Présentation

Le thème du mois :

Le thème de la Justice

Le dossier du mois

La Justice

Le coin des livres

Feuilleton

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles

Profil

  • : LITTERATUS
  • Gazette Littéraire
  • : un seul objectif avec ce blog : promouvoir l'étude d'œuvres littéraires, les rendre accessibles à tous.
  • : FRANCE GRANDE BRETAGNE
Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 08:30


Chanceaux, le 24 ventôse, en route pour l'armée d'Italie

« Je t'ai écrit de Chatillon, et je t'ai envoyé une procuration pour que tu touches différentes sommes qui me reviennent... Chaque instant m'éloigne de toi, adorable amie, et à chaque instant je trouve moins de force pour supporter d'être éloigné de toi.

Tu es l'objet perpétuel de ma pensée ; mon imagination s'épuise à chercher ce que tu fais. Si je te vois triste, mon coeur se déchire et ma douleur s'accroît ; si tu es gaie, folâtre avec tes amis, je te reproche d'avoir bientôt oublié la douloureuse séparation de trois jours ; tu es alors légère et, dès lors, tu n'es affectée par aucun sentiment profond.
Comme tu vois, je ne suis pas facile à me contenter ; mais, ma bonne amie, c'est bien autre chose si je crains que ta santé soit altérée ou que tu aies des raisons d'être chagrine que je ne puis deviner ; alors je regrette la vitesse avec laquelle on m'éloigne de mon coeur. Je sens vraiment que ta bonté naturelle n'existe plus pour moi, et que ce n'est que tout assuré qu'il ne t'arrive rien de fâcheux que je puis être content. Si l'on me fait la question si j'ai bien dormi, je sens qu'avant de répondre j'aurais besoin de recevoir un courrier qui m'assurât que tu as bien reposé. Les maladies, la fureur des hommes ne m'affectent que par l'idée qu'elles peuvent te frapper, ma bonne amie.
Que mon génie, qui m'a toujours garanti au milieu des plus grands dangers, t'environne, te couvre, et je me livre découvert. Ah ! ne sois pas gaie, mais un peu mélancolique, et surtout que ton âme soit exempte de chagrin, comme ton beau corps de maladie : tu sais ce que dit la-dessus notre bon Ossian.
Écris-moi, ma tendre amie, et bien longuement, et reçois les mille et un baisers de l'amour le plus tendre et le plus vrai.  »

 

Lettre de Napoléon à Joséphine de Beauharnais

Source BONAPARTE, Napoléon (1769-1821) : Lettres de Napoléon à Joséphine.- Paris : M. Vox, 1945.- 56 p. ; 17 cm.- (. 1ère série ; 4).

Par LITTERATUS - Ecrire un commentaire - Publié dans : Vers et prose
Recommander - Voir les 4 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés