Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Un système de pensée : la force du travail (Boileau)

 

4511671868_cdaaa812a0.jpg

repère : thème de l'esprit

 

Le travail fait partie de la condition humaine. Certes... Seulement, il existe des activités plus fatigantes que d'autres.

 

La pénibilité du travail n'est pas un vain mot...

 

Replaçons-nous quelques siècles en arrière et découvrons avec étonnement que cette constatation avait déjà été relevée...

 

Prenez le parallèle curieux entre un jardinier et un poète effectué par un auteur du XVIIème siècle.

 

Quel est celui qui effectue le travail le plus « pénible » ?

 

Boileau, avec son art d'écrire incomparable, a bien une idée : en voici un extrait  :

 

***

        "À mon jardinier,

 

(…) Antoine, de nous deux tu crois donc, je le voi,

Que le plus occupé dans ce jardin, c’est toi ?
Oh ! que tu changerais d’avis et de langage,
Si deux jours seulement, libre du jardinage,
Tout à coup devenu poète et bel esprit,

Tu t’allais engager à polir un écrit
Qui dît, sans s’avilir, les plus petites choses ;
Fît des plus secs chardons des œillets et des roses ;
Et sût, même aux discours de la rusticité,
Donner de l’élégance et de la dignité ; (...)
Bientôt de ce travail revenu sec et pâle,
Et le teint plus jauni que de vingt ans de hâle,
Tu dirais, reprenant ta pelle et ton râteau :
J’aime mieux mettre encor cent arpents au niveau,
Que d’aller follement, égaré dans les nues,
Me lasser à chercher des visions cornues,
Et, pour lier des mots si mal s’entr’accordants,
Prendre dans ce jardin la lune avec les dents.
Approche donc, et viens ; qu’un paresseux t’apprenne,
Antoine, ce que c’est que fatigue et que peine.
L’homme ici-bas, toujours inquiet et gêné,
Est, dans le repos même, au travail condamné.
La fatigue l’y suit. C’est en vain qu’aux poètes
Les neuf trompeuses Sœurs dans leurs douces retraites
Promettent du repos sous leurs ombrages frais :
Dans ces tranquilles bois pour eux plantés exprès,
La cadence aussitôt, la rime, la césure,
La riche expression, la nombreuse mesure,
Sorcières dont l’amour sait d’abord les charmer,
De fatigues sans fin viennent les consumer.
Sans cesse poursuivant ces fugitives fées,
On voit sous les lauriers haleter les Orphées.(...)"

 

épitre XI, Boileau source :

http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89pitre_XI_%28Boileau%29

 

 

repère à suivre : Diderot et d'Alembert

 

 

 

 

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Pascal 09/11/2010 20:57



ç marrant comme verbe : enfendre ! ça sonne comme un vrai mot ! Qu'entendre par là ? Enfreindre une règle, peut-être ... J'espère que ton amie ne m'en voudra pas ! ça va, ce n'est pas un
cliente de Peindre La Lumière ! Joke. a+ Lit



Litteratus 10/11/2010 18:38



Attention, un puriste rode dans ces colonnes !



lizagrèce 07/11/2010 22:42



Tout travail enfendre une  "pénibilité"



Litteratus 08/11/2010 10:38



J'ai tendance à penser que certaines activités professionnelles sont plus usantes que d'autres !