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Gazette littéraire

Maître Rivarol (chapitre 10)

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Résumé des chapitres précédents( Feuilleton : Maître Rivarol) : Maître Rivarol, avocat à Versailles, est un travailleur infatigable qui mène une vie conjugale sans passion avec sa femme, Françoise. Cette dernière, de son côté, a fini par s'habituer à la lourde solitude qui l'étreint dans un foyer sans enfant. Le domicile se situe dans le prolongement du cabinet imbriquant étroitement la vie professionnelle avec la vie familiale. Après avoir fait la connaissance du secrétariat, des collaborateurs et des délices de la vie de bureau, le feuilleton a permis de connaître les projets de Maître Rivarol. Ce dernier souhaite en effet associer sa collaboratrice, Delphine, en lui cédant une partie de son cabinet. Cependant son épouse, Françoise, marque son opposition à cette idée en lui faisant remarquer qu'il n'est pas au fait de ce qui se déroule en réalité dans son entreprise. C'est ainsi qu'elle lui révèle que son employé, Bruno, développe sa clientèle personnelle au détriment des dossiers du cabinet. Ce dernier est contraint de démissionner. L'ambiance au cabinet est exécrable. Peu de temps après le départ de l'indélicat avocat, Maître Rivarol plaide dans des conditions difficiles devant le tribunal. Humilié et de très méchante humeur, il sort de l'audience. Il rentre à son cabinet pour tenir la traditionnelle réunion de fin de semaine qui se clôture par un malaise cardiaque inquiétant nécessitant le transport du malade à l'hôpital...


Chapitre 10

 

Quelques jours plus tard, les nouvelles de la santé de Maître Rivarol semblaient rassurantes. Mais l'alerte avait été sérieuse. Son épouse avait établi la nouvelle résidence de son mari dans une clinique privée très chic des alentours. Elle justifiait ce choix en déclarant qu'il méritait de se voir apporter les meilleurs soins. Ce qu'elle ne disait pas, c'est que le standing de l'établissement jouait un rôle crucial à ses yeux. On veut bien être malade, mais pas être soigné dans un établissement ordinaire ! D'autres auraient pu ajouter perfidement sans mélange possible avec la tourbe ! Le parc arboré offrait au malade un repos, un confort visuel qu'elle voulait qu'il s'offrît pour faciliter son rétablissement. Mon mari est un avocat célèbre, il a besoin de se reposer après ce qui vient de se passer ! disait-elle à l'envi au personnel soignant qui ne demandait pas tant d'explications. De ce point de vue, la clinique Rocquebrune remplissait pleinement son office. Calme, tranquillité, personnel dévoué, lit d'appoint pour la famille, repas autant diététiques que savoureux. Un cadre enchanteur. En vérité, cela ressemblait presque à une maison de repos et Rivarol s'y ennuyait profondément. Habituellement si actif, il se voyait contraint de vivre à un rythme de personne âgée. Un non-sens pour lui !

 

 

- Je ne suis pas encore vieux, se plaignait-il à sa femme,
- Ne dis pas de bêtise, tu dois te reposer après ton accident. La priorité, c'est que tu te rétablisses. Le cabinet peut bien se passer de toi quelques semaines. Tu voulais t'associer et bien c'est le moment d'évaluer ta collaboratrice bien-aimée. D'ailleurs, la prochaine fois qu'elle appelle ici, je lui demande de se débrouiller toute seule, lui lança Madame Rivarol avec acrimonie.

 

Avec une assurance naturelle, Delphine s'entendit avec Rivarol pour reprendre les rênes du cabinet. Elle le remplaça au débotté à ses audiences, à ses réunions d'expertise et enfin assura avec une maîtrise certaine les rendez-vous prévus avec les clients. Elle en rendait compte très régulièrement, trop évidemment du point de vue de Madame Rivarol. Les secrétaires s'étaient tournées vers elle pour résoudre les problèmes pratiques. Que doit-on dire aux clients ? Qui signera les courriers du patron ? Delphine s'occupa de tout avec un grand sens pratique. Il n'était pas question de révéler l'existence de l'accident cardiaque. Il fut convenu d'indiquer que Maître Rivarol était parti pour un dossier très complexe à Fort de France. Comme cela avait eu lieu plusieurs fois, cela ne poserait pas de problème de cohérence, juste de véracité. Mais la confiance des clients justifiait les accommodements avec la vérité.

Il restait que les propres dossiers de Delphine devaient aussi être pris en charge par une collaboratrice. Sa force de travail ne pouvait conduire à ce qu'elle traitât parfaitement toutes les affaires. Ce fut là que les choses se gâtèrent. Si l'ascendant de Delphine sur le secrétariat sembla naturel, il n'en fut pas de même s'agissant des collaboratrices. Patricia, Adrienne et la nouvelle-venue, Laurence, considéraient qu'elles avaient fort à faire elles-mêmes pour qu'on leur affectât des tâches supplémentaires. Delphine tenta les méthodes les plus douces pour essayer d'obtenir leur concours. À circonstance exceptionnelle, adaptation exceptionnelle. Cet adage utile pour l'occasion ne recueillit pour autant aucun écho. Elle en chercha d'autres sans succès. En désespoir de cause, la collaboratrice téléphona à Rivarol à la clinique pour obtenir son appui. D'une voix qui n'admettait pas de discussion, ce dernier morigéna les plus récalcitrantes, dès que sa femme eût tourné le dos. L'autorité de Delphine s'installa enfin chez les collaboratrices après adoubement du patron. Il ne s'agissait néanmoins que d'un intérim. (la suite)

                                           M.Aragnieux

 

 

 

 

 

 

 

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lyly 28/12/2010 09:19



Bonjour L


J'suis contente de retrouver ce feuilleton, et c'est sans aucun mal qu'on se replonge dedans !


Je vais lire la suite



Litteratus 28/12/2010 12:44



Ton enthousiasme me réjouit le cœur !



lizagrèce 27/12/2010 21:12



Chouette c'est plus rapide que prévu !



Litteratus 28/12/2010 12:39



Pour une fois !



lizagrèce 27/12/2010 12:58



L'ambiance du Cabinet va-telle changer sans la présence de Maître Rivarol ? la suite l'année prochaine ...



Litteratus 27/12/2010 19:51



la suite, pour demain !