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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Un système de pensée : la valeur de l'argent (Benjamin Franklin)

 

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repère : thème de l'esprit

L'homme ne vit pas d'air pur ; il a besoin d'argent pour vivre !

 

Le mot est dit...

  

Découvrons l'esprit du capitalisme selon  Benjamin Franklin, figure importante de l'Histoire américaine, co-rédacteur de la déclaration d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique de 1776.

 

Benjamin Franklin brise tous les tabous, en indiquant que le temps, c'est de l'argent qu'il ne faut pas gaspiller...

 

L'argent doit être investi ...

 

Appréciez l'art d'écrire de cet écrivain !

 

***

 

« Souviens-toi que le temps, c'est de l'argent. Celui qui, pouvant gagner dix shillings par jour en travaillant, se promène ou reste dans sa chambre à paresser la moitié du temps, bien que ses plaisirs, que sa paresse, ne lui coûtent que six pence, celui-là ne doit pas se borner à compter cette seule dépense. Il a dépensé en outre, jeté plutôt, cinq autres shillings.


Souviens-toi que le crédit, c'est de l'argent. Si quelqu'un laisse son argent entre mes mains alors qu'il lui est dû, il me fait présent de l'intérêt ou encore de tout ce que je puis faire de son argent pendant ce temps. Ce qui peut s'élever à un montant considérable si je jouis de beaucoup de crédit et que j'en fasse bon usage.


Souviens-toi que l'argent est, par nature, générateur et prolifique. L'argent engendre l'argent, ses rejetons peuvent en engendrer davantage, et ainsi de suite. Cinq shillings qui travaillent en font six, puis se transforment en sept shillings trois pence, etc., jusqu'à devenir cent livres sterling. Plus il y a de shillings, plus grand est le produit chaque fois, si bien que le profit croît de plus en plus vite. Celui qui tue une truie, en anéantit la descendance jusqu'à la millième génération. Celui qui assassine (sic) une pièce de cinq shillings, détruit tout ce qu'elle aurait pu produire : des monceaux de livres sterling.


Souviens-toi du dicton : le bon payeur est le maître de la bourse d'autrui. Celui qui est connu pour payer ponctuellement et exactement à la date promise, peut à tout moment et en toutes circonstances se procurer l'argent que ses amis ont épargné. Ce qui est parfois d'une grande utilité. Après l'assiduité au travail et la frugalité, rien ne contribue autant à la progression d'un jeune homme dans le monde que la ponctualité et l'équité dans ses affaires. Par conséquent, il ne faut pas conserver de l'argent emprunté une heure de plus que le temps convenu; à la moindre déception, la bourse de ton ami te sera fermée pour toujours.


Il faut prendre garde que les actions les plus insignifiantes peuvent influer sur le crédit d'une personne. Le bruit de ton marteau à 5 heures du matin ou à 8 heures du soir, s'il parvient à ses oreilles, rendra ton créancier accommodant six mois de plus; mais s'il te voit jouer au billard, ou bien s'il entend ta voix dans une taverne alors que tu devrais être au travail, cela l'incitera à te réclamer son argent dès le lendemain; il l'exigera d'un coup, avant même que tu l'aies à ta disposition pour le lui rendre.


Cela prouvera, en outre, que tu te souviens de tes dettes; tu apparaîtras comme un homme scrupuleux et honnête, ce qui augmentera encore ton crédit.


Garde-toi de penser que tout ce que tu possèdes t'appartient et de vivre selon cette pensée. C'est une erreur où tombent beaucoup de gens qui ont du crédit. Pour t'en préserver tiens un compte exact de tes dépenses et de tes revenus. Si tu te donnes la peine de tout noter en détail, cela aura un bon résultat : tu découvriras combien des dépenses merveilleusement petites et insignifiantes s'enflent jusqu'à faire de grosses sommes, tu t'apercevras alors de ce qui aurait pu être épargné, de ce qui pourra l'être sans grand inconvénient à l'avenir [...].


Pour six livres sterling par an, tu pourras avoir l'usage de cent livres, pourvu que tu sois un homme dont la sagesse et l'honnêteté sont connues.


Celui qui dépense inutilement chaque jour une pièce de quatre pence, dépense inutilement plus de six livres sterling par an, soit le prix auquel revient l'utilisation de cent livres.


Celui qui gaspille inutilement chaque jour la valeur de quatre pence de son temps, gaspille jour après jour le privilège d'utiliser cent livres sterling.


Celui qui perd inutilement pour cinq shillings de son temps, perd cinq shillings; il pourrait tout aussi bien jeter cinq shillings dans la mer.


Celui qui perd cinq shillings, perd non seulement cette somme, mais aussi tout ce qu'il aurait pu gagner en l'utilisant dans les affaires, ce qui constituera une somme d'argent considérable, au fur et à mesure que l'homme jeune prendra de l'âge. »

 


Benjamin Franklin, extrait tiré de l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Max Weber,

 SOURCE / http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99%C3%89thique_protestante_et_l%E2%80%99esprit_du_capitalisme_-_1.2

repère à suivre : l'´égoïsme 

 

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Pascal Girard 13/11/2010 17:13



M'étonne pas que ce soit le éthique protestante, ça ,tiens ... je vais en parler a mon texteur (qui l'est). a+ Lit



Litteratus 13/11/2010 19:58



La différence est de taille en effet !



flora 12/11/2010 11:09



On croit rêver : peut-être serait bien utile que l'on se souvienne de ces principes simples par les temps de l'incitation à la consommation et à la spéculation forcenées...  



Litteratus 12/11/2010 18:41



L'économie repose tellement sur la consommation des ménages !



Cat 12/11/2010 10:41



Cet excellent texte me fait penser à un ami qui dépense des sommes folles au jeux de loto et autres, et ce, depuis dix ans... On a calculé l'autre jour qu'il aurait pu économiser
quelques 20 000 euros en une décennie...Inoui non!



Litteratus 12/11/2010 18:40



Inouï en effet ! Mais le jeu est bien une addiction...



lyly 12/11/2010 07:18



Bonjour L


Très belle leçon pleine de sagesse mais où malheureusement on ne voit


absolument pas poindre la moindre notion de plaisir !


Comme il est bon d'aller au resto et de faire les boutiques, profiter ainsi un peu


des plaisirs de la vie


Allez, je vais aller gagner ma croûte comme disait ma grand-mère


Belle journée, bises, Lyly



Litteratus 12/11/2010 18:40



C'est effectivement une conception très... stricte !