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Gazette littéraire

À contre-courant (4)

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Résumé : un procès en appel s'ouvre sur une plaidoirie consacrée à une personne absente :  Marion Boyer. Cette dernière est décrite comme une jeune fille difficile qui a longtemps refusé les attributs de sa féminité. A force de travail et de résolutions, elle intègre une école militaire et paradoxe, elle finit par s'accepter. Elle est dans cet état d'esprit lorsqu'elle organise un voyage avec des amis dans le Grand Sud Saharien. Le voyage tourne court avec des forces rebelles qui empêchent leur progression. Ils aperçoivent une femme dans le convoi, Marion, et réclame sa présence auprès d'eux. Un chantage odieux s'opère. Elle cède. La jeune fille traumatisée revient en France : elle est prostrée. Sa thérapie la conduit à exprimer un besoin qui étonne son entourage. La plaidoirie de Maître Tardieux continue...

***

 

Marion Boyer ruminait toujours la même chose. Rien de tel ne serait arrivé si elle avait été un homme. Dans un délire paranoïaque qu'elle ne mesurait pas, elle sentit qu'elle devait protéger son intégrité physique. Elle  devait se forger une nouvelle carapace. C'est ainsi qu'elle conçut un tel dégoût pour le sexe féminin, définitif. Le chemin qu'elle voulait emprunter ne lui sembla pas si éloigné de celui qu'elle avait parcouru dans son  innocente enfance. Évidemment, la chose fut difficile à dire et à comprendre.

 

Quelle consternation pour des parents d'une fille unique de la voir devenir ...mâle ! Monsieur et Madame Boyer s'y opposèrent vigoureusement. Que diraient la famille et les amis ? Ils se sentaient terriblement dépassés par les évènements vécus par leur fille. Certes, ils ne l'avaient jamais vraiment comprise, mais la tournure des choses n'allait pas vers la clarté dans leurs relations. De son côté, Marion lut dans les yeux de ses parents une réprobation sans équivoque. Elle ne leur laissa pas le choix et choisit de couper les ponts.


Elle réunit la somme nécessaire, exerçant un emploi sans intérêt à cette seule fin. Le choix de leur fille s'imposa dès lors à tous. Les traitements débutèrent. La transformation de Marion en Marc se fit jour. Sa voix, un jour, mua. Restait l'opération ! Une folie à faire subir encore à ce corps passablement traumatisé. L'opération eut lieu au Maroc ! La formule choisie, billet d'avion et opération comprise, permettait la réalisation de ce projet vital pour Marion-Marc. Un tourisme médical en plein essor. Mais à quel prix pour ce type de transformation ! Précisément la technique n'était pas encore opérationnelle. Le jeune opéré décéda, seul, d'une septicémie. Mais dans les faits, Marion était néanmoins devenue Marc.


Maître Tardieux  s'interrompit un instant. Elle ne put réprimer un toussotement pour libérer une tension perceptible.


Elle reprit son exposé par le rappel de la procédure. Monsieur et Madame Boyer ont ressenti un chagrin incommensurable à l'annonce du décès de Marion. Des années de silence et aucune possibilité pour renouer. La culpabilité les rongea durablement. En triant les affaires de Marion, ils virent que cette dernière avait tout prévu. Elle souhaitait voir opérer un changement à l'état civil. Une deuxième mort pour des parents ! Néanmoins, ils sentaient obscurément qu'ils devaient faire quelque chose. C'est ainsi qu'ils initièrent la procédure pour voir reconnaître à titre posthume, le changement de sexe de leur fille.


Le tribunal en première instance les a déclarés irrecevables au motif que l'action était éteinte au décès du requérant.

Convaincus qu'ils étaient -cette fois- à contre-courant des textes de loi applicables, Monsieur et Madame Boyer ont néanmoins souhaité relever appel pour en appeler à l'esprit du texte. Ils souhaitent parachever le vœu de ...leur fils en se fondant sur les éléments versés aux débats.

 

La plaidoirie continua encore avec des développements juridiques précis qu'il serait trop long et trop fastidieux de reprendre ici dans le cadre de l'exposé du propos. Puis, la parole fut cédée au Parquet. (la suite)

 

 

 

 

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lyly 02/06/2011 09:27



Bonjour L


Eh bien, quelle imagination !


Voilà une histoire vraiment tragique !


Je poursuis ma lecture


Bises, Lyly



Litteratus 02/06/2011 13:59



J'ai toujours pensé que le monde était une scène de spectacle : je ne fais que regarder et j'essaye de comprendre avec mes mots...



lizagrèce 30/05/2011 21:09



Oui mais s'il y a plaidoirie il y a forcément délit ou crime ...



Litteratus 31/05/2011 08:34



Au civil, une simple demande en justice suffit...



lizagrèce 30/05/2011 15:27



J'ai dû relire le début du feuilleton ... Le procès est bien celui de Marion ?


Donc elle n'est pas morte ...


Ou alors ???


Je pense que je ne serai pas douée comme détective !!!



Litteratus 30/05/2011 19:32



 la plaidoirie d'un avocat, le récit de la vie d'une absente....