Partager l'article ! Les tourments et les joies du métier (VIII) : l'homme de foi (Bossuet): La Gazette s'intéresse à tout type de métier. Elle vous propose ...
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Thème du mois de février 2012 : le ciel
Calendrier des articles du mois de février 2012 :
du 1er au 2 février 2012 : éditorial et sommaire,
du 3 au 15 février 2012 : le mouvement des astres
du 16 au 25 février 2012 : l'étude -synthèse- bibliographie,
du 26 au 29 février 2012 : quiz / proverbes et citations
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La Gazette s'intéresse à tout type de métier. Elle vous propose aujourd'hui de prendre en considération le travail de l'homme de foi.
Prenons le cas d'un prêtre en charge de réveiller des consciences passablement endormies.
Relisons le sermon sur la dignité des pauvres prononcé par Bossuet. Étonnons-nous de la force de son propos dispensé il y a près de quatre siècles à la Cour de France.
Un sermon presque un discours politique sur la solidarité entre les hommes !
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« Mais n’attendons pas cette heure fatale, et, pendant que le temps le permet, pratiquons ce conseil de saint Paul: Alter alterius onera portate: «Portez vos fardeaux les uns les autres». Riches, portez le fardeau du pauvre, soulagez sa nécessité, aidez-le à soutenir les afflictions sous le poids desquelles il gémit : mais sachez qu’en le déchargeant vous travaillez à votre décharge ; lorsque vous lui donnez, vous diminuez son fardeau, et il diminue le vôtre; vous portez le besoin qui le presse il porte l’abondance qui vous surcharge. Communiquez entre vous mutuellement vos fardeaux, «afin que les charges deviennent égales»: ut fiat œqualitas, dit saint Paul. Car quelle injustice, mes frères, que les pauvres portent tout le fardeau, et que tout le poids des misères aille fondre sur leurs épaules ! S’ils s’en plaignent et s’ils en murmurent contre la Providence divine, Seigneur, permettez-moi de le dire, c’est avec quelque couleur de justice : car étant tous pétris d’une même masse, et ne pouvant pas y avoir grande différence entre de la boue et de la boue, pourquoi verrons-nous d’un côté la joie, la faveur, l’affluence ; et de l’autre la tristesse, et le désespoir, et l’extrême nécessité, et encore le mépris et la servitude? Pourquoi cet homme si fortuné vivrait-il dans une telle abondance, et pourrait-il contenter jusqu’aux désirs les plus inutiles d’une curiosité étudiée, pendant que ce misérable, homme toutefois aussi bien que lui, ne pourra soutenir sa pauvre famille, ni soulager la faim qui le presse ? Dans cette étrange inégalité, pourrait-on justifier la Providence de mal ménager les trésors que Dieu met entre des égaux, si par un autre moyen elle n’avait pourvu au besoin des pauvres, et remis quelque égalité entre les hommes ?
C’est pour cela, chrétiens, qu’il a établi son Église, où il reçoit les riches, mais à condition de servir les pauvres ; où il ordonne que l’abondance supplée au défaut, et donne des assignations aux nécessiteux sur le superflu des opulents. Entrez, mes frères, dans cette pensée : si vous ne portez le fardeau des pauvres, le vôtre vous accablera ; le poids de vos richesses mal dispensées vous fera tomber dans l’abîme : au lieu que, si vous partagez avec les pauvres le poids de leur pauvreté, en prenant part à leur misère, vous mériterez tout ensemble de participer à leurs privilèges. »
Bossuet, Sermon sur l’éminente dignité des pauvres (1659) sourcewww.scuola.com/cms/scarica_file_allegato.asp?id=6012
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