ma chemise ; et je veux rien ou tout. »
Les plaideurs, Racine, acte I, scène VII
Poursuivez votre lecture avec La
satire, un exercice salutaire !
Cela me penser aux séries Américaines ou au film Américains, dans lequels ont voit souvent des personnages interpeller la justice parce que son voisin ne pense pas comme lui et que cela le dérange !
Est ce que je serais hors sujet si je te cite cette phrase :
"La liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres..."
Jean-Yves
- Oui, mais si c'est pour plaider ...Je vais arrêter le temps ...
2 raisons de lire : on n'embête personne et cela n'est pas cher... Qui dit mieux ?
Amitiés
José
Succulente lecture !
Et je crois, parbleu, qu'une fois pris à ce jeu, tout effectivement peut être
prétexte à discussion et remise en question
MERCI à toi, bises et belle journée