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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le temps des réalités (Charles Perrault)

Le thème du temps dans la littérature ne fait pas échec à la réalité comme dans le conte de Perrault et la Belle au bois dormant...

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Repères : thème du temps: les variations du temps (6) 

Dans l'article précédent, nous avons évoqué le temps des soucis. Aujourd'hui, nousLa Gazette vous emmène sur le terrain du conte merveilleux où le temps revêt une importance capitale : un siècle en l'espèce.

Conte

Il s'agit d'un conte populaire retranscrit par Charles Perrault, La belle au bois dormant.

Un conte pour enfants ?

Un conte pour les grands enfants que nous sommes un peu tous : appréciez l'humour de la rencontre entre le prince et la belle endormie finalement cocasse. Infiniment savoureuse et la morale de l'histoire...

***

« Est-ce vous, mon Prince ? Lui dit-elle, vous vous êtes bien fait attendre. »

Le prince, charmé de ces paroles, et plus encore de la manière dont elles étaient dites, ne savait comment lui témoigner sa joie et sa reconnaissance ; il l'assura qu'il l'aimait plus que lui-même. Ses discours furent mal rangés, ils en plurent davantage : peu d'éloquence, beaucoup d'amour. Il était plus embarrassé qu'elle, et l'on ne doit pas s'en étonner ; elle avait eu le temps de songer à ce qu'elle aurait à lui dire, car il y a apparence (l'Histoire n'en dit pourtant rien) que la bonne fée, pendant un si long sommeil, lui avait procuré le plaisir des songes agréables. Enfin il y avait quatre heures qu'ils se parlaient, et ils ne s'étaient pas encore dit la moitié des choses qu'ils avaient à se dire.

Cependant tout le Palais s'était réveillé avec la princesse ; chacun songeait à faire sa charge, et comme ils n'étaient pas tous amoureux, ils mouraient de faim ; la Dame d'honneur, pressée comme les autres, s'impatienta, et dit tout haut à la Princesse que la viande était servie.

Le Prince aida la Princesse à se lever ; elle était tout habillée et fort magnifiquement ; mais il se garda bien de lui dire qu'elle était habillée comme ma grand-mère, et qu'elle avait un collet monté : elle n'en était pas moins belle.

Ils passèrent dans un Salon de miroirs, et y soupèrent, servis par les Officiers de la Princesse ; les Violons et les Hautbois jouèrent de vieilles pièces, mais excellentes, quoiqu'il y eût près de cent ans qu'on ne les jouât plus ; et après souper, sans perdre de temps, le grand Aumônier les maria dans la Chapelle du Château, et la Dame d'honneur leur tira le rideau : ils dormirent peu, la Princesse n'en avait pas grand besoin, et le Prince la quitta dès le matin pour retourner à la Ville, où son Père devait être en peine de lui.

(…)

Moralité

Attendre quelque temps pour avoir un époux,
Riche, bien fait, galant et doux,
La chose est assez naturelle,
Mais l'attendre cent ans, et toujours en dormant,
On ne trouve plus de femelle,
Qui dormit si tranquillement.
La Fable semble encor vouloir nous faire entendre
Que souvent de l'Hymen les agréables nœuds,
Pour être différés, n'en sont pas moins heureux,
Et qu'on ne perd rien pour attendre ;
Mais le sexe avec tant d'ardeur,
Aspire à la foi conjugale,
Que je n'ai pas la force ni le cœur,
De lui prêcher cette morale. »

Charles Perrault, La Belle au bois dormant, Wikisource. (illustration Gustave Doré).

Repères à suivre: Le temps du miracle (Bodel) 

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anonyme 17/12/2009 14:07



J AIME ENORMEMENT L HISTOIRE DE LA BELLE AU BOIS DORMANT!!!MERCI
!!!



LITTERATUS 17/12/2009 14:16


On l'aime tous notre chère princesse même dépassée par le temps !


lyly 17/12/2009 07:05


Bonjour L

Très intéressant ! Ah ! ces princes charmants... comme ils nous font rêver ! 

Belle journée, Lyly


LITTERATUS 17/12/2009 08:29


Ils sont là non pour évoluer avec adresse sur leur monture dans leurs beaux atours  mais pour nous faire rêver !


Jean-Yves 15/12/2009 13:20


Il faut être patient, pour attendre ce que l'on veut. Je suis d'un naturel patient, mais de là à attendre 100 ans !
Il y a une chose avec lequel je ne suis pas patient, c'est la PUB, d'autant plus si elle bouge, à gauche de l'article, pendant que je le lis. Cela me perturbe. Mais ne t'inquiète pas, je vais, la
fois prochaine faire un copie coller de ton texte dans WINWORD (triatement de texte), où je pourrais alors le lire sans être troublé... Et oui je manque cruellement de concentration, et le truc (la
pub) à gauche en perpétuel mouvement ne m'y aide guère.
Je t'embrasse.
Jean-Yves


LITTERATUS 15/12/2009 13:55


Et encore, j'ai refusé la publicité que je considère plus agressive ! Je t'envoie le texte dans ta messagerie et hop, il n'y a plus qu'à lire ! magique


martine 14/12/2009 17:24


Petite, j'ai lu, un peu par erreur, la version originale de ces contes. Outre le côté sensuel, certains sont d'une cruauté et horreur absolues et j'ai adoré.
Ma mère a mis un certain temps à comprendre quand je lui en parlais, mai le bien était fait !


LITTERATUS 14/12/2009 18:04


L'erreur peut nous ouvrir tellement de portes !


Val 14/12/2009 14:50


En voilà une princesse aux songes heureux : Freud n'a jamais pensé à analyser son cas... curieux ?


LITTERATUS 14/12/2009 15:00


C'est Bettlheim qui s'en est chargé !