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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le temps qu'il fait (Victor Hugo)

La Gazette conclut cette série d'articles consacrée au temps avec la question obsédante qui nous taraude tous lorsqu'il faut se vêtir : mais quel temps fait-il ?

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Repères: thème du temps: les variations du temps (8)

Dans l'article précédent, nous avons vu le temps des miracles, nous verrons aujourd'hui le temps qu'il fait.

Météo

La question banale et souvent insipide chez nous revêt au contraire une dimension poignante chez nos amis britanniques attachés aux marques de bonne éducation teintée de pudeur de bon aloi. Il est certain que le climat océanique anglais explique néanmoins la fréquence du sujet de conversation...

Revenons à nos nuages...

Hugo

Et si nous relisions un passage d'une force inouïe qui rend toutes ses lettres de noblesse au temps qu'il fait. La scène se déroule sur la mer déchaînée par les vents :

« Le vaste trouble des solitudes a une gamme ; crescendo redoutable : le grain, la rafale, la bourrasque, l’orage, la tourmente, la tempête, la trombe ; les sept cordes de la lyre des vents, les sept notes de l’abîme. Le ciel est une largeur, la mer est une rondeur ; une haleine passe, il n’y a plus rien de tout cela, tout est furie et pêle-mêle. Tels sont ces lieux sévères. Les vents courent, volent, s’abattent, finissent, recommencent, planent, sifflent, mugissent, rient ; frénétiques, lascifs, effrénés, prenant leurs aises sur la vague irascible. Ces hurleurs ont une harmonie. Ils font tout le ciel sonore. Ils soufflent dans la nuée comme dans un cuivre, ils embouchent l’espace ; et ils chantent dans l’infini, avec toutes les voix amalgamées des clairons, des buccins, des olifants, des bugles et des trompettes, une sorte de fanfare prométhéenne. Qui les entend écoute Pan. Ce qu’il y a d’effroyable, c’est qu’ils jouent. Ils ont une colossale joie composée d’ombre. Ils font dans les solitudes la battue des navires. Sans trêve, jour et nuit, en toute saison, au tropique comme au pôle, en sonnant dans leur trompe éperdue, ils mènent, à travers les enchevêtrements de la nuée et de la vague, la grande chasse noire des naufrages. Ils sont des maîtres de meutes. Ils s’amusent. Ils font aboyer après les roches les flots, ces chiens. Ils combinent les nuages, et les désagrègent. Ils pétrissent, comme avec des millions de mains, la souplesse de l’eau immense. L’eau est souple parce qu’elle est incompressible. Elle glisse sous l’effort. Chargée d’un côté, elle échappe de l’autre. C’est ainsi que l’eau se fait l’onde. La vague est sa liberté. »

Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer, IIème partie, livre III, chapitre II la lutte.

Repères à suivre: l'étude 

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flora 20/12/2009 22:14


Ce qui est terrible avec Hugo, c'est qu'il peut toucher à tous les sujets et tous les genres (et il l'a fait!), cela devient insolemment grandiose...


LITTERATUS 21/12/2009 08:54


L'insolence du génie, vous avez raison !


lizagrèce 18/12/2009 23:25


Evidemment avec Victor ...ce n'est pas petite bruine et brise légère... C'est tempête naufrage, et tout et tout ...


LITTERATUS 19/12/2009 11:11


Le génie peut aller dans la démesure...


Val 18/12/2009 17:39


Cette tempête est prodigieuse !


LITTERATUS 18/12/2009 18:37


Du grand art !


Topa 18/12/2009 10:11


Bonjour,
La neige en ce moment sur notre région favorise la petite tournée des blogs...
Ce qui est bien avec le Totor Hugo, c'est qu'il a quasiment écrit sur tout !...
Bon vent ! (si je puis dire...)


LITTERATUS 18/12/2009 12:20


Vive la neige alors ! Victor Hugo a eu le temps d'écrire sur de très nombreux sujets, vu sa longévité et son génie !


Jean-Yves 18/12/2009 09:04


On sent bien la bourasque dans ce texte. J'ai bien aimé lire ce peti bout de texte qui ressemble un peu à beaucoup de mes pastels...
Il y a deux temps pour moi, le beau et le pas beau. Le beau je suis en chemise, le pas beau je sors les pulls.
Bon week-end.
Jean-Yves


LITTERATUS 18/12/2009 12:19


C'est simple mais clair à la fois... pas de méprise ! Pas de bonnet, ni d'écharpe ?