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Le point de vue d'un surveillant d'internat appelé plus souvent Pion, montre à quel point l'antagonisme entre élèves et professeurs semble insurmontable dans le système éducatif  du XIXème siècle.

La Gazette vous offre un extrait choisi de ces moments terribles, si redoutés par le maître d'internat :

 


«Je pris donc possession de l’étude des moyens...

Je trouvai là une cinquantaine de méchants drôles, montagnards joufflus de douze à quatorze ans, fils de métayers enrichis, que leurs parents envoyaient au collège pour en faire de petits bourgeois, à raison de cent vingt francs par trimestre.

Grossiers, insolents, orgueilleux, parlant entre eux un rude patois cévenol auquel je n’entendais rien, ils avaient presque tous cette laideur spéciale à l’enfance qui mue, de grosses mains rouges avec des engelures, des voix de jeunes coqs enrhumés, le regard abruti, et par là-dessus l’odeur du collège... Ils me haïrent tout de suite, sans me connaître. J’étais pour eux l’ennemi, le Pion ; et du jour où je m’assis dans ma chaire, ce fut la guerre entre nous, une guerre acharnée, sans trêve, de tous les instants.

Ah ! les cruels enfants, comme ils me firent souffrir !... »

Alphonse Daudet, Le Petit chose, chapitre le Pion, 1868, Wikisource.

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Jeu 17 sep 2009 4 commentaires
Une parfaite description de l'étrangeté de l'"état" d'adolescence. Quelle que soit l'époque dailleurs, ils restent des êtres à part!
Mais bien heureusement les relations pions-élèves se sont humanisées à tel point dailleurs que bien souvent on a du mal à distinguer les surveillants des élèves...
La mansardienne - le 17/09/2009 à 12h34
Des enfants rebelles dans une école-prison ! effectivement, le pion quand il y en a en nombre suffisant (!) ne sont plus des garde-chiourmes !
Litteratus
Bonjour Litteratus,
Merci pour votre réponse chez Cat,
Mon parcours ne m'a pas permis d'avoir la chance de lire souvent. Aujourd'hui, je viens d'avoir 40 ans, j'aimerais rattraper le temps perdu, non pas celui de Proust, qui est là et attend d'être lu, mais pour voyager sans quitter mon fauteuil, à défaut de le faire par avion ou un autre moyen de transport. Il y a tant et tant à lire que j'ai tendance à me disperser. Heureux de vous rencontrer, même si je vous savais là parmi nous.
Bonne journée
Jean-Yves




Jean-Yves - le 17/09/2009 à 13h24
La lecture ne doit pas être une contrainte... et plus on lit "tard", plus on apprécie les oeuvres au regard du prisme de sa propre vie... Il y en a tant que je n'ai pas encore lu... je ne suis pas pressée : le plaisir est souvent dans l'attente ! J'ai été accueillie royalement chez la Mansardienne et chez Liza qui m'apportent beaucoup ainsi que vos propres contributions !
Bonne soirée
Litteratus
Dur métier !
lizagrèce - le 17/09/2009 à 13h50
Ce n'est guère un poste valorisant à tous niveaux... et pourtant, on en a besoin pour la protection des élèves au sein de l'établissement ! Bonne soirée
Litteratus
C'est si difficile de faire se rencontrer deux univers qui semblent opposés : le pion est d'emblée perçu comme un adversaire, un ennemi.Mais on doit garder présent à l'esprit que les cerveaux d'enfants sont immatures : avec le recul, j'ai honte de mon caractère dissipé en salle d'étude.Amicalement.
morsli - le 18/09/2009 à 23h06
On a tous des souvenirs d'école dont on est moins fiers... Le fait d'enfermer un professeur et le narguer pendant une heure, ce n'est guère un acte de bravoure surtout quand on est nombreux...Bien amicalement
Litteratus