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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /2009 08:36


Une lettre anonyme appartenant certes à la catégorie des correspondances les plus abjectes trouve néanmoins sa place dans nos colonnes aujourd'hui.

 

Y aurait-il des lettres ignominieuses plus acceptables que d'autres, dignes de surcroît d'être publiées ?

 

La Gazette entend parfaitement le légitime concert des protestations qui s'élève ça et là et s'y associerait presque...

 

Seulement, une lettre particulière mérite notre attention : présentons-la brièvement :

 

Monsieur Perrichon, archétype du bourgeois parvenu de la fin du XIXème siècle, part en vacances pour la première fois de sa vie avec femme et enfant. Durant son séjour, il lui arrivera de nombreuses mésaventures dont une en particulier qui le conduira à répondre de ses actes par un duel en bonne et due forme. Si Monsieur Perrichon a le verbe haut, il  n'est  pas animé d'un courage sans faille. Il serait même totalement poltron. Dès lors pour lui se pose la question de savoir comment se sortir de l'embarras dans lequel il s'est mis ? Il a bien une idée qui nécessite une  simple feuille et une plume.


Le tour est joué ...

 

« Perrichon, seul. Il entre en tenant une lettre à la main. Il la lit.

 

"Monsieur le préfet, je crois devoir prévenir l'autorité que deux insensés ont l'intention de croiser le fer demain, à midi moins un quart..." (Parlé.) Je mets moins un quart afin qu'on soit exact. Il suffit quelquefois d'un quart d'heure ! ... (Reprenant sa lecture.) "A midi moins un quart... dans les bois de la Malmaison. Le rendez-vous est à la porte du garde... Il appartient à votre haute administration de veiller sur la vie des citoyens. Un des combattants est un ancien commerçant, père de famille, dévoué à nos institutions et jouissant d'une bonne notoriété dans son quartier. Veuillez agréer, monsieur le préfet", etc. etc. S'il croit me faire peur, ce commandant !... Maintenant l'adresse... (Il écrit.) "Très pressé, communication importante..." Comme ça, ça arrivera... (...) »

 

Le voyage de Monsieur Perrichon, Eugène Labiche, Wikisource.


gazette-tetiere.jpgsi vous avez aimé cet article, vous aimerez peut-être La Correspondance entre les éléments de la nature (Baudelaire)

Par LITTERATUS - Ecrire un commentaire - Publié dans : Vers et prose
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Commentaires

Ce n'est pas tout de trouver autant de formes de correspondances mais des exemples parmi les plus grands textes littéraires! Merci.
Commentaire n°1 posté par flora le 21/10/2009 à 12h24
C'est un compliment qui me va droit au coeur !
Réponse de LITTERATUS le 22/10/2009 à 08h24
Je ne peux pas m'empêcher d'éclater de rire.

Tant pis pour le sérieux de ton article.... ne m'en veux pas. J'aime bien Labiche.
Commentaire n°2 posté par Quichottine le 20/10/2009 à 22h26
Le sérieux de l'article... j'en riais d'avance... Un éclat de rire et le pari que j'ai fait est gagné. Merci Quichottine !
Réponse de LITTERATUS le 21/10/2009 à 08h24
Comment sortir de l'embarras !
Commentaire n°3 posté par Val le 20/10/2009 à 14h52
Il fallait y penser !
Réponse de LITTERATUS le 21/10/2009 à 08h23
Si Mr Perrichon est un poltron manifeste je trouve que cette mode des duels était  typique de l'imbécile orgeuil masculin. Bien savoureux cet extrait! Je n'imaginais pas qu'il puisse exister autant de thèmes si éclectiques de correspondances. Merci de nous éclairer ainsi Litteratus.
Commentaire n°4 posté par La mansardienne le 20/10/2009 à 12h36
C'est vraiment adorable de m'encourager, j'ai exploré autant de possibilité de correspondances que j'ai pu ! J'ai mis les lettres absurdes de côté car je traiterai ce thème un jour... Monsieur Perrichon représente en effet l'imbécile parfait confronté aux règles qu'on appelait d'honneur, en fait d'une virilité maladive et orgueilleuse.
Réponse de LITTERATUS le 21/10/2009 à 08h23
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