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Gazette littéraire

Une définition extensive du mythe

 

 

Une définition extensive du mythe

(mosaïque Herculanum)

  Un mythe sous différents aspects

Repères : thème des mythes : définition

 Caractère socio-religieux du mythe

Dans l’article précédent, nous avons cherché à définir le mot mythe avant de découvrir que l’acception était devenue plus large au regard de l’évolution des sciences humaines.


On peut ainsi dire que la notion de mythe renvoie à une définition plus ethnologique dans la mesure où il s’agit aussi de révéler une certaine conception d’une société au regard de ses croyances et de ses dieux.  En outre de cette notion découle le mythe littéraire que l’on se doit également de différencier. Mais un mythe pose aussi des questionnements sur le plan philosophique.


Reprenons ces points, si vous le voulez bien :


Conception ethnologique : 

Michel Tournier, écrivain, essayiste, ancien élève de Levi-Strauss considère que le mythe se définit comme le récit d’une histoire fondamentale ; il s'agirait d’un récit portant sur le fondement d’une société. (Le vent Paraclet, chapitre 3). Ce même auteur analyse le passage du mythe au mythe littéraire en prenant l’image d’une construction qui s’élèverait :

« Le mythe, c’est tout d’abord un édifice à plusieurs étages qui reproduisent tous le même schéma, mais à des niveaux d’abstraction croissante ».

Il appartient à la littérature de s’approprier ces récits primordiaux pour les renouveler. Les mythes offrent donc une multitude de possibles dans le champ littéraire. Le mythe d’Œdipe a fait l’objet d’une reprise par Sophocle, Sénèque, Corneille et Voltaire sans que le sujet ne soit épuisé à ce jour. Il ne le sera probablement jamais, marqueur du mythe justement…


Conception philosophique :

Paul Valéry dans ses études philosophiques a écrit une lettre passionnante sur les mythes (tome 1, Pléiade, page 961). Il le définit comme il se doit en relevant qu’il ne repose concrètement sur rien de palpable : « le mythe est le nom de tout ce qui n’existe et ne subsiste qu’ayant la parole pour cause. » Le mythe n’a donc pas d’existence réelle ; la parole est donc son  seul moyen d’existence et son vecteur de transmission. Il entre donc dans le domaine de la seule pensée. L’esprit de l’homme n’évolue que dans le champ de son imaginaire.

Partant de là, l’auteur considère que tout est mythe. Il le précise plus loin en disant que « demain est un mythe ». C’est l’ajout d’une pensée nécessairement symbolique qui crée et nourrit le mythe.


Valéry va dès lors répondre à cette question du mythe sur le plan du savoir et de la connaissance en nous révélant que l’homme crée du mythe, du faux, pour asseoir du vrai : « C’est une sorte de loi absolue que partout, en tous lieux, à toute période de la civilisation, dans toutes les croyances, au moyen de quelle discipline que ce soit, et sous tous les rapports, -le faux supporte le vrai ; » Les fondations de nos cultures reposent donc sur un mensonge nécessaire de l’homme. Que serait-il donc « sans le secours de ce qui n’existe pas ? » Terrible interrogation qui nous fait entrer dans le cœur de notre sujet.


Nous verrons dans l’article suivant la pertinence de cette pensée avec la présentation de quelques mythes fondateurs.


Repères suivants : les mythes fondateurs

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lizagrèce 06/01/2014 13:27


Le mythe d'Oedipe a aussi servi de fondement à la psychanalyse.

Litteratus 07/01/2014 15:22



Cela va évidemment sans dire ! Je ferai une thématique sur le thème de l'inconscient...