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Publié par Litteratus

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Zatopek, ce héros de tous les temps

Repères : thème du sport : l’étude

Résumé : dans l’article précédent, nous avons présenté Emile Zatopek, célèbre coureur de fond, le héros du roman de Jean Echenoz, Courir. Le champion n’a jamais aimé la pratique de sport avant de se voir imposé un cross country qui, de fil en aiguille, va le conduire à éprouver un sentiment nouveau vis à vis du sport de course.

****

Le goût de la course

C’est par hasard qu’Emile Zatopek prendra goût à la course de fond. Après le succès du premier cross country,  il rechigne à courir avant d’accepter -de guerre lasse- de rejoindre des sportifs. A cette occasion, il finit par découvrir là encore, non sans surprise, qu’il aime l’effort sportif ; il y prend goût au point de courir -seul- dès qu’il a quelques instants. D’ailleurs, il s’entraîne même la nuit.

 

Il se découvre aussi une appétence pour la compétition. Cette passion le dévorera toute sa vie. Pour s’entraîner, il met au point une curieuse méthode ; sans le savoir, il révolutionne cette discipline :

« On ne connaît pas le sprint final à cette époque, on tâche toujours d’étaler son effort, de le répartir sur une épreuve. Soucieux de s’économiser jusqu’à la fin, on ne croit pas pouvoir s’économiser jusqu’à la fin, on ne croit pas pouvoir et surtout on n’ose pas réserver toute sa vitesse pour la déployer dans la dernière ligne droite. » (page 26)

 

Zatopek est plein d’audace et d’intuition. Il parvient à réaliser de bons scores mais pas encore ceux qu’il rêve d’atteindre. Le héros est encore en gestation. Il s’entraîne sans désemparer. Après la guerre, ses résultats prometteurs le font entrer à l’Académie Militaire ; il y est vivement encouragé à poursuivre ses performances. Sur le plan national, il devient rapidement l’idole de tout un peuple. C’est ainsi qu’on l’envoie représenter son pays à Berlin.

 

 Un « drôle » de coureur

Le récit qui est fait de la première participation de Zatopek à une épreuve internationale ne manque pas de sel. Seul représentant de son pays, le héros fait en effet pale figure par rapport aux autres candidats bien équipés. On ne manque pas de railler cet étrange athlète pour plus d’une raison :

« Mais quand un seul individu paraît derrière la pancarte CZECHOSLOVAKIA, seul et seulement vêtu d’un short et d’un haut de survêtement délavé, le stade entier s’effondre de rire. (…) Emile a beau être d’un heureux naturel, il est quand même blessé par l’énorme hilarité qu’à lui seul il vient de provoquer. » (page 49)

 

Pire, il manque même de rater l’épreuve du cinq mille mètres. Il participe enfin, non sans mal, à l’épreuve et se lance sur la piste.

 

Dès le début, il élimine sans aucun mal ses concurrents avec sa foulée extraordinairement « bizarre » ; la foule qui s’était gaussée de lui, versatile, se met à le soutenir chaleureusement : chacun perçoit l’étendue de l’exploit de ce jeune homme. Un héros est né. Sa carrière internationale est lancée : il va gagner pendant près de dix ans tous les records sur toutes les distances. Zatopek est un héros imaginatif, il repousse toutes les limites physiques. Il peut tout réussir au grand dam de ses concurrents qui ont l’impression de faire de la simple figuration.

 

On assiste à une véritable épopée dans l’enchaînement des performances, toujours plus rudes, toujours plus victorieuses….

 

Repères à suivre : un héros manipulé par la propagande soviétique (Echenoz)

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