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Gazette littéraire

À contre-courant (3)

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Résumé : un procès en appel s'ouvre sur une plaidoirie consacrée à une personne absente :  Marion Boyer. Cette dernière est décrite comme une jeune fille difficile qui a longtemps refusé les attributs de sa féminité. A force de travail et de résolutions, elle intègre une école militaire et paradoxe, elle finit par s'accepter. Elle est dans cet état d'esprit lorsqu'elle organise un voyage avec des amis dans le Grand Sud Saharien. Le voyage tourne court avec des forces rebelles qui empêchent leur progression. Ils aperçoivent une femme dans le convoi, Marion, et réclame sa présence auprès d'eux. Un chantage odieux s'opère. La plaidoirie de Maître Tardieux continue...

 

***

Les menaces des rebelles devinrent plus précises et s'étendaient à toute l'équipée. Les jeunes français se sentirent visés. La nuit devenue noire, le courage abandonna une partie de ces hommes pourtant si honnêtes. La peur et le désespoir les firent complices de cette demande abominable. Elle vit qu'ils l'abandonnaient à son sort, les uns après les autres. Ils refusaient de lui répondre, de lui parler. Certains s'en allèrent lâchement dormir. Abandonnée, la jeune fille ne trouva aucun soutien moral pour l'empêcher de souffrir l'irréparable. Elle comprit qu'elle n'avait pas le choix. Victime, elle ne put que s'offrir au désir de tous ces hommes avec la bénédiction tacite de ses amis impuissants. Un affront indélébile fait à son intégrité, des outrages durant une longue nuit sans fin.

 

Le matin du lendemain, elle leur apparut meurtrie et absente. Les rebelles partirent. Le raid tourna court. On décida de revenir en France. Hagarde, Marion ne parlait plus. Les autorités policières d'Alger firent des rapports administratifs. L'ambassade française fut prévenue. Le retour en France se fit dans ces tristes conditions.

 

Mais quel est le rapport de l'instance judiciaire avec ces faits si incroyables, si tragiques ? demanda brusquement Maître Tardieux. Elle reprit son exposé.


C'est avec un dégoût sans nom pour la vie que la jeune Marion vécut les premiers mois en France. Elle interrompit toutes ses études, sa vie sociale devint un désert. Elle ne voulait plus revoir ses amis. Si ces derniers conçurent de la honte pour leur comportement, ils ne purent que se proclamer victimes d'une épreuve inextricable. Les parents de la jeune fille essayèrent de l'aider, en vain. Ils s'apitoyèrent avec elle, puis finirent par la secouer vainement pour la sortir de sa torpeur. Ils semblaient impuissants, toujours à contre-courant.

Elle ne leur parlait plus. Un soutien psychologique lui fut donné. Puis, le temps fit aussi son œuvre. C'est ainsi que dans le cadre de sa thérapie, la victime se sentit renaître avec un besoin primordial à assouvir. Devant le caractère étonnant de la demande, ses parents s'opposèrent à leur fille. (la suite)

 

 

 

 

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lizagrèce 29/05/2011 21:34



La suite ! la suite !!! h


http://maisondeliza.over-blog.fr



Litteratus 30/05/2011 15:23



là !



lyly 29/05/2011 09:36



Eh bien là, il faudra que j'attende la suite !


Tu nous tiens en haleine, bravo !


Très bon dimanche de fête des mères


Bises, Lyly



Litteratus 29/05/2011 12:11



Merci Lyly pour tes encouragements et très bonne fête des mères ! amitiés