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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Une coexistence trop pacifique (4)

Une coexistence trop pacifique (4)

 

Repères : thème de la fratrie : le feuilleton : les déshéritées



Résumé : Raymond Cordier, retraité, vient d'être admis à l'hôpital à la suite d'un accident de la circulation. Sa femme, Annette, prévenue par la gendarmerie arrive à son chevet. Elle pense à ses jumelles de vingt-sept ans qu'elle doit prévenir. Ces dernières donnent malheureusement l'impression de s'éloigner de leurs parents. Elles semblent si insaisissables. Mais ce malaise n'a rien de véritablement de nouveau. Ces dernières ont été adoptées à l'âge de sept ans dans un orphelinat roumain. Les liens ont été difficiles à nouer.


****

L'agrément d'une vie nouvelle

De leur côté, les fillettes trouvèrent de l'agrément à leur nouvelle vie. Des parents compréhensifs, une maison spacieuse à la campagne, une vie aisé. Avec une faculté peu commune d'adaptation, elles donnaient l'impression d'avoir oublié le monde sordide de l'orphelinat moldave. Elles conservèrent cependant en mémoire le souvenir de l'ancien mouroir d'enfants. Elles ne pourraient jamais l'oublier, leur héritage à elles...


Mais au fond, rien n'avait vraiment changé ; les deux sœurs vivaient comme elles l'avaient toujours fait, en vase clos. Marie dirigeait assurément ce duo, Manon acquiesçant à tout. Un scénario bien rodé qui permettait à l'une et à l'autre d'y trouver son compte et finalement de s'épanouir. Leur mode de fonctionnement consistait à ne prendre de l'extérieur que ce qui avait de l'intérêt ou de la valeur ; leur absence de scrupules était patent. Elles s'adaptèrent ainsi aux parents qu'on leur avait donnés avec une indifférence manifeste que l'on prit alors pour de la réserve. En réalité, elles ne donnaient guère d'elles-mêmes.

 

Seul l'aveuglement empêchait Raymond et Annette de prendre la mesure de l'ingratitude de leurs filles. Ils mettaient cela sur le compte de leur enfance déshéritée. Annette disait à son mari qu'ils avaient adopté leurs filles mais que ces dernières n'avaient pas fait le même parcours, privées de toute forme d'amour. Le chemin serait long et difficile. Ils y semaient à profusion, ainsi qu'ils aimaient à le dire. Les soins donnés mèneraient nécessairement au tissage de liens forts. Ils demeuraient donc patients.


Une coexistence trop pacifique

L'adolescence n'aggrava pas heureusement la situation au grand soulagement de Raymond et d'Annette qui choyaient toujours sans retour leurs enfants. Il n'y avait jamais eu de crises entre eux, de portes qui claquent, de yeux levés au ciel, pour la seule raison qu'ils n'avaient jamais été proches. Ils coexistaient, c'est tout. Mais ils donnaient aux yeux de tous l'apparence d'une famille unie. Finalement, le fait d'être un bon parent sur le plan social donnait aux époux Cordier un peu de baume au cœur.


C'est dans ce contexte précis que l'on comprend mieux pourquoi l'annonce de l'accident de circulation de Raymond ne provoqua pas d'émotion particulière auprès des deux sœurs, juste une interrogation sur les conséquences matérielles qu'elles auraient finalement à gérer. Enfin la convalescence de Raymond Cordier débuta...


Repères à suivre : le feuilleton : les déshéritées (5ème partie)



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