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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Un triste portrait de soi dans un voyageur sans bagage d'Anouilh (3)

 

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Repères  : Thème de la Mémoire : l'étude du mois

               

Il a été précédemment rappelé que Gaston, héros amnésique de la pièce de théâtre d'Anouilh, assiste avec angoisse à la campagne de recherches lancée pour lui faire retrouver sa famille.

 

***

Le terrain de recherches a été circonscrit à cinq familles. Les préjugés sociaux de la bienfaitrice de Gaston le conduisent, en premier lieu, à l'intérieur de la maison cossue d'une riche famille bourgeoise, les Renaud. Ces derniers le reconnaissent d'emblée pour Jacques Renaud, fils cadet parti, dès dix-huit ans, à la guerre. La chose se présente pour le mieux : une famille aimante désireuse de récupérer en son sein le fils perdu. Mais l'affaire se révèle plus complexe.

Tout d'abord, Gaston -sans surprise- ne conserve aucun souvenir de son existence sur place. Ensuite, notre amnésique, dans la quête de lui-même, est contraint d'affronter une vérité pour le moins dérangeante. Il fait connaissance avec ce fils de bonne famille que chaque membre de la famille et de la maisonnée s'emploie à décrire avec... indulgence.

Pourquoi tant d'indulgence ?

C'est que loin d'être un jeune homme d'une parfaite tenue, le portrait brossé Jacques Renaud offre bien des zones d'ombre qui vont être progressivement levées par les protagonistes de l'action sous l'effet du questionnement sans relâche de Gaston. Cette quête prend en effet toute son importance pour notre héros qui n'élude aucune question dérangeante, abolissant -un temps- la distance existant entre ce jeune homme et lui-même. Les révélations ne sont guère agréables à entendre. C'est ainsi que le cadet de la famille est présenté comme un jeune homme gâté, fourbe et violent.

La déconvenue est à son comble pour notre amnésique qui ne se reconnaît pas dans cet être abject. C'est dans ces conditions qu'il clame :

« Je ne suis pas Jacques Renaud ; je ne reconnais rien ici de ce qui a été lui. Un moment, oui en vous écoutant parler, je me suis confondu avec lui. (…) Mais, voyez-vous pour un homme sans mémoire, un passé tout entier, c'est trop lourd à endosser en une seule fois. » (3ème tableau).

Une identité repoussée par notre héros mais jusqu'à quel point ?

Repères à suivre  : le recommencement d'une vie

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lizagrèce 20/10/2011 12:57



L'image que l'on a de soi n'est pas forcément celle qui se réféléchit dans le regard de l'autre



Litteratus 20/10/2011 19:47



C'est au moins une piste de départ...