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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Sur la piste de Robin des Bois (W.Scott)

 

 

Sur la piste de Robin des Bois (W.Scott)

 

repères : tour d'Angleterre : Nottinghamshire

 

Une légende

L'existence historique de ce personnage n'est pas avérée. Il reste que la littérature lui a donné une apparence bien humaine comme dans le roman Ivanhoé de Walter Scott (1820 ) traduit par Alexandre Dumas.


Ivanohé de W. Scott

Dans l'extrait qui vous est proposé aujourd'hui, vous assisterez à un concours de tir d'arc qui laisse en lice deux finalistes, un yeoman, c'est à dire un paysan et un chevalier. Le paysan Robin Locksley vêtu de vert est bien notre Robin des Bois : il est présenté sous l'aspect d'un homme fort et intègre :

 

***

 

"Le prince Jean rougit en faisant la question suivante :

Quel est ton nom, yeoman ?

Locksley, répondit le yeoman.

Eh bien ! Locksley, dit le prince Jean, tu tireras à ton tour, quand ces yeomen auront déployé leur adresse. Si tu emportes le prix, j’y ajouterai vingt nobles ; mais, si tu perds, tu seras dépouillé de ton habit de drap vert de Lincoln et chassé de la lice à coups de corde d’arc, comme fanfaron, babillard et insolent.

Et si je refuse de tirer à ces conditions ?… demanda le yeoman. Le pouvoir de Votre grâce, soutenu comme il l’est par tant d’hommes d’armes, peut certainement me dépouiller et me battre sans peine, mais il ne peut me forcer de bander mon arc et de tirer une flèche.

Si tu refuses notre offre équitable, dit le prince, le prévôt de la lice coupera la corde de ton arc, brisera ton arc et tes flèches, et te chassera de notre présence comme un lâche dont le cœur a failli.

-Ce n’est plus une chance égale que vous m’imposez, prince, dit le yeoman, en m’obligeant ainsi à lutter contre les meilleurs archers de Leicester et de Stafford, sous peine d’infamie s’ils sont mes maîtres ; néanmoins, je ferai selon votre plaisir. (…)

Mon grand-père, dit Hubert, a tiré à la bataille d’Hastings une certaine flèche… mais jamais de la vie il n’a visé un but comme celui-ci, et je ne le ferai pas non plus. Si ce yeoman peut fendre cette baguette, je lui donne ce baudrier, ou plutôt je cède au diable qui est dans sa veste, mais non pas à une adresse humaine ; un homme ne peut faire que de son mieux, et je ne veux pas tirer quand je suis sûr de ne pas toucher le but. Autant tirer sur le tranchant d’un canif, sur un fétu de paille ou sur un rayon de soleil, que sur cette petite branche que je puis à peine voir.

Poltron que tu es ! dit le prince Jean.

Tire donc, Locksley ; mais, si tu frappes ce but, je dirai que tu es le premier qui l’ait jamais fait. Quoi qu’il arrive, je ne veux pas que tu brilles à nos dépens par une vaine parade d’adresse.

Je ferai de mon mieux, comme dit Hubert, répondit Locksley ; c’est tout ce qu’un homme peut faire.

En disant cela, il banda de nouveau son arc ; mais, cette fois, il examina son arme scrupuleusement, prit une nouvelle corde, la première s’étant un peu relâchée pendant les deux premiers coups et ne lui paraissant plus suffisamment ronde. Puis il visa avec attention, et la foule attendit l’événement dans un silence inquiet.

L’archer justifia l’opinion que l’on avait de son adresse ; sa flèche fendit la baguette de saule contre laquelle il l’avait dirigée. Un tonnerre d’acclamations s’ensuivit, et le prince Jean lui-même, dans son admiration pour l’adresse de Locksley, oublia pour un moment l’aversion que le yeoman lui avait inspirée.

Ces vingt nobles, dit-il, que tu as si justement gagnés, ainsi que le cor de chasse, sont à toi ; nous les porterons à cinquante si tu veux prendre service avec nous et te revêtir de la livrée d’un yeoman de nos gardes pour rester près de notre personne ; car jamais main plus forte n’a bandé l’arc, jamais si bon coup d’œil n’a guidé la flèche.

Pardonnez-moi, noble prince, dit Locksley, mais j’ai fait vœu que, si jamais je m’enrôle, ce sera sous votre noble frère, le roi Richard. Ces vingt nobles, je les laisse à Hubert, qui a lancé en ce jour une flèche aussi bien que son grand-père l’a fait à Hastings. Si sa modestie ne l’eût point fait refuser l’épreuve, il eût fendu la baguette aussi bien que moi.

Hubert secoua la tête en recevant avec répugnance le don généreux de l’étranger, et Locksley, voulant se soustraire à toute autre observation, se glissa dans la foule, où bientôt on le perdit de vue.

Ivanhoé, Walter Scott, traduction A. Dumas (ch 13)

http://fr.wikisource.org/wiki/Ivanho%C3%A9/XIII



repères à suivre : DH Lawrence

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visit here 30/07/2014 12:28

We can see this type of statues in many parts of France. This statue is a tribute to legendary warrior Robin Hood. There are many stories about him in France. Some of them are made into books and some are into movies.