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Gazette littéraire

Victor Dupuis à la manœuvre durant l'épreuve d'économie (4)

Victor Dupuis à la manœuvre (4)

Une épreuve perturbée ....

Repères : thème de la diffusion : feuilleton

Résumé : Il a été indiqué dans l’article précédent qu’un élève de terminale ES, Victor Dupuis, doit plancher un samedi matin du mois de novembre 2013 sur un sujet traitant de la mondialisation au travers du prisme d’une librairie de quartier. Le jeune garçon, reflet de sa génération, qui n’est pas entré dans un tel commerce depuis des années, se trouve dépité d’avoir à plancher sur un sujet qui ne l’inspire guère.


Au demeurant, il est gêné par son voisin, Thomas Fournier, véritable célébrité du lycée, dont la chaise vient buter sur sa table. Notre jeune élève a réussi à élaborer la première partie de son plan avant d’être à nouveau dérangé par le manège de son coreligionnaire. Il décide d’agir habilement pour faire cesser le trouble sans attirer l’attention de la figure emblématique du lycée. Mais il s’aperçoit que l’on cherche en réalité à l’humilier en public. Le jeune garçon, si terne habituellement, met au point une stratégie pour se défendre. Il se prend pour un capitaine de galion devant faire face à l’abordage par des pirates sanguinaires…


***

 

Un fin calcul

Attendant la nouvelle attaque ennemie sur le flanc, Victor, notre capitaine à la manœuvre, prit non son sabre, mais sa table à pleines mains et enroula ses jambes sous sa chaise ;  il avait calculé le faible écart qu’il convenait de laisser. Il attendit l’assaut qui arriva comme prévu.


Suivant son rythme soutenu, la chaise vint une nouvelle fois pour buter sur sa table, mais au lieu de trouver de la surface, elle découvrit l’immensité du vide. En effet entraîné dans son élan et par l’action conjuguée d’un fin recul de la table par notre jeune garçon, Thomas Fournier chuta en arrière avec fracas. L’effet fut mesurable dans l’assemblée. Les amis de notre jeune fanfaron marquèrent leur consternation en se levant ! On poussa des cris d’autant que le blessé ne semblait pas se relever ; il était étendu dans un état de commotion avérée. S’arrachant de sa lecture, le surveillant accourut enfin vers l’élève. Il en envoya deux à la vie scolaire avant de se raviser car le samedi, les assistants de vie scolaire n'étaient évidemment pas là. Délaissant l’épreuve d’économie, tous les élèves se trouvaient agglutinés autour du blessé. On appela alors les urgences d’un portable et on dépêcha deux nouveaux élèves à l’entrée principale pour faciliter les secours. La confusion était à son comble.


Durant ce temps, Victor Dupuis fit habilement l’innocent. Le déplacement de sa table avait été réalisé sans bruit et calculé si minutieusement qu’elle ne fut perceptible par personne. Il était seul à l’arrière de la classe. Il feint de s’intéresser au problème alors qu’intérieurement, il triomphait littéralement. Son plan avait fonctionné. On lui demanda bien des détails mais il déclara d’un air dégagé que son camarade s’était balancé trop fortement sur sa chaise avant de tomber net. L’accident inévitable en somme ! Les secours emportèrent le blessé sur une civière. La chose sembla sérieuse.


L’épreuve passablement perturbée pendant trente minutes fut aussitôt reprise. Une épreuve commune ne s’annule pas comme cela ! Le règlement, c’est le règlement ! « On y retourne ! » Devant le tollé général des élèves, il leur fut promis d’allonger la durée de la remise de la copie. Puis, l’attention retomba et les élèves studieux reprirent leur dissertation. Le calme était enfin revenu pour Victor Dupuis. Il voulait ardemment parvenir à la seconde partie de sa dissertation. Il n’y avait plus personne désormais pour le gêner…


Repères à suivre : feuilleton : « La survie des librairies par une adaptation aux nouvelles conditions du marché. »

 

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