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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Un cimetière marin (Dumas)

 

 

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Repères : thème de la mer : présentation

 

Une demeure éternelle pour les prisonniers

Dans l'article précédent, nous avons vu le comportement héroïque d'un capitaine qui lance une bouteille à la mer, il sera aujourd'hui question d'un bien étrange cimetière réservé à des prisonniers d'une forteresse. Il s'agit d'un lieu autrement plus éloigné que le cimetière marin cher à Paul Valéry. (œuvre non publiée dans ces colonnes car elle n'est pas tombée dans le domaine public.)

Retrouvons si vous le voulez bien Edmond Dantès, héros du roman d'Alexandre Dumas, le comte de Monte-Cristo. Arrêté le jour de son mariage, le jeune homme est emprisonné au château d'If. Il finit par parler avec son voisin de cellule, l'abbé Faria et à nouer des liens d'amitié avec ce dernier qui lui révélera l'emplacement d'un trésor. Or, ce dernier finira par décéder. Après le désespoir, Edmond Dantès aperçoit l'avantage qu'il peut trouver dans cette situation tragique. Il sait qu'il prend un risque. Il n'a guère le choix...

Il prend la place de l'abbé Faria dans le linceul...

Lorsque la mer est la demeure éternelle...

 

***

"On fit cinquante pas à peu près, puis on s’arrêta pour ouvrir une porte, puis on se remit en route. Le bruit des flots se brisant contre les rochers sur lesquels est bâti le château, arrivait plus distinctement à l’oreille de Dantès à mesure que l’on avança.

Mauvais temps ! dit un des porteurs, il ne fera pas bon d’être en mer cette nuit.

Oui, l’abbé court grand risque d’être mouillé, dit l’autre, et ils éclatèrent de rire.

Dantès ne comprit pas très bien la plaisanterie, mais ses cheveux ne s’en dressèrent pas moins sur sa tête.

Bon, nous voilà arrivés ! reprit le premier.

Plus loin, plus loin, dit l’autre, tu sais bien que le dernier est resté en route, brisé sur les rochers, et que le gouverneur nous a dit le lendemain que nous étions des fainéants.

On fit encore quatre ou cinq pas en montant toujours, puis Dantès sentit qu’on le prenait par la tête et par les pieds et qu’on le balançait.

Une, dirent les fossoyeurs.

Deux.

Trois !

En même temps Dantès se sentit lancé en effet dans un vide énorme, traversant les airs comme un oiseau blessé, tombant, tombant toujours avec une épouvante qui lui glaçait le cœur. Quoique tiré en bas par quelque chose de pesant qui précipitait son vol rapide, il lui sembla que cette chute durait un siècle. Enfin, avec un bruit épouvantable, il entra comme une flèche dans une eau glacée qui lui fit pousser un cri, étouffé à l’instant même par l’immersion.

Dantès avait été lancé dans la mer, au fond de laquelle l’entraînait un boulet de trente-six attaché à ses pieds.

La mer est le cimetière du château d’If."

 

Le comte de Monte-Cristo, Dumas, chapitre 20.

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Comte_de_Monte-Cristo/Chapitre_20

 

Repères à suivre : présentation : la brise marine (Mallarmé)

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