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Gazette littéraire

Un itinéraire balisé par une seconde époque (Gaudé)

Un itinéraire balisé par une seconde époque (Gaudé)

 

  Le cours d'une vengeance

repères : thème de la porte : l'étude 


Résumé : dans l'article précédent, nous avons indiqué que le titre du roman de Laurent Gaudé, La Porte des Enfers, nous renvoie à une vision eschatologique d'une vie après la mort. En réalité, ce n'est pas une porte mais des portes que le récit met en perspective. De nombreuses portes balisent en effet la lecture de ce livre qui se perd dans le temps et dans l'espace. Nous avons vu les circonstances du drame survenu au mois de juin 1980, nous verrons aujourd'hui que ce premier récit s'enchâsse dans celui qui a lieu au mois d'août 2002...


***

La vengeance du mois d'août 2002

Le second récit se situe vingt-deux ans plus tard ; Pippo qui déclare « je porte mon père en moi » (page 10) entreprend d'exécuter la vengeance que son géniteur n'a pas été capable de mener à son terme. Il s'agit de punir l'auteur de la fusillade du mois de juin 1980. Comme dans la première période, la notion de porte est présente dans cette perspective : le narrateur en refermant la porte de son appartement effectue un acte hautement symbolique : « Je ferme la porte de mon appartement. Je n'y reviendrai plus. Je n'emporte rien avec moi. Je n'ai besoin que des clefs de la voiture. Je me sens fort. Je suis revenu d'entre les morts. J'ai des souvenirs d'Enfers et des peurs de fin du monde. Aujourd'hui, je vais renaître. Le temps de ma splendeur a commencé. Je ferme la porte. » (page 11) Entre ces deux évocations de porte est compris le récit d'une descente aux enfers qui trouvera son achèvement par la commission de l'acte ultime, pivot des deux récits : la vengeance.

 

Une tragédie familiale

Les éléments de la tragédie figurent bien ce roman. La mythologie, le sang, la douleur, la vengeance, les imprécations, la folie rythment cette œuvre qui revêt par certains côtés bien des aspects propres à la tragédie. La thématique de la porte participe à cette vision théâtrale, scénographique. Porte que l'on ferme, par laquelle on pénètre pour commettre son forfait. Mais il ne s'agit jamais de bruits et de fracas comme dans le théâtre de boulevard, il est davantage question de bouleversements intérieurs. Pour Pippo, c'est un itinéraire initiatique. Nous sommes ainsi en présence d'un drame familial en deux actes sur une scène dont l'unité de lieu n'est pas respectée. On est en effet en présence de deux lieux distincts étanches que le récit va -là encore- enchâsser...

 

repères à suivre : l'étude : Un itinéraire balisé par deux lieux

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