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Thème du mois de février 2012 : le ciel
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La Gazette vous propose de vous intéresser à la mesure du temps. Une montre, une horloge ? Non, à l'aide d'un instrument particulier qui oscille de manière constante : un pendule.
Découvrez un extrait de la nouvelle d'Edgar Poe, le puits et le pendule, qui vous fait pénétrer avec brio dans le monde fantastique.
Précisons brièvement l'intrigue : à la suite d'un procès instruit par l'Inquisition,
le narrateur se trouve conduit dans une pièce carrée au centre de laquelle se trouve un puits
circulaire ; il doit affronter des châtiments terribles...
La problématique du temps se pose dès lors avec acuité : le temps est assassin...
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« Je levai les yeux, et j’examinai le plafond de la prison. Il était à une hauteur de trente ou quarante pieds, et, par sa construction, il ressemblait beaucoup aux murs latéraux. Dans un de ses panneaux, une figure des plus singulières fixa toute mon attention. C’était la figure peinte du Temps, comme il est représenté d’ordinaire, sauf qu’au lieu d’une faux il tenait un objet qu’au premier coup d'œil je pris pour l’image peinte d’un énorme pendule, comme on en voit dans les horloges antiques. Il y avait néanmoins dans l’aspect de cette machine quelque chose qui me fit la regarder avec plus d’attention. Comme je l’observais directement, les yeux en l’air, — car elle était placée juste au-dessus de moi, — je crus la voir remuer. Un instant après, mon idée fut confirmée. Son balancement était court, et naturellement très lent. (…)
Il pouvait bien s’être écoulé une demi-heure, peut-être même une heure, — car je ne pouvais mesurer le temps que très imparfaitement, — quand je levai de nouveau les yeux au-dessus de moi. Ce que je vis alors me confondit et me stupéfia. Le parcours du pendule s’était accru presque d’un yard ; sa vélocité, conséquence naturelle, était aussi beaucoup plus grande. Mais ce qui me troubla principalement fut l’idée qu’il était visiblement descendu. J’observai alors, — avec quel effroi, il est inutile de le dire, — que son extrémité inférieure était formée d’un croissant d’acier étincelant, ayant environ un pied de long d’une corne à l’autre ; les cornes dirigées en haut, et le tranchant inférieur évidemment affilé comme celui d’un rasoir. Comme un rasoir aussi, il paraissait lourd et massif, s’épanouissant, à partir du fil, en une forme large et solide. Il était ajusté à une lourde verge de cuivre, et le tout sifflait en se balançant à travers l’espace. »
Edgar Poe, Nouvelles histoires extraordinaires, le puits et le pendule, traduction de Baudelaire, Wikisource.
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